Harley Quinn Annual #1
Les points positifs :
  • Très drôle.
  • Graphiquement réussi.
  • Le duo Harley/Ivy
Les points négatifs :

[list]

  • Un gimmick indisponible en version digitale.
  • Une histoire anecdotique (mais qui sert de support à de bonnes vannes).

“COME AN’ GET IT BOYS !” – Harley Quinn


  • Scénario : Amanda Conner & Jimmy Palmiotti– Dessins : John Timms & guests  – Couleurs : Paul Mounts & guests– Couverture : Amanda Conner & Paul Mounts.
  • DC Comics – Harley Quinn annual #1 – 32 pages – 2,99$ – 29 octobre 2014

La série Harley Quinn version New 52, écrite par le talentueux couple Amanda Conner/Jimmy Palmiotti s’offre son premier annual, et quoi de mieux qu’un gimmick totalement barré pour fêter cette occasion ? Le comic-book en question a donc droit à une petite feature amusante, annoncée sur la couverture sous les termes de “rub ‘n smell”, ce qui correspond en fait ce que l’on appelle couramment l’odorama. Au cours du numéro, le lecteur devra donc passer le doigt sur des pastilles, indiquées par Harley Quinn elle-même, et renifler les pages de l’ouvrage pour sentir diverses odeurs plus ou moins plaisantes. Personnellement, je tiens en horreur tous les gimmicks, et je fais partie de ceux qui n’aiment pas les couvertures 3D et autres artifices visant à vendre des comics médiocres. Cette fonction rub ‘n smell est-elle un cache-misère, ou apporte-t-elle quelque chose à un bon épisode de cette franchise populaire ? Eh bien vous le savez probablement déjà, puisque mes notes sont juste au-dessus de ce paragraphe.

Cet Annual est une bonne surprise, l’équipe créative habituelle du titre est au rendez-vous, accompagnée de guests, et l’esprit cartoony qui caractérise cette version d’Harley Quinn est clairement présent, de même que le cassage du quatrième mur qui rappelle un peu ce que fait un certain mercenaire chez la concurrence (pas Slade, l’autre Wilson, si vous voyez de qui je parle…). L’histoire est simple : notre anti-héroïne est contactée par Poison Ivy qui dit se trouver en danger, et elle décide de venir en aide à sa meilleure amie (parce que oui, ces deux là sont BFF depuis Batman : TAS, rappelez-vous). Évidemment, tout ne se passera pas comme prévu et nos deux amies seront rapidement confrontées à une drogue hallucinogène, dont on nous invite à sentir l’odeur de hmm disons “chlorophylle”. Cet événement servira de prétexte aux changements d’artistes, puisque le numéro comprend de nombreux invités, qui nous proposent des scènes plus délirantes les unes que les autres.

Le récit est très rythmé et tout s’enchaîne à cent à l’heure, ce qui colle parfaitement à cette version d’Harley Quinn qui semble souffrir d’hyperactivité et ne s’arrête jamais, pour notre plus grand plaisir. Dès le début, on est plongé dans l’action et c’est avec joie que l’on découvre notre protagoniste portant la veste de sa version “bombshell”, à laquelle il est explicitement fait référence. Rien n’est pris au sérieux dans cet Annual, et nous avons droit à une histoire totalement barrée, et l’on sent que les auteurs assument à fond cette direction, peut-être même plus que dans la série régulière (c’est probablement la densité de l’épisode qui m’a donnée cette impression). Il est fort appréciable de voir qu’une bonne partie du numéro repose sur l’amitié entre Harley et Ivy, ce qui m’a rappelé les meilleures heures du Bat-verse, qu’il s’agisse de la série animée de Bruce Timm ou de la série Gotham City Sirens, et je me suis mis à espérer que l’idée de retenter une série “girl-poweresque” de ce style avec les mêmes personnages allait germer dans la tête de l’un des éditeurs de chez DC Comics (après tout, ils tentent de conquérir un lectorat plus féminin, ces derniers temps… Oui je sais que je défends cette idée alors que je suis un grand type chauve, ce n’est pas la peine de me le rappeler !).

Graphiquement, le comic-book est une véritable réussite,  les dessins de John Timms, colorisés par Paul Mounts, sont magnifiques, dans ce style cartoony très proche de ce que fait Amanda Conner lorsqu’elle tient le crayon, et les guests ne sont pas en reste. On a notamment droit à quelques pages dessinées et colorisées par l’artiste croate Stjepan Sejic, qui travaille beaucoup dans l’univers des comics indépendants (je vous invite à jeter un œil à sa série Death Vigil, s’ils vous reste quelques dollars après avoir acheté vos comics DC préférés, bien évidemment). Jamais Poison Ivy et Harley Quinn n’ont été si belles que dans cette courte scène, et je ne vous mens pas. Les autres invités travaillent dans des styles délirants, proches de ce que proposent des dessins animés enfantins mais bien barrés, comme il en pleut par dizaines sur Cartoon Network. L’on peut donc affirmer que sur le plan visuel, cet annual est une réussite.

Et qu’en est-il de ce fameux gimmick “rub ‘n smell” ? Et bien l’usage est particulièrement habile et correspond au style complètement délirant adopté par les scénaristes, chacune des “pastilles” odorantes est introduite par une petite Harley Quinn qui vous informe un peu sur l’odeur en question, et l’on nous propose de renifler des choses sympathiques (le cuir de sa veste, sa crème solaire…) ou peu ragoûtantes (certaines odeurs sont assez corsées, je pense à une sombre histoire d’haleine que vous découvrirez par vous-mêmes…). J’ai étrangement été séduit par cette idée d’odorama, qui est assez amusante et semble justifiée par l’ambiance de cet annual. Pour une fois, je comprends l’intérêt d’un “comic-book gadget” et je vous conseille de tenter l’expérience, même s’il est vrai que vous aurez l’air d’un parfait psychopathe si vous sentez vos pages en public.

Ce premier annual est donc une réussite, et tous les fans de la série dans sa version New 52 seront ravis. C’est très drôle, c’est très beau, on a droit à quelques blagues très “méta” assez réussies et le numéro ne peut vous rendre le personnage d’Harley Quinn que plus sympathique. Ajoutons à cela un gimmick Rub ‘N Smell assez réussi, qui a le mérite de vous faire renifler quelques odeurs originales et pour une fois, je ne suis pas déçu d’avoir lâché six petits dollars pour un petit one-shot. Laissez-vous donc tenter ! (Et privilégiez la version papier, bien sûr).

7 Commentaires

    • Je ne suis pas suffisamment calé en herbe pour te répondre en étant certain à 100%, mais ça n’avait pas vraiment l’odeur de gazon.

  1. Bon, en numérique on ne profite pas des senteurs de ce numéro, mais on s’amuser bien quand même. Et cet annual est dans la lignée de la série : pas indispensable mais ça procure de bons moments de lecture et on s’amuse bien avec le délire permanent. J’ai aussi l’impression que cette série est l’occasion pour certains dessinateurs de se lâcher un peu. :-)
    En tout cas, j’espère que cette série sera dans le catalogue de DC pendant encore un bon moment, vu qu’on n’a plus Larfleeze il nous faut au moins un titre pour tenir le flambeau du délire.

  2. […] On le comprend, c’est pour lui un réel plaisir de nous retrouver chaque semaine pour lire nos avis détaillés sur les sorties Vertigo, New 52 et Beyond the New 52 de DC Comics. Cette cinquième semaine de sorties d’octobre était plutôt calme, avec surtout des numéros annuals, mais quelques sorties importantes comme le dernier numéro de Brian Azzarello et Cliff Chiang pour la série Wonder Woman qui a mérité une critique complète, tout comme le premier annual d’Harley Quinn qui sent bon des odeurs bizarres. […]

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