Justice League Tome 6
Les points positifs :
  • Le duo Ivan et Rod Reis
  • Du changement dans le DCU
  • Des vilains vraiment très vilains
Les points négatifs:
  • Beaucoup de personnages donc peu de développement individuel
  • Rythme de narration inégal

« C’est notre monde, maintenant. » – Deathstorm


  • Scénario : Geoff Johns, Sterling GatesDessins : David Finch, Ivan Reis, Doug Mahnke, Edgar Salazar, Szymon KudranskiCouleurs : Sonia Oback, Gabe Eltaeb, John Kalisz, Rod Reis, Tony Avina
  • Collectionne : Forever Evil #1-4, Justice League #24-25, Justice League #23.4 : Secret Society, Justice League of America #7.4 : Black Adam

Attention, cette review est susceptible de contenir quelques spoilers. Faites donc attention avant de vous lancer dans la lecture de cet article. 

Ce sixième tome de Justice League couvre la première partie de l’évènement tant attendu et qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (numérique) : Forever Evil ou, comme Urban l’a transposé en français : Le Règne du Mal. Dans le tome précédent, les différentes ligues de justice se sont déchirées lors de la Trinity War (pour plus de détails, voir ici). Pandora et sa boîte ont semé la zizanie dans le DCU et, lorsque la boîte s’est ouverte, le Syndicat du Crime venant de Terre-3 a débarqué et ratiboisé la ligue : ils brandissent le lasso de Wonder Woman, la cape de Superman et le trident d’Aquaman en guise de trophées. Ils en ont aussi profité pour ramasser Nightwing au passage et le prendre en otage.

Justice League Tome 6

L’humanité se retrouve sans moyens de communication, sans électricité et sans… super-héros. Le Syndicat du Crime, composé d’Ultraman (équivalent « inversé » de Superman), Superwoman (équivalent de Lois Lane et de Wonder Woman qui, sur Terre-3, sont la même personne), Owlman (équivalent de Batman sur Terre-3, qui est en réalité Thomas Wayne Jr, le frère aîné du Bruce Wayne de ce monde-là), Power Ring (Green Lantern), Deathstorm (Firestorm), Atomica (qui était en réalité un agent triple…) et Jonny Quick (le pendant malfaisant de Flash). Vous l’aurez compris, le Syndicat du Crime est en quelque sorte la Ligue de Justice en version inversée : ils viennent d’une planète où seule la force et le pouvoir sont garanties de survie, où les pôles sont inversés et où la violence verbale et physique semblent régner en maîtres. Leur monde a été détruit par un mystérieux extra-terrestre et ils ont choisi le « notre » comme terre d’accueil. Seul souci : ce monde-là prend soin des plus faibles, des malades… une chose que le Syndicat du Crime veut réformer.

Le Syndicat fait appel à tous les vilains et leur dit de prendre possession du monde dans ce but. Il profite aussi de l’occasion de dévoiler au monde entier (l’évènement est diffusé dans toutes les langues, sur tous les écrans du globe… bah oui, sinon ils ne seraient pas de vrais méchants) l’identité secrète de Nightwing/Dick Grayson (oui, j’ai presque pleuré), que Superwoman et Owlman ont capturé alors qu’il tentait de les empêcher de forcer l’entrée d’Arkham. Ils le gardent ensuite en otage et Owlman tente de le persuader de s’associer à lui pour conquérir le monde…

Justice League Tome 6

Bref, toute l’action du tome se passe autour des différents membres du Syndicat du Crime (on présente Owlman et Ultraman dans cette partie de Forever Evil grâce aux tie-ins) et de la lutte méchants VS derniers résistants. Les Teen Titans, sous le commandement de Red Robin/Tim Drake, tentent de venir au secours de Dick, sans succès. Mais l’action tourne aussi autour d’une des dernières personnes qui ont les moyens de faire changer la situation… Lex Luthor. La Némésis de Superman endosse son exosquelette de combat et décide de libérer le projet B-0, qui est une tentative de clonage d’un corps 100% kryptonien (vous l’aurez compris, il s’agit de Bizarro) même s’il n’est pas achevé.

Batman et Catwoman sont encore en vie et ont parvenu à s’enfuir lorsque la boîte de Pandora s’est ouverte. Ils transportent le corps de Vic Stone/Cyborg dont la partie robotique s’est désolidarisée de la partie humaine pour devenir Grid, devenu membre du Syndicat du Crime. Après avoir déposé Vic chez son père pour qu’il tente de le « réparer », ils se rendent à la Batcave pour récupérer une boîte mère et ensuite à Waynetech pour essayer de l’allumer. Et ils tombent sur… Luthor et sa bande. Et le tome se termine sur l’arrivée d’un autre super-vilain bien connu qui vient se joindre à la fête.

De l’épique donc pour cette première partie de Forever Evil ! Cependant, personnellement, je suis restée un peu sur ma faim car j’ai vraiment ressenti le côté « introduction des personnages et de la situation » du tome. Bien entendu, c’est une étape obligée car il faut bien poser des bases solides pour avoir un scénario du tonnerre (Shazam !) pour la suite. Mais comme à la lecture du tome 5, j’ai un peu souffert du manque de caractérisation des personnages, même si j’imagine qu’avec autant de héros différents présents, c’est un peu inévitable. Par contre, je trouve très intéressant de poser Luthor en « sauveur de l’humanité », ou du moins une des dernières personnes à pouvoir entreprendre quoi que ce soit pour sortir les humains de cette gabegie.

Justice League Tome 6

Du côté dessins et colorisation, du joli travail chez Finch/Oback et (of course) avec Ivan et Rod Reis ; par contre le duo Kudranski/Kalisz m’a moins plu : j’ai trouvé plus brouillon, une colorisation qui fait « bloc » et qui manque de dynamisme, mais c’est un choix personnel. J’ai aussi beaucoup apprécié le découpage des cases, j’ai trouvé dynamique et intéressant. Le découpage de l’histoire, lui, m’a moins convaincu. Certains passages qui semblent importants sont passés en vitesse et d’autres moments moins cruciaux (du genre la scène de l’hélicoptère au début) prennent plusieurs pages. De plus, je ne trouve pas forcément nécessaire d’insister autant sur la psychologie des « méchants » parce qu’on sait tous, au fond, que la Ligue va finir par leur botter le derrière… Oui, c’est intéressant d’avoir des « équivalents maléfiques » des héros du DCU mais de là à tartiner sur leurs personnalités et leurs histoires, je ne suis pas convaincue à 100%. Mais j’attends de voir la suite avant de me déclarer déçue.

Bref, pour ce 6ème tome de Justice League, Geoff Johns nous livre un monde sombre, des personnages violents, torturés et une Ligue de Justice mise bien à mal. On sent qu’il va y avoir du challenge pour la suite et on se réjouit vraiment de savoir ce que tout ça va devenir. D’un côté personnel, aimant bien Nightwing, je suis curieuse de savoir ce par quoi Johns va le faire passer. Il est clair que ce tome est une introduction à la suite de l’évènement Forever Evil, le lecteur pourra rester sur sa faim s’il attend une victoire des « gentils », voire une lueur d’espoir dans cette première partie. Mais cependant, cela reste une bonne lecture qui en promet une meilleure encore pour le prochain tome.