1. Introduction

2. Ère I : Le Golden Age

3. Ère II : Le Silver Age

4. Ère III : Le Bronze Age

Ère I : Le Golden Age

 

Flash Comics #1 (Janvier 1940)Le tout premier personnage à porter le costume de Flash fut Jay Garrick. Il apparu pour la première fois dans le premier numéro de Flash Comics, publié par All-American Publications (absorbé par National / DC Comics en 1944), daté de Janvier 1940 et mis en circulation le 11 Octobre 1939. Fait rare, c’est un des seuls super-héros de l’Âge d’Or à avoir un numéro à son nom dès sa première apparition (en effet Superman était apparu dans les pages d’Action Comics, Batman dans Detective Comics, Wonder Woman dans All-Star Comics, Captain Marvel dans Whiz Comics et ainsi de suite). Pour l’anecdote, on relèvera également dans ce premier numéro la première apparition de Hawkman, mais le pauvre n’eut pas droit à sa propre couverture.

L’histoire dans laquelle il figurait, écrite par Gardner Fox (déjà au front !) et dessinée par Harry Lampert, commençait par décrire ses origines. Jay était ainsi un étudiant lambda, très doué en sciences mais plus faible en football américain, ce qui réduisait considérablement ses chances auprès de l’élue de son coeur : Joan Williams. Tout changea dans sa vie lorsque, travaillant tard dans son laboratoire, il décida de s’allumer la cigarette du destin à trois heures et demi du matin. En savourant son tabac, il s’appuya malencontreusement sur la table où reposaient toutes sortes de flacon, dont un qui renfermait de la mystérieuse “eau dure”.  S’écrasant sur le sol, les vapeurs de cette mixture étonnante le conduisirent à l’évanouissement, et après plusieurs jours passés dans le coma il découvrit qu’il était doté de pouvoirs fabuleux lui permettant de courir aussi vite qu’un éclair !

Le personnage fut un tel succès qu’il rejoignit également le roster de la Justice Society of America, dans le comics All-Star Comics. À l’instar de Batman et Superman, il eut bientôt droit par-dessus le marché à son propre magazine à l’été 1941, All-Flash Quarterly, renommé simplement All-Flash à partir du numéro #6. Déjà, on pouvait retrouver ses aventures dans trois titres différents !

De cette époque, on retiendra peu d’éléments qui persistèrent dans la mythologie de Flash. Il faut dire que les changements de statu quo étaient extrêmement rares à cette période, les plus courants étant simplement l’introduction de nouveaux personnages. On notera d’ailleurs que Joan Williams, qui devait devenir des années plus tard la femme de Jay Garrick, apparut dès les tout premiers pas de son mari, et le suivit tout au long du Golden Age. Un peu à la manière de Lois Lane pour Superman, de nombreux numéros utilisaient la vulnérabilité du love interest du héros comme moteur de l’intrigue, n’hésitant pas à la kidnapper. Seulement, à la différence de Lois Lane, Joan Williams fut mise au courant de la double-vie de Jay Garrick dès l’acquisition de ses pouvoirs.

Du côté des vilains, la plupart ne firent pas date : comme beaucoup de vilains du Golden Age, leur utilisation était souvent limitée à un seul numéro, à l’issue duquel ils mourraient généralement. On retient souvent The Fiddler, The Shade et The Thinker, mais c’est davantage pour leur apparition dans le Flash #123 – le fameux Flash of Two Worlds – que pour leurs péripéties aux côtés de Jay Garrick. Citons également Rag Doll et The Turtle comme autres malfrats ayant réussi à traverser les époques. On a également trouvé une proto-version du Reverse Flash (appelé The Rival) et une proto-version de Star Sapphire, qui inspira plus tard la célèbre ennemie de Green Lantern. Mais ces sept méchants, encore une fois, sont davantage connus pour leurs utilisations futures que pour leur place dans les aventures de Flash au Golden Age, dans lesquelles ils ne firent que des passages furtifs.

En revanche, trois personnages créés à cette époque subirent le phénomène inverse : largement présents dans les aventures de Jay Garrick, ils sombrèrent quasiment totalement dans l’oubli par la suite, et on ne doit leur souvenir qu’à la nostalgie d’une poignée de scénaristes. Il s’agit des Three Dimwits, littéralement “Les Troits Idiots”. Nommés Winky, Blinky et Noddy, il s’agissait de criminels minables reconvertis, comiques et maladroits, chargés d’apporter une touche d’humour au magazine en tant qu’amis de Jay Garrick et Joan Williams.

Les bolides de l’oubli

Boy Commandos #1 (Décembre 1942)Mais grâce à Mark Waid et Geoff Johns après lui, de nombreux lecteurs modernes savent que le Golden Age n’eut pas que pour seul mérite de donner naissance à Jay Garrick ! Si ce dernier fut le plus important de cette période aux yeux du DC Universe, c’est également au cours de celle-ci que furent créés les bolides Max Mercury (National Comics #5 de Novembre 1940, au départ appelé Quicksilver), Johnny Quick (More Fun Comics #71 de Septembre 1941, à ne pas confondre avec l’alter-ego maléfique de Flash de Terre-3) et enfin ce qui allait devenir son épouse Liberty Belle (dans un back-up des Boy Commandos #1 de l’hiver 1942).

Si le destin devait les réunir dans des aventures communes des années plus tard, ça n’était pas gagné d’avance, puisque Max Mercury, venait carrément d’un autre éditeur, Quality Comics, qui s’éteignit en 1956 non sans avoir vendu les droits du personnage à DC Comics (c’est également à cette défunte maison d’édition qu’on doit les personnages de Plastic Man et le fameux Spirit de Will Eisner). Johnny Quick et Liberty Belle eux appartenaient bien à DC Comics, mais leur rapprochement ne se fit que des années plus tard, dans les pages de la série All-Star Squadron, publiée dans les années ‘80 mais racontant des aventures situées dans les années ‘40, un exemple typique de continuité rétroactive – ou retcon ! (C’est d’ailleurs dans les pages de All-Star Squadron que le terme ‘retcon’ apparut pour la première fois). Ainsi, Liberty Belle ne rencontra Johnny Quick que des décennies plus tard et l’épousa à un jour anti-daté de 1942.

Johnny Quick doit ses pouvoirs à la formule 3X2(9YZ)4A, découverte dans le tombeau d’un pharaon, qui, lorsqu’il la récite, lui permet de se mouvoir à toute vitesse. Les aventures de Johnny Quick étaient publiées dans les pages de More Fun Comics jusqu’au numéro #107 du titre, après quoi le bolide en quitta les pages pour rejoindre Superboy dans Adventure Comics à partir du #103. On put le suivre aux côtés de son fidèle ami Tubby Watts, cameraman rondouillard dans le secret de sa double-vie, jusqu’au Adventure Comics #207 daté de Décembre 1954, juste avant l’aube du Silver Age. Son départ du titre le condamna à figurer au nombre des héros du Golden Age restés sur Terre-II, tout comme Max Mercury et Liberty Belle. Cette dernière eut encore moins de chance : après deux furtives apparitions en back-ups de Boy Commandos (titre mémorable pour le passage du King !), elle migra vers le Star-Spangled Comics, où elle montra son nez ci et là dans une grosse dizaine de numéros. Enfin Max Mercury, que Mark Waid appréciait beaucoup et à qui il donna une importance conséquente dans les pages de Flash et Impulse dans les années ’90 lui traversa discrètement le Golden Age sous le nom de Quicksilver dans les pages de National Comics, où il apparut pour la première fois dans le numéro #5 et pour la dernière fois dans le numéro #42, daté de Mai 1944, avant de complètement sombrer dans l’oubli.

Mais tout ce qu’il faut savoir de ces trois bolides, c’est qu’ils datent du Golden Age, car leur mythologie s’est largement bâtie à posteriori à partir de leurs ressemblances. Toute l’histoire de Max Mercury fut écrite par Mark Waid dans les années ’90, et les liens qui unissaient Johnny Quick et Liberty Belle furent par exemple tissés dans les années ‘80, lorsqu’ils furent ramenés sur le devant au sein du All-Star Squadron qui les suivait sur Terre-2, avant de le faire intégrer définitivement la continuité suite à Crisis on Infinite Earths. Leurs histoires du Golden Age en comparaison étaient extrêmement brèves – cinq ou six pages – et leurs pouvoirs étaient parfois même différents, ainsi Liberty Belle n’en avait pas à proprement parler mais portait juste une ceinture qui pouvait temporairement lui faire monter son taux d’adrénaline. Dans une plus large mesure encore que Jay Garrick, il n’y a vraiment que le nom de ces trois personnages qui ait réussi à traverser les époques (et encore Max Mercury a dû le changer, son nom !). Autrement dit, jusqu’à tout récemment, la mythologie des bolides se résumaient à Flash et son entourage proche, et de fait elle ne devait commencer à se construire que dès le Silver Age, peu d’éléments ayant été retenus des premières heures, si ce n’est une poignée de noms.

Comme beaucoup d’autres justiciers, Flash ne survécut pas au déclin des comics books super-héroïques qui suivit la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Son propre magazine All-Flash fut le premier à être annulé en 1948 après 32 numéros, suivi de Flash Comics en 1949 puis de All-Star Comics en 1951, dont le numéro final contint la dernière apparition du Golden Age de Flash. Jay Garrick ne revint qu’en 1961, dans une histoire légendaire dont on vous parlera bientôt !

17 Commentaires

  1. J’ai grandi avec le Timm-verse et donc Wally mais quand j’ai commencé les comics avec Barry il m’a toujours paru comme être naturellement le Flash principal, j’ai beaucoup plus de mal avec Wally.

  2. Excellent dossier, dommage de ne pas y avoir ajouter la mythologie apporté par l’ère Wally, Bart et le retour de Barry ou bien serait-ce un odieux teasing qui n’a que pour but de me faire baver sur ma chaise ?
    Ce mois sur Flash est décidément une excellente chose, il apporte une foule de dossiers particulièrement intéressants.

    • Hélas malheureusement rien de prévu pour la suite, il faut soit se tourner vers les reviews, soit attendre les 85 ans de Flash. Promis, en 2025, on s’occupe du Modern Age !

      • Tu es prêt à t’engager sur l’honneur, signer un traiter et tout ça ? :D
        J’attendrais dans ma boite au lettre, tu as jusqu’au 31 décembre 2025 !

  3. c’est génial chaque jour un petit dossier sur the flash et ça fait plaisir c’est du gros et du bon boulot :)

  4. Dossier très intéressant. J’ignorais que Flash avait vécu des aventures si sombres au Bronze Age !
    Maintenant il ne reste plus qu’à lire réellement tous ces vieux numéros.

  5. Dossier très bien construit, j’ai beaucoup appris, merci beaucoup ! Et comme mavhoc j’attends avec impatience un dossier sur le Modern Age de Flash !

  6. Souhaitant en savoir plus sur le personnage, je suis comblé ! J’ai pour l’instant lu tous les sujets le concernant sur le site et ne compte pas m’arrêter. Seulement, il va me falloir des relectures pour essayer de tout assimiler. Merci à DCP et à TheRiddler bien sûr.

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