Batman Dark Detective
Les points positifs:
  • Ultra accessible mais qui ne rebutera pas les lecteurs plus chevronnés
  • Mélange Bronze age-modern age qui fonctionne
  • Les intrigues variées mais qui se rejoignent
Les points négatifs:
  • Style bronze age qui peut rebuter…
  • … avec son cortège de bavardages

“La figure costumée quasi légendaire de Batman hante la nuit, pourchassant la vermine criminelle comme le fait la créature ailée qui lui a donné son nom.”


  • Scénario : Steve EnglehartDessin : Marshall Rodgers, Walt Simonson, Sal Amendola, Javier PulidoCouleurs : Jerry Serpe, Glynis Wein, Dave Stewart, Chris Chuckry


Je kiffe vraiment les comics pré “modern age”, mais, conscient que ce n’est pas le cas de tout le monde, je me suis pondéré pour ce qui est de la notation. Ce livre est l’exemple parfait d’une bonne histoire de Batman qui fait intervenir à bon escient beaucoup de personnages emblématiques, mais aussi d’un scénariste qui a de la suite dans les idées. Pourquoi de la suite dans les idées ? Tout simplement parce que ce livre est composé de deux parties principales parues à 30 ans d’écart qui ne sont finalement qu’une seule et même intrigue.

Et quelle intrigue ! Celle-ci suit la relation à travers les années de Bruce Wayne et de Silver St Cloud, une des rares petites amies du milliardaire qui connaissent son secret et donc son vrai visage. Entrent alors dans le bal Hugo Strange, le Joker, le Pingouin, Deadshot, l’Épouvantail… Et quelques personnages moins connus comme “boss” Thorne où le Dr Phosphorus. Et bien plus q’une succession de duels ou qu’un amoncellement de vilains le tout s’enchaîne de façon extrêmement fluide et en servant l’histoire.

Le livre s’articule donc en deux parties : une “bronze age” composée de Detective Comics #439 et #469 à 476 datant de 1974 et 1977-78 et une “modern age” composée de Batman Chronicles #19 et Batman Dark Detective #1 à 6 parus respectivement en 2000 et 2005 aux Amériques. D’ailleurs le Detective Comics #474 (le ricochet de Deadshot) apparaît déjà dans Batman Anthologie et Detective Comics #475 (Le poisson qui rit), lui, apparaît dans Joker Anthologie, ce qui gâche un peu la lecture en amenant un coté déjà vu, et fait un peu doublon.

Batman Dark Detective

Le scénario est exclusivement signé Steve Englehart et comme je le disais plus haut, il tenait une bonne histoire et l’a développée à trente ans d’écart tout en intégrant cela à l’histoire. Tout commence par l’attaque du mystérieux Dr Phosphorus qui a empoisonné Alfred. Batman se met à le traquer, tout en tentant de mener une vie personnelle avec la rencontre de Silver St Cloud (qui découvrira sa double identité) et en étant sous le coup d’un mandat d’arrêt décidé par le conseil municipal sous la coupe du “boss” Thorne. Intervient alors Hugo Strange qui piège Bruce Wayne et découvre lui aussi le secret du Chevalier Noir. Un épisode qui fleure bon le comics à l’ancienne ! Et ce n’est pas forcement une critique, pour ma part c’est plutôt un compliment . Car je suis un grand fan des envolées lyriques, des dialogues bavard et des évidences dites tout haut ! Par contre je me dis que ce n’est pas le cas de tout le monde et je me dis que cette partie sera peut être un peu plus compliquée à lire pour ceux là. Néanmoins sachez que c’est extrêmement bien écrit, parfois un peu grandiloquent, mais encore une fois moi j’adore !

La deuxième partie reprend là où s’est terminée la première, quelques années après leur séparation (presque 30 ans en vrai, quelques années par la magie des comics), les deux anciens amants se croisent lors d’un meeting politique avec comme vedette le nouveau fiancé de Silver St Cloud. Mais l’amour, le Joker et l’Épouvantail vont s’en mêler et nous servir une intrigue aux petits oignons. Ici point de charme désuet puisque ce comics nous vient tout droit des années 2000. Mais une intrigue solide avec des trouvailles assez géniales comme l’apparition du Docteur Double X et une histoire géniale de clone.

Et c’est incroyable comme ces deux histoires faites avec autant de temps d’écart se complètent. Certes le fait d’avoir le même scénariste aide, mais généralement en autant de temps, l’écriture change, évolue, parfois en mal, mais l’art d’entrecroiser les intrigues, de faire intervenir les méchants de premier plan et les seconds couteaux est toujours le même. Franchement assez génial.

Batman Dark Detective

Le dessinateur principal est Marshall Rogers et il intervient a la fois sur le volet des années 70 et celui des années 2000. Et là force est de constater que le trait a énormément évolué avec le temps. S’il est extrêmement classique en 1977, classique mais agréable à l’œil. il est plutôt déroutant de constater à quel point il est atypique dans les années 2000, notamment si l’on compare avec l’histoire précédente dessinée par Javier Pulido. En effet le numéro de Pulido ressemble un peu au design d’un Batman TAS, avec parfois un petit manque de détails surtout dans les visages, mais rien qui rende l’ensemble désagréable. Pour revenir à Rogers, son trait est, évidement, plus empreint du même classicisme dont il faisait preuve en 77, même s’il a nettement évolué. Les visages sont extrêmement détaillés et font même parfois penser à des caricatures sur les gros plan. C’est un peu déroutant au premier abord mais on s’y fait très vite et finalement cela rend le Joker, par exemple, encore plus effrayant. Bref du tout bon de ce côté là aussi.

Un petit mot sur Walt Simonson qui signe les premiers numéros de la première série. Ses dessins sont extrêmement fins avec des visages bien plus détaillés que ceux de Rogers qui lui succède sur la série. Les couleurs sont aussi plus vives, c’est vraiment beau. Pour le dessin aussi c’est un quasi sans faute, évidement il est bien difficile de comparer avec une série actuelle car les moyens n’ont rien à voir, mais on est bien loin de certaines séries qui piquent les yeux faute d’avoir bien vieilli ! C’est à peu près le même constat en ce qui concerne Sal Amendola qui signe le numéro qui ouvre le recueil.

En conclusion, pour moi ce recueil est un indispensable dans la collection Batman. Bourré de trouvailles (avec le Joker et ses Poissons-Joker qu’il veut déposer en tant que marque, par exemple), un fan service formidablement bien amené et naturel, du talent à tous les étages et toutes les pages, je ne peux qu’en conseiller la lecture. D’ailleurs ce qui m’a retenu de ne pas mettre une demi-étoile de plus, c’est tout simplement que je suis conscient que le style plus old-school de la première moitié peut ne pas plaire à tout le monde. Il serait néanmoins bien dommage de passer à côté simplement pour cette raison, franchement si vous n’êtes pas fan de cette époque faites vous un peu violence au risque de passer à côté de ce morceau d’anthologie.

6 Commentaires

  1. Je dois dire que j’ai pour ma part du mal à considérer ces deux arcs comme une seule et même histoire.
    Le premier run avait montré un combat épique contre Phosphorus, réinventé Deadshot, confronté Batman à la découverte de son identité secrète, introduit un nouveau love interest intéressant et mis en scène l’une des meilleures histoires du Joker, le tout dessiné par un Marshall Rogers au mieux de sa forme (je trouve que c’est l’un des moins bons trucs de Simonson par contre).
    Sa suite, Dark Detective est bien moins mémorable. Les connexions avec le premier run sont là mais en réalité, c’est surtout une histoire du Modern assez médiocre, avec un Joker peu intéressant, des Two-Face et Scarecrow complètement inutiles et une Silver devenue bien fade. Le trait de Marshall Rogers est moins beau, ses compos moins inspirées et les couleurs ne marchent pas avec le dessin.
    Après, je pense que l’album mérite vraiment l’achat pour la première moitié.

    • Complétement d’accord ! Seule la première moitié de l’ouvrage enrichit intelligemment la mythologie Batman du modern age ; première moitié qui, paradoxalement, est issu du silver age. La deuxième moitié, bien que faisant parti du modern age, n’apporte absolument rien. Une histoire somme toute classique faisant intervenir des événements encore plus farfelues que celle du silver age (dr double X et ses clones…) et ne sachant pas du tout exploiter la galerie classique des vilains (double face a l’air d’être tiré d’un épisode avec Adam West…)

  2. Mis à part le fait qu’il y ait des doublons avec ” Le ricochet de Deadshot ” et ” Le poisson qui rit ” que j’ai déjà lu, ayant en ma possession Batman Anthologie et Joker Anthologie. J’ai beaucoup aimé ce livre, notamment le trio Bruce Wayne, Silver St Cloud et Evan Gregory (homme politique intègre et courageux), ce qui fait du bien (même en comics), comparé à la réalité ambiante.

  3. Super article, seulement je me posais la question, dans Joker Anthologie, l’histoire du poisson qui rit et elle complète ?

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