Detective Comics Vol. 5 : Gothtopia
Les points positifs :
  • Jason Fabok aux dessins
  • Layman qui arrive à mêler son histoire aux contraintes éditoriales
  • Le début de Gothtopia
  • Les histoires du Detective Comics #27
Les points négatifs :
  • Lecture dans l’ensemble décousue
  • Gothtopia qui retombe très vite
  • Peu de contenu si on a déjà le DC #27

“WAKE UP, GOTHAM !” – Poison Ivy


  • Scénario : John LaymanBrad Meltzer, Gregg Hurwitz, Peter J. Tomasi, Francesco Francavilla, Mike W. Barr, Scott Snyder – Dessins : Jason FabokAaron Lopresti, Sean Murphy et plein d’autres – Couleurs Blond, Tomeu Morey, Dave McCaig et plein d’autres –  Couverture : Jason Fabok et Tomeu Morey


Après un quatrième tome qui m’avait complètement séduit, la série Detective Comics nous revient dans ce cinquième volume qui signe la fin du run de John Layman sur le titre avant qu’il ne soit remplacé par Brian Buccellato et Francis Manapul (et de dire que j’ai hâte de lire ça en TPB est un euphémisme, mais ce n’est pas encore le moment). Alors à quoi avons nous droit par ici ? Un peu de tout, mesdames et messieurs : un tie-in à Zero Year, la conclusion de l’arc sur Man-Bat, et le fameux arc Gothtopia qui avait démarré dans le numéro anniversaire Detective Comics #27, dont ce tome regroupe également toutes les petites histoires qui ont étés écrites et dessinées pour l’occasion. Et ça se lit bien ?

Si j’ai commencé par découper les différentes parties de ce tome, c’est pour souligner un premier point qui m’a frappé à la lecture, c’est que l’ensemble peut se lire en beaucoup de fois. A part l’arc Gothtopia, chaque histoire tient en fait dans un numéro – et le fait de retrouver notamment la conclusion d’un arc qui s’étalait, avec Man-Bat, dans tout le tome précédent, laisse un sentiment bizarre d’avoir loupé quelque chose lorsque l’on s’y replonge. Et on se retrouve avec un ensemble assez décousu, sans gros fil conducteur, ce qui tranche véritablement avec la capacité de Layman à pourtant réussir à passer d’un numéro, d’un arc à l’autre avec une certaine fluidité – même si Gothtopia est amené d’une façon assez abrupte. Par exemple, on retiendra le numéro tie-in à Zero Year qui nous propose une histoire centrée sur le jeune Jim Gordon (une façon de rendre justice au titre “Detective Comics” ) dans sa lutte contre le gang de Black Mask, et qui s’aperçoit très vite qu’il est l’un des seuls, si ce n’est le seul flic droit de Gotham City. Une situation qui rappellera très fortement le Year One de Miller mais Layman réussit à nous conter une histoire intéressante avec sa part de mystère, qui est révélée dans les derniers moments avec une splash page qui restera gravée dans vos rétines tellement qu’elle est classe, si si t’inquiètes. Et là où Layman réussit de plus à surprendre, c’est qu’il réussit à mêler intelligemment l’histoire contée dans ce tie-in, qui pour rappel devait certainement lui avoir été imposée par l’éditorial (et Scott Snyder), avec son run actuel et à rattacher les deux bouts (avec un back-up ! On ne change pas ses bonnes habitudes) pour donner une certaine cohérence. Il y a donc deux points qui se heurtent dans la lecture de ce tome.

On passe à présent au gros du morceau avec Gothtopia. Le concept de base est assez simple : on prend la vision du monde de Batman telle qu’on la connaît et on la transpose dans un univers où Gotham City devient la ville la plus sûre des Etats-Unis, où Batman patrouille de jour dans les rues avec un costume d’un blanc nacré, avec à ses côtés la belle Catbird qui est également sa partenaire dans sa vie privée. Je n’en dis pas plus car d’autres éléments biens connus du Bat-verse sont habilement détournés (regardez qui occupe la place du maire !) pour nous faire vraiment croire à cette vision utopique de Gotham City. Mais vous, lecteurs, vous doutez bien que quelque chose ne tourne pas rond ! Et c’est en fait le point faible de cette histoire, car si la présentation de son concept donne vraiment l’eau à la bouche (surtout lorsque c’est servi par les dessins irréprochables de Jason Fabok), le twist arrive bien trop vite, et la suite (étalée sur deux autres numéros) se déguste avec beaucoup moins de saveur. On retombe dans une histoire qui finalement perd une bonne partie de son originalité (j’aurais vraiment aimé que l’on reste le plus longtemps possible dans cette Gotham utopique) pour ne se résumer qu’à un affrontement entre Batman et l’un de ses ennemis connus, qui même s’il adopte une certaine forme d’enquête par dessous, n’en reste pas moins classique – avec peut-être juste une scène certaine sympathique dans les dernières pages. Et sur ces deux autres parties, on perd Fabok pour Art Thibert, et sans vouloir être méchant avec l’artiste, il faut reconnaître qu’il est difficile de passer juste après : les traits sont moins précis, les personnages sont un peu plus grossiers, et si l’imagerie reste dans le même ton, on ressent quand même une certaine perte en qualité. C’est donc une demi-réussite pour Gothtopia, qui laisse quand même un ressenti amer puisque c’était la dernière histoire de Layman sur le titre.

Le reste du tome se compose des différentes histoires qui étaient présentes dans le Detective Comics #27. Pour éviter une redite certaine sur le ressenti de chacune, je me permets de vous renvoyer à la review complète du numéro que j’avais rédigée, mais sachez qu’à la seconde lecture, les sentiments me sont restés inchangés ; je trouve toujours que les histoires les plus faibles sont au final la redite du Case of the Chemical Syndicate par Brad Meltzer et Bryan Hitch ainsi que la très courte histoire de Francavilla (et oui, j’ai lu Black Mirror, et ça ne change rien au fait que ces quatre pages n’apportent rien au récit) ; alors que les récits de Gregg HurwitzPeter J. Tomasi (avec Ian Bertram ! Coeur avec les doigts) et de Snyder et Murphy se lisent toujours aussi bien. Seul problème, si comme moi vous aviez déjà lu le DC #27 au format single, et vu qu’il compose en vérité la moitié de ce Hardcover, alors le bouquin n’offre véritablement que peu de véritable contenu en plus. Ce qui peut être gênant quand on voit le prix (25$ tout de même) de ce genre d’ouvrage. Enfin, je râle un petit peu mais j’ai déjà vu des Hardcover de moins bonne qualité hein – et si vous n’avez pas découvert le Detective Comics #27 auparavant, alors l’investissement en vaut clairement le coup.

En essayant de rester objectif, la lecture de ce 5ème tome de Detective Comics se révèle très plaisante par la qualité globale des histoires proposées. Le tie-in à Zero Year est de bonne facture et se rapporte très bien à la suite de run de John Layman, qui déçoit néanmoins sur Gothtopia qui démarrait pourtant très bien (grâce à un Jason Fabok en pleine forme, il faut bien l’avouer). Reste que la majorité des histoires du Detective Comics #27 qui sont présentes (avec d’ailleurs une galerie des couvertures variantes à la fin, ça fait toujours plaisir) sont très plaisantes à lire, alors même si le tout a l’air un peu décousu, il ne faudrait pas non plus bouder son plaisir ! Un ouvrage que je recommande surtout à ceux qui ne suivent la série qu’en format librairie. 

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