La Légende De Darkseid
Les points positifs :
  • Un peu de « Fourth World » dans ce monde de brute.
  • Un Darkseid manipulateur à souhait.
  • Mêle habilement l’intelligence et l’action.
Les points négatifs :
  • Pourquoi avoir renommé ce livre ?
  • Sinon pour le faire rentrer dans le vilain’s year d’Urban ?
  • Un peu trop timoré pour être complètement incontournable.

« Chantée dans les cathédrales, chuchotée dans l’ombre, toujours inchangée, rarement figée… Vive incandescence, noire comme  l’abîme… Telle est la substance des Légendes ! »


  • Scénario : John Byrne, John Ostrander, Len Wein, Marv Wolfman, Jerry OrdwayDessin : John Byrne, Jerry Ordway Couleur : Lee Loughridge, Tom Ziuko


Ceux qui ont eu, comme toute la team de votre bien-aimé (je n’en doute pas) site, la chance d’aller à la dernière PCE ont eu la chance de mettre leurs petites mains moites sur l’objet de cet review. Pour les autres (pauvre de vous), je vais vous donner les clefs pour guider votre achat (ou non).Car oui il me reste suffisamment de neurones après ces deux jours et deux nuits de débauche intense à mener la « theug laïfe » en compagnie des autres fous furieux qui composent le staff. Ce fut épique et je compte sur ce délateur de Freytaw (qui ne fait pas que des « Off my mind » sur Booster Gold, mauvaises langues que vous êtes) pour vous balancer tout cela de façon plus où moins romancée (le pire c’est qu’il n’aura pas tellement besoin de romancer…) dans un « La vie à DCP » ou autre.

Revenons à nos moutons, et il sont de taille puisque nous parlons du seigneur (saigneur ?) d’Apokolips, le redouté Darkseid. Oui, car les légendes qui peuplent et défendent notre planète déplaisent à celui-ci, il décide donc de les humilier et de les détruire, non par la force brute mais par la ruse et le complot, ses armes favorites.

La Légende De Darkseid

Ce livre regroupe le crossover « Legends » et quelques un de ces tie-ins, plutôt utiles à la compréhension tout en y ajoutant quelques morceaux du « Jack Kirby’s Fourth World » pour introduire le grand, le terrible Darkseid. Soit Legends # 1-6, les back-ups de Jack Kirby’s Fouth World #2-5, Superman #3, Adventures of Superman #426 et Action Comics #586 datant de 1986 et 1987.

L’ouvrage ouvre sur une préface de Mike Gold, celui qui supervisa la publication du crossover, qui, même si il rajoute un peu de blabla pas forcément utile, remet la publication dans le contexte de l’époque. Car il faut noter que « Legends » est le premier crossover majeur à voir le jour après le bordel innommable que fut cette immense coup de pied au cul dans le DCVerse nommé « Crisis On Infinite Earths ». Du sang neuf était recherché et inutile de dire qu’ils ont du ressentir une sacré pression.

La Légende De Darkseid

Voilà pour le contexte, côté histoire Darkseid s’ennuie un peu sur Apokolips où rien ni personne ne semble pouvoir lui contester son trône, il décide alors de mettre à bas les légendes qui peuplent la terre, comme ça pour rigoler (et surtout parce qu’elles lui courent un peu sur le haricot), en les personnes de nos héros préférés. Pour ce faire, il lance un de ses sbires spécialiste de la manipulation sur la planète bleue afin d’instiller le doute sur leur légitimité, puis lance des pions sacrifiables afin de faire faire le plus de dégâts possible lors des affrontements, mettant ainsi en place une souricière où évidemment vont se jeter nos héros. Captain Marvel, Robin et bien d’autres en feront les frais, pendant que Superman, lui, fera un petit séjour à Apokolips (charmante station balnéaire) à l’invitation du tyran local.

Un scénario bien pensé, axé sur la capacité de Darkseid à faire le sale boulot sans se salir les mains et la manipulation des masses, qui évite l’écueil du crossover un peu bourrin tout en distillant une bonne dose d’action tout au long de l’histoire. Pour le négatif, on se tournera plutôt du coté de la caractérisation de Billy Batson qui passe d’un journaliste certes jeune mais qui est suffisamment mûr pour avoir un boulot à un gamin apeuré qui va se réfugier en pleurant derrière des poubelles. Je pense qu’à l’époque il était sûrement compliqué de faire la synthèse entre le personnage de Billy enfant et celui du Billy qui a nécessairement grandit. Un autre bémol sur l’intervention totalement inutile d’Orion et Lightray qui, s’ils ont une action bénéfique sur le scénario, semblent un peu les bras ballant une fois ceci passé, se retrouvant devant Darkseid et n’ayant rien d’autre à dire que : »Bon, ben maintenant on va y aller », point de psychodrame sur la parenté d’Orion et de Darkseid, point de tentative de le ramener à la raison où de coup de main pour les pauvres humains qui se débattent avec leur problèmes. Franchement ils auraient mieux fait de rester couchés ce matin-là !

La Légende De Darkseid

Le dessin est signé à 99% (en gros tout le bouquin sauf « Aventures of Superman » mais nous y reviendrons) par John Byrne. Et  c’est assez joli, même si on peut déplorer, un certain vide pour les décors parfois remplacés par des fonds de couleurs criardes, ou que les visages ne soit pas un peu plus détaillés, néanmoins les émotions passent bien et son style excelle dans l’action et le mouvement. L’unique chapitre dessiné par Jerry Ordway est, lui, l’exact contraire, les visages sont extrêmement détaillés et les décors bien fournis, mais les scènes d’action sont un peu plus figées. Il y en a du coup pour tous les goûts ! Cette ambiance graphique très eighties, et notamment les scènes sur Apokolips, m’ont beaucoup rappelé « Masters Of The Universe » qui avait fait mon régal dans ma prime jeunesse, peut être que le costume que porte Superman à ce moment-là y est pour beaucoup.

Si ce livre traite des légendes, il n’en est pas plus légendaire. En effet c’est un excellent divertissement, qui fait passer un bon moment, mais je pense que personne ne mettra jamais ce crossover dans son top 10 personnel, néanmoins il reste un travail honnête, qui remplit parfaitement son office et est bien supérieur à tous les égards à beaucoup de productions. Mais il manque un petit supplément d’âme pour passer dans la classe au dessus. Pour résumer, est ce un mauvais livre : non, me fera-t-il passer du bon temps : oui, est il du calibre des meilleures production de la firme : encore une fois non, mérite-t-il de figurer dans ma bibliothèque : tout à fait, est il indispensable : nenni ! Un dernier mot sur le titre, Urban est retombé sur ses pieds dans le cadre de son « Vilain’s Year » en renommant ce livre « La légende de Darkseid », il n’empêche que c’est un peu maladroit et que conserver le titre original, voire éventuellement le traduire, aurait été plus respectueux. Et une nouvelle fois ne vous faites pas avoir  par la couverture issue d’une variant cover de « Justice League #6 » New 52, c’est joli mais ne reflète en aucun le trait présent à l’intérieur.