The Multiversity : Thunderworld Adventures #1
Les points positifs :
  • Le héros s’appelle Captain Marvel !
  • Une histoire passionnante et accessible.
  • L’ambiance du Golden Age.
  • Les dessins de Cameron Stewart
Les points négatifs :
  • Ce n’est pas une série régulière…

“Who’d believe it ? Parallel world’s sending messages to another via comic books !” – Dr. Sivana


  • Scénario : Grant Morrison  – Dessins : Cameron StewartEncrage : Cameron Stewart – Couleurs : Nathan Fairbairn– Couverture : Cameron Stewart

The Multiversity continue dans ce nouveau one-shot, toujours signé par Grant Morrison, qui nous a livré toute une série de numéros efficaces et originaux, qui apportent une bouffée d’air frais au milieu des publications New 52. Après s’être attaqué aux personnages issus de chez Charlton Comics, et d’avoir, au passage, rendu hommage à Watchmen d’une façon brillante, l’écossais entreprend de s’approprier l’univers de Fawcett Comics, et d’écrire une aventure de Captain Marvel. Oui, vous m’avez bien lu, c’est le nom qui est clairement donné au personnage dans les pages de ce comic-book. Passer après Pax Americana n’est pas une mince affaire, et c’est avec un peu d’appréhension que j’ai ouvert cet épisode. Le scénariste a-t-il réussi à capturer l’essence du personnage de Billy Batson ?

L’histoire est simple : le docteur Sivana décide de mettre en œuvre un plan diabolique pour s’approprier le pouvoir de la magie et de se débarrasser de son ennemi de toujours, Captain Marvel. Pour ce faire, il s’en prend au sorcier Shazam et s’empare de la magie pour doter ses trois enfants des mêmes pouvoirs que ceux de notre héros. En résulte un trio similaire à celui que forment Billy Batson et ses deux alliés, Mary Marvel et  Captain Marvel Junior. De son côté, Billy apprend par une version de lui-même venue d’un futur proche qu’il risque de mourir, et qu’il doit se préparer à affronter son pire ennemi. Évidemment, la Marvel Family devra affronter la famille Sivana et faire tout ce qui est en son pouvoir pour que le bien triomphe.

Grant Morrison nous signe ici un script d’une grande qualité, qui rend totalement justice au personnage de Captain Marvel. Le “Big Red Cheese“, comme on l’appelle affectueusement dans le milieu, n’a jamais connu un numéro aussi réussi, et c’est une véritable leçon d’écriture que nous livre le scénariste (prends-ça, Geoff Johns, c’était quoi ce Billy Batson en mode Thug Life ?). L’auteur nous prouve qu’il est encore possible, aujourd’hui, de créer un récit qui respecte les codes du Golden Age sans sombrer dans le ridicule. Le récit est maîtrisé de bout en bout, et la naïveté de l’univers qui est mis en scène est contrebalancée par des pointes d’humour admirablement gérées, qui parsèment le numéro. La caractérisation des personnages est stéréotypée, et l’on reconnaît tout de suite le caractère des héros issus des comics Fawcett, que Morrison n’a absolument pas altéré (eh oui, c’est possible de respecter un personnage, vous voyez). Le Dr Sivana, ennemi emblématique de la franchise, est absolument hilarant et chaque page qui le voit apparaître ne manquera pas de vous faire sourire, tant ses répliques sont bourrées de références amusantes et de petites piques lancées au monde des comics actuels.

L’auteur continue sur sa lancée et ne rate aucune occasion pour se moquer gentiment de ce qui se fait dans les comics actuels, et montre son amour pour une époque lointaine où les comics étaient pleins de fantaisie. Ainsi, il fait la part-belle à la Marvel Family et aux créatures étranges que l’on a pu croiser dans leurs aventures d’antan, et personne n’est véritablement oublié (si ce n’est Black Adam, bien qu’un clin d’œil soit fait à ce dernier, et puis on voit Tawny, alors c’est cool, hein).  Le one-shot constitue un récit maîtrisé, agréable à lire, qui est accessible à n’importe quel lecteur. Certes, on appréciera davantage cette petite histoire si l’on connaît un peu Captain Marvel et ses aventures, mais cela n’est absolument pas nécessaire, et, pour une fois, Grant Morrison a su gérer l’accessibilité de son comic-book (oui, vous pouvez totalement faire lire ça à votre petit-neveu, s’il comprend l’anglais).

Qu’en est-il de la trame générale de Multiversity ? Le fil rouge est-il toujours développé dans cet épisode ? Eh bien la réponse est oui, et l’on nous dévoile encore des versions parallèles de la terre, ici à travers diverses incarnations du Dr Sivana, toutes plus originales les unes que les autres (on passe d’un Hannibal Lecter-like à un serpent, en passant par un luchador, c’est totalement fou). De même, le multivers est pris en compte dans le plan machiavélique du vilain, et l’on retrouve le gimmick du comic-book qui apparaît dans le comic-book, avec cette habituelle mise en abyme qui caractérise The Multiversity. C’est ici le numéro Society of Super Heroes qui est présent, et l’on comprend, à la lecture de cet épisode, le lien qui existe entre les deux histoires.

Graphiquement, le travail de Cameron Stewart (qui s’encre lui-même) est parfait et colle parfaitement à l’ambiance rétro et cartoony du titre. Le style de l’artiste se prête bien au design des personnages, ainsi qu’aux différentes machines et créatures toutes droit sorties d’un autre temps. On apprécie aussi le dynamisme de sa mise en page, qui sied à merveille au récit punchy de Morrison, qui va à cent à l’heure. Les couleurs de Nathan Fairbairn sont éclatantes et viennent sublimer le travail du dessinateur, on retrouve le style bariolé des comics d’antan, et c’est un véritable plaisir de tourner les pages de ce numéro (notons au passage la colorisation du costume de Magnificus Sivana, qui n’a pas été sans me rappeler Captain Nazi, est-ce une coïncidence ?).

The Multiversity : Thunderworld Adventures est une réussite totale. En une trentaine de pages, Grant Morrison parvient à capturer ce qui fait de Captain Marvel un super-héros différent des autres, alors qu’il a trop longtemps été traité comme un clone de Superman, ou tout simplement un personnage secondaire dont on ne sait pas quoi faire. Les fans de Billy Batson apprécieront ce numéro qui rend enfin justice à leur héros, et les autres découvriront une version bien plus sympathique de celui qui se fait appeler “Shazam” dans les New 52. The Multiversity continue donc sur sa lancée en enchaînant des one-shots tous aussi passionnants les uns que les autres, et le scénariste parvient à s’illustrer dans différents styles d’écriture totalement différents, avec succès. Gageons que le Guidebook, qui sera disponible en janvier, sera passionnant et nous livrera les secrets de différents univers issus de l’esprit de Morrison. 


Un avis supplémentaire c’est bien aussi !

Ah, quelle jolie petite friandise que ce numéro. Exquise même je dirais. Pour ne pas dire la meilleure de toute. C’est comme si Fawcett Comics avait pour l’ultime fois, sorti un numéro de son Captain Marvel, qui malgré la bataille des droits d’auteurs, reprend son dû ici. Je ne sais pas par quelle magie, mais oui, Captain Marvel est le héros de cette histoire. Mais tout ça vous a certainement déjà été conté plus haut. À titre personnel, je crois que je tiens là mon numéro favori de Multiversity. Punchy, naïf, éloquent, nostalgique (alors que j’étais même pas né mais c’est pas grave, suffit d’y croire), j’ai vraiment été porté par ce numéro, et mon âme de gamin pré-pubère avec (et j’entendais autant que je lisais la voix du narrateur au début). Ah si seulement je lisais des comics à cette époque, j’imagine que ce que j’aurais ressenti à la lecture d’un Captain Marvel aurait ressemblé à ça. Tout y est, de A à Z, une déclaration d’amour à cette franchise, une porte assez fun sur le Multivers avec des itérations de Sivana assez marrantes et détonnantes, des graphismes quasi d’époque avec un découpage classique mais diablement efficace… Un vrai comic book comme on en fait plus quoi ! Oh oui, j’aime l’âge moderne aussi, mais honnêtement, il y a certains charmes que je me plais à retrouver dans des vieux trucs poussiéreux que je découvre aussi aujourd’hui. Sauf que là, c’est pareil, mais sans la poussière ! Que demander de plus ? Et oui, pour les inquiets, ce numéro est d’une simplicité extravagante à comprendre. Du tout bon.

– Freytaw.

8 Commentaires

  1. Sa donne clairement envie j ai l impression que Morrisson est toucher par la grâce surMultiversity les numéros se surpasse les uns des autres.. Sa devient clairement un phénomènes All Times ! Sinon j espère que urban va nous sortir sa rapidement bon je m inQuiete pas de la qualité mais plutôt le format.. D ailleur j ai une petit idée ., pourquoi pas créer un coffret ou pack avec les 3 1er numéros ou bien tous les numeros et chacunes d un avec leurs covers d origines mais cartonner car reviens tous les numeros peu dénaturé le tous.. Et d un autres coter pour cet histoire je ne suis pas pur le format kiosque .. Puis l ultra comics droit garder son indépendance

  2. Comme Zepp’, après Pax Americana j’étais sceptique …
    J’ai encore des larmes de bonheur dans mes yeux. C’est beau, c’est doux, c’est posé, c’est un message d’amour au comics.
    Morrison is GOD !

  3. Bon enfin lu, je ne mettrais pas cinq étoiles car je ne suis pas un accro à Shazam, mais je dois reconnaître que j’ai adoré cette histoire, et c’était pas gagné vu mon manque d’affinités avec captain marvel. Il fait du bien ce numéro après pax americana!!

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