1. Introduction

2. L’ère pre-Crisis

3. L’ère post-Crisis

4. Les alternatives

5. Sur les autres médias

6. Conclusion

L’ère pre-Crisis

 

1. Superman #199

SUPERMAN’S RACE WITH THE FLASH !

Date de sortie : Août 1967
Couverture : Carmine Infantino
Scénariste : Jim Shooter
Dessinateur : Curt Swan
Encreur : George Klein

Parcours : trois fois le tour de la Terre (soit un peu plus de 120’000 kilomètres)

Motif : course de charité en faveur de l’ONU

Vainqueur : ex-aequo

La toute première confrontation entre Superman et Flash tient à cette relève de scénaristes qui est arrivée à la fin des années ’60 chez DC avec l’intention d’écrire les histoires qui les auraient fait rêver étant gosses. Si Dennis O’Neil est le plus célèbre de cette vague, on peut remercier le tout jeune Jim Shooter, âgé de seulement 16 ans lorsqu’il écrit cette histoire (!), pour avoir eu le courage de concrétiser son rêve. Dans cette première course devenue légendaire, les deux concurrents font preuve d’un fair-play ahurissant, qui ferait passer le scout le plus droit pour un entrepreneur chinois corrompu. On les voit ainsi se sortir mutuellement de faux pas, mais en prenant garde à ce que l’autre ne le remarquât pas pour éviter qu’il ne fasse un croix volontairement sur la victoire.

Chacun a des avantages et des désavantages lors de cette première course. Superman est frappé de l’interdiction de voler, mais il se permet néanmoins de bondir au-dessus d’énormes ravins qui posent davantage de problèmes à Flash. Celui-ci en revanche peut courir sur l’océan, que Superman est obligé de franchir à la nage, et le Bolide Écarlate peut également profiter de sa capacité à vibrer à travers la matière pour, par exemple, passer au-travers de la Pyramide de Gizeh que Superman est contraint d’escalader.


2. Flash #175

THE RACE TO THE END OF THE UNIVERSE !

Date de sortie : Décembre 1967
Couverture : Carmine Infantino
Scénariste : E. Nelson Bridwell
Dessinateur : Ross Andru
Encreur : Mike Esposito

Parcours : aller-retour jusqu’à la bordure la plus proche de la Voie Lactée (soit 40’000 années-lumières ou 378 millions de milliards de kilomètres, ils ne font pas dans la demi-mesure pour le deuxième coup d’essai)

Motif : deux extra-terrestres grands amateurs de jeux d’argent avaient parié sur l’issue de la course précédente ; déçus par le match nul, ils contraignent nos deux héros à une revanche en menaçant de détruire Central City si Flash venait à perdre, et Métropolis si Superman était vaincu.

Vainqueur : indéterminé, le franchissement de la ligne d’arrivée est dessiné de telle sorte à ce qu’on puisse penser que l’un ou l’autre en sorte victorieux, le scénariste invite le lecteur à se faire son propre avis

Le match nul du Superman #199 avait été sciemment décidé en vue de préparer le terrain à une revanche, et quelle revanche ! La course est beaucoup plus ambitieuse puisqu’elle se déplace dans l’espace. Les deux extra-terrestres qui ont préparé l’affaire sont Rokk et Sorban, deux parieurs chevronnés originaires de la planète Ventura que Batman et Superman avaient déjà rencontrés dans le World’s Finest #150. Pour permettre à Flash de courir dans l’espace, les extra-terrestres entourent Flash d’une aura d’énergie spéciale, capable de transformer le peu de matière de l’espace (où il ne règne pas le vide complet) en oxygène pour une partie, et en piste de course.

En plus d’avoir un cadre plus audacieux que la planète Terre, cette course se distingue par ses nombreux rebondissements, induisant à plusieurs reprises le lecteur en erreur en révélant aux personnages des secrets qui sont gardés tels pour le lecteur !


3. World’s Finest #198-199

RACE TO SAVE THE UNIVERSE ! – RACE TO SAVE TIME !

Date de sortie : Novembre-Décembre 1970
Couverture : Curt Swan (#198) – Neal Adams (#199)
Scénariste : Dennis O’Neil
Dessinateur : Dick Dillin
Encreur : Joe Giella

Parcours : jusqu’à l’autre extrémité de la Galaxie d’Andromède (soit à peu près deux fois 6.52 millions d’années lumière ou 52 milliards de milliards de kilomètres)

Motif : les Gardiens de l’Univers ont détecté des anachronides s’apprêtant à traverser l’espace. Ces êtres capables d’aller beaucoup plus vite que la lumière, lorsqu’ils se déplacent par milliers comme c’est le cas, menacent l’équilibre du temps, et vont fusionner le passé avec le présent, menant à la destruction de toute temporalité ! La seule manière de préserver l’équilibre temporel serait pour Superman et Flash de parcourir à toute vitesse le chemin inverse emprunté par les anachronides

Vainqueur : « Flash » (bien vite la course est interrompue par un imprévu, c’est lors d’une sorte de mini-course pour arrêter les vilains que Flash l’emporte sur Superman, mais dans des conditions « spéciales ». Pour plus d’infos, et du spoil, consultez le résumé ci-dessous)

C’est une histoire complètement folle ! Le premier numéro s’ouvre sur une scène déjantée où Jimmy Olsen se retrouve projeté, en pyjama et au sortir du lit, au milieu d’une course de chars au Colisée en pleine Antiquité romaine. Tout au long des deux numéros, on suivra d’un côté les péripéties du pauvre Jimmy Olsen malmené au fil des époques dans des situations toutes plus dangereuses (mais follement excitantes) les unes que les autres, tandis que de l’autre, Superman et Flash courent pour effacer les anomalies temporelles.

Les Gardiens de l’Univers remettent à Flash un pendentif spécial qui siphonne complètement la batterie centrale d’Oa. Ce pendentif, en plus de lui permettre de respirer, crée au-dessous de lui une piste verte afin qu’il puisse courir à travers l’espace infini. Bien vite cependant on va se détacher de la course en tant que telle pour développer l’intrigue, qui amène un rebondissement totalement inattendu impliquant un aspect important de la mythologie de Superman. Au fil de péripéties qu’on ne vous gâchera pas, Flash se retrouve privé de l’usage de ses jambes, tandis que Superman, à l’ombre d’un soleil rouge, est également contraint de ramper. On assiste alors à la course la plus lente de l’univers lorsque les deux héros rampent pendant cinq pages côte à côte jusqu’à un levier qui sauvera miraculeusement l’équilibre temporel de la menace des anachronides. Flash l’emporte, devenant ainsi le rampeur le plus rapide de l’univers.


4. DC Comics Presents #1-2

CHASE TO THE END OF TIME ! – RACE TO THE END OF TIME !

Date de sortie : Août – Octobre 1978
Couverture : José Luis García-López & Dan Adkins
Scénariste : Martin Pasko
Dessinateur : José Luis García-López
Encreur : Dan Adkins

Parcours : selon une conception cyclique du temps, ils partiront en direction du futur jusqu’à atteindre le « rideau cosmique » (qu’on sait situé au moins au-delà de l’an 6978) pour ensuite se retrouver aux balbutiements du temps dans le passé, d’où ils se remettront à courir vers le futur pour se terminer au présent

Motif : un gros mic-mac, se référer au texte explicatif ci-dessous

Vainqueur : indéterminé, en effet il ne s’agit pas d’une course stricto sensu, néanmoins Superman semble avoir une technique de vol lui permettant de se déplacer instantanément dans le futur, ce qui pourrait le déclarer vainqueur pour ces numéros (sachant que c’est simultanément qu’ils franchissent le rideau cosmique et qu’ils parviennent au présent au bout de leurs péripéties)

D’une manière encore plus sensible que dans les numéros de World’s Finest cités plus haut, ici le propos n’est pas à une course à proprement parler. Si l’intrigue justifiait une telle compétition à l’amiable dans le World’s Finest #198 qui les voyait partir en position d’une lignée d’arrivée, ici les enjeux sont bien réels et ni l’un ni l’autre ne serait prêt à risquer de ‘perdre’ une course qui n’a rien d’un jeu. Le pitch est le suivant : deux races extra-terrestres, les Zelkot et les Volkir, sont en guerre depuis des temps immémoriaux. Les Volkir, belliqueux, veulent perpétuer le conflit à tout prix, tandis que les Zelkot décident de dépêcher un des leurs dans le passé afin de prévenir l’éclosion de la guerre avant l’heure. Seulement, les Zelkot ne maîtrisent pas de technologie permettant de remonter dans le temps, leur émissaire file donc vers l’avenir dans l’intention d’arriver ‘au bout du temps’, et de se retrouver par la même occasion ‘au tout début du temps’, d’où il pourra recommencer à avancer dans le futur jusqu’au début de la guerre entre les Volkir et les Zelkot.

Craignant que les Volkir n’aient piégé le chemin de leur émissaire, les Zelkot contraignent Flash à partir sur les traces de leur légat dans le futur. L’enjeu est de taille : si, faute de lui venir en aide, le Zelkot ne parvient pas à remplir sa mission, les autres Zelkot détruiront la Terre sans sourciller, c’est donc le destin de toute l’humanité qui est en jeu ! Le Bolide Écarlate se met en route avec abnégation. Peu après le départ du Monarque du Mouvement, des Volkir surviennent et obligent Superman à se mettre à son tour en route, mais avec un objectif différent. En effet ils lui apprennent que si la guerre entre les deux espèces venaient à être prévenues, Krypton aurait explosé des années plus tôt et Superman n’aurait jamais existé. Il est donc primordial pour la survie de l’Homme d’Acier qu’il empêche l’envoyé Zelkot d’accomplir sa mission. Le Kryptonien se met donc à la poursuite de Flash et du Zelkot, mû par des intentions apparemment bien égoïstes, à moins qu’il ne cache quelque découverte au lecteur ?

C’est la première course qui fait intervenir un voyage dans le temps. Les scénaristes en profitent pour introduire une rencontre superbe avec le Professeur Zoom, avec lequel Flash rentre en collision en approchant du 25e siècle ; puis survient une petite halte au 30e siècle le temps de dire coucou à la Légion des Super-Héros et d’introduire un étonnant paradoxe temporel avec la rencontre de Superman et de son lui du passé : Superboy ! Les deux versions de l’Homme d’Acier seront coincés à cette époque à cause de cette anomalie, et la manière dont ils vont se tirer d’affaire est aussi loufoque que jouissive ! Comme pour les deux numéros de World’s Finest, la pagination-double permet de développer une intrigue plus dense que d’ordinaire, et c’est une rare histoire où les scénaristes mettent réellement à la disposition du lecteur les clés pour deviner le retournement de situation de final avant son exécution, ce qui le rend encore plus efficace puisqu’on se frappe la tête en s’exclamant ‘Mais oui bien sûr, pourquoi n’y ai-je pas pensé ?’ Une belle réussite qui clôt admirablement le premier cycle des courses entre Superman et Barry Allen, puisque celui-ci trouvera une mort tragique quelques années plus tard au cours de Crisis On Infinite Earths. Heureusement, son héritage perdure à travers son neveu : Wally West ! Une nouvelle ère commence…

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Van DeydHulkoSemaines Spéciales - 75 ans Flash | DCPlanet.frMartiThe Trickster Auteurs de commentaires récents

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Loufok
Loufok

Super intéressant ! :D

Darkseid~sama
Darkseid~sama

Ba dis donc il a beaucoup perdu Superman .

Billy Batson

Excellent dossier et très intéressant ! Personnellement j’ai toujours vu Flash comme le vainqueur d’une telle course mais ça dépend du point de vue.

PS : Finir par Smallville est en effet mémorable !

Bathom-04

Merci de m’avoir faiit découvrir dorkly ! Il fait un boulot génial !

ET toi aussi Riddler, super dossier !

mavhoc
mavhoc

La petite vidéos de fin est une fin parfaite.
Dossier très instructif ^^

Ares
Ares

Excellent dossier, très sympa à lire ! :D

Capugino

Super dossier. Selon moi Flash devrait être le plus rapide pour justement lui donner un certain prestige. Dans new52 on n’a pas de course mais dans le 1er tome de JL, on voit que Flash domine un moment Superman avec sa vitesse et que Superman ne l’atteint que par malice.

Paik
Paik

Merci beaucoup.
Très bon dossier et la vidéo de fin est absolument mémorable !!!

The Trickster
The Trickster

Flash for the win!!!

Marti
Marti

Merci pour ce dossier très intéressant !
Je ne pense pas que Geoff Johns manie forcément mal la continuité, lorsque Barry Allen revient la réalité a été perturbée successivement par Crisis on IE, Zero Hour et Infinite Crisis, donc il se peut très bien que dans son « nouveau passé » Barry ait affronté plusieurs fois Superman pour des oeuvres de charités !

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[…] The Flash VS Superman : Courses de légende […]

Hulkoguy
Hulkoguy

Merci pour ce deuxième dossier sur Flash, bien rafraichissante cette petite vidéo en conclusion =)

Van Deyd
Van Deyd

Aaaah moi je suis avec Flash, Superman est déjà surpuissant! Laissons à la Flash la primeur sur la vélocité! En plus la façon dont ce concept est creusé chez lui est très intéressante!