trinity of sin #1 review
Les points positifs :
  • Le retour de la Question !
  • La trinité du péché enfin réunie.
Les points négatifs :
  • Un certain manque de conviction générale.
  • Des dessins trop fades pour un titre qui se veut plutôt personnel.
  • Une menace trop manichéenne ?

“I was born into an age of glorious night. No joy. No hope. No Love. Only sin and darkness.” – Nimraa


  • Scénario : J.M. DeMatteis – Dessins : Yvel Guichet (crayon), Jason Gorder (encrage)  – Couleurs : Gabe Eltaeb Couverture : Guillem March et Tomeu Morey
  • DC Comics – Trinity of Sin #1 : The Wages of Sin – 32 pages – 2,99$ – 15 octobre 2014


The Question, Pandora et le Phantom Stranger vivent leur vie, plus ou moins tranquille suivant la personne. Les derniers évènements pour certains d’entre eux étant particulièrement mouvementés et les ont quelques peu malmenés. Pour la Question, on le retrouve dans son appartement, en pleine nuit, en train de parler à une collocatrice, qui ne va pas tarder à se transformer en démon… Charmant. Le Phantom Stranger s’extasie sur le fait qu’il est enfin libre de suivre sa propre voie, sans avoir à suivre à la lettre, l’autre Voix avec un V majuscule. Il est avec son ami Terrence 13 qui se voit malencontreusement empalé par l’épée brulante d’un autre démon… Tout aussi charmant. Et enfin, Pandora se prélasse sur la plage, une plage sur laquelle elle n’avait pas posé les pieds depuis des centaines d’années. C’est beau, c’est bien, le soleil, la mer, tout ça. Et là, un raz de marré produit par un troisième démon vient ravager tout ce beau paysage et les gens qui sont dessus, accessoirement. Oui, vous savez aussi ce que je vais en dire, terriblement charmant.

Un peu plan plan

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Le ton est donné et la Trinité du Péché va devoir faire face à un ennemi encore partiellement inconnu, visiblement profondément malsain et qui rentre cash dans l’excès. Je dois avouer que ce numéro m’a clairement laissé dubitatif et sur ma fin. La série Phantom Stranger de DeMatteis restera je pense l’une de mes séries favorites des New 52 pendant encore un moment. Ici je m’attendais sans doute à un genre d’apothéose magnifique qui réunit les trois entités en prenant compte des derniers évènements et développant leur caractérisation de bout en bout. C’est certainement ce qu’on aura sur le long terme, DeMatteis doit encore apprivoiser tout ce monde. Mais je dois dire que j’ai trouvé vraiment l’exécution de ce premier numéro, très froide et assez déconcertante. Nous sommes loin du souffle spirituel et épique qu’avait la série TPS sur sa fin (non, rien à voir avec l’offre TV par satellite aujourd’hui disparue). Alors oui, les pièces sont posées concernant les personnages, et on retrouve bien notre Stranger comme si on ne l’avait pas quitté (d’ailleurs, on l’a pas quitté en fait). C’est d’ailleurs la partie qui m’a le plus convaincu pour l’instant. Mais sur les autres personnages, l’ensemble est encore trop évasif. Si Pandora a aussi quelques bagages, on se contentera de celui de Marcus et on oubliera ses dernières frivolités avec S.H.A.D.E. notamment (avant le fameux numéro Five Years Later, qui évidemment, est pour l’instant ignoré, sans surprise de ce côté là). Mais le vrai bémol de l’histoire, c’est cette menace qui se présente comme manichéenne au possible.

Une menace aux fraises

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Et c’est bien là que se pose mon cas de conscience. DeMatteis part encore, je le pense, sur une histoire spirituelle sur la lignée de son run sur The Phantom Stranger. Mais la présence de ces démons ici est amenée sans finesse, comme une cuillère que vous échapperait dans un bol de soupe, qui fera déborder l’ensemble et vous éclaboussera avec affront. Ce sont des démons, ils sont méchants. Derrière se profile une menace qui n’aime pas la lumière et se nourrit de l’obscurité (en gros), parce que la lumière c’est bien et l’obscurité c’est mal. Et puis voilà. C’est bien cette première et dernière page qui tentent vaguement de nous convaincre qu’il y a plus derrière cette simple menace, mais très franchement, en tant qu’accroche, pour un premier numéro, c’est assez limite. Et décevant. Surtout pour un auteur qui d’habitude, sait poser ses intrigues avec classe, qui font souvent appel à une mythologie connue et reconnue. Ici je n’ai rien vu de ce genre, mais c’est peut-être ma propre culture qui est à remettre en doute (si ce n’est l’aspect du monstre en dernière page, qui peut évoquer sans conviction certaines idées). Nul doute qu’il s’agit là juste d’un faux départ et que la grandeur de cet arc se révèlera par la suite, mais la sensation assez salée que DeMatteis n’a pas grand chose à raconter ici pique un peu. L’important c’est d’avoir confiance, et je sais que DeMatteis n’est pas un auteur qui avance en aveugle. Peut-être a-t-il eu du mal à poser un départ franc pour ne pas trop empiéter sur l’importance des numéros qui suivront, et je sais qu’il a une histoire forte à raconter. C’est juste que je n’arrive pas encore à mettre le doigt dessus, et je ne suis pas habitué avec lui. Toujours est-il qu’il reste un enjeu dramatique posé sur ce numéro, qui n’aura eu d’efficacité pour moi que sur la partie du Stranger, sans doute parce que c’est la seule qui s’appuie réellement sur l’existant pour faire vibrer le lecteur, donc encore une fois, tout n’est pas à jeté. Mais…

Des dessins vraiment fade (sauf peut-être les pages collées dans cet article…)

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… Une des forces assez marquée de TPS, c’était bien souvent sa touche graphique, qui n’a jamais été aussi formidable que sous la plume de Philip Tan, mais de base, le ton et l’unité graphique restait une valeur sûre et plaisante… Ici, Yvel Guichet et le coloriste Gabe Eltaeb font mal. Ils font mal à l’esprit qui était présent dans la série Phantom Stranger (ce qui est peut-être voulu vous me direz) et se rapproche un peu plus d’un Pandora, plus lisse et moins beau. Des visages approximatifs, des expressions un peu curieuses par moment, et plus on avance, plus j’ai du mal avec les traits et les couleurs fades. Je trouve l’ensemble de plus en plus impersonnel. Mais bien évidemment, quand on parle de dessins, c’est difficile d’être catégorique. De plus, je ne peux pas dire avec affront que c’est moche. Il n’y a qu’à voir les splash pages posées sur cet article et sur lesquelles est passé tout le soin des artistes, pour s’en convaincre. C’est juste que sur l’ensemble du numéro, j’espérais que l’esprit de la série du Stranger survive vraiment à travers ce nouveau titre. Et les dessins ne suivent clairement pas là dessus non plus. Par contre, c’est Guillem March sur la cover, comme sur TPS, et ça c’est trop bien !

Ca ressemble à du Phantom Stranger, ça en a vaguement la texture, en plus épurée, mais ça n’en a pas encore le goût. Ce premier numéro est malheureusement décevant. Pas mauvais, juste décevant. Sans doute ai-je placé mes attentes trop hautes. Mais cessons quelques peu ces jérémiades, car je crois qu’il est important de faire confiance aux auteurs un tout petit peu. Je ne vais clairement pas condamner le titre pour autant, car je suis intimement persuadé que tout ceci est juste un numéro un peu en dessous du run de DeMatteis sur cette franchise. Il lui faut le temps de s’adapter, de poser ce nouveau statu-quo qui va nous faire suivre non pas un, mais les trois membres de la Trinité du Péché. Et ça, c’est la classe. Je pense qu’il y a une certaine ambition derrière cette histoire, une ambition qui joue les timides, les effarouchées, et qui veut nous surprendre au tournant d’une nouvelle page. Et c’est que ça m’embêterait presque de potentiellement vous faire fuir cette série alors qu’elle méritera très certainement votre regard comme TPS aurait du le mériter. J’ai confiance, et je vais poursuivre le chemin quoiqu’il arrive. Et cette frustration se transformera bientôt en illumination ! Peut-être… C’est DeMatteis quand même !


Un avis supplémentaire c’est bien aussi !

Contrairement à mon camarade, je n’ai pas lu de A à Z la série Phantom Stranger, et je ne suis pas un grand connaisseur ou fan de J.M. DeMatteis. Ce qui fait que je n’attendais pas grand chose de cette série, que j’ai voulu suivre plus pour voir ce qu’allait devenir Pandora qu’autre chose. Aussi, je n’ai pas recherché à retrouver l’ambiance de Pandora ou de Phantom Stranger dans cette nouvelle série, en gageant que l’auteur puisse se renouveler plutôt que simplement continuer à servir la même soupe qu’il faisait avant (même si c’était de la très bonne soupe). Et pour le coup, je n’ai pas été déçu : je n’en attendais rien, et je n’ai rien eu. C’était un numéro extrêmement plat et attendu. Des ennemis qui s’en prennent à trois personnages que tout oppose, et qui vont être amenés à faire face ensemble contre une menace commune. Je recherchais pas forcément d’originalité, mais qu’est-ce que c’est banal, tout de même. Le seul côté qui m’a plu un minimum c’est celui de faire intervenir des démons, qu’on ne retrouve plus trop dans les New 52 ces derniers temps. Mais voilà, j’attendrais de voir ce que vaudra la suite, parce qu’en termes d’introduction, de présentation de personnages, la besogne est relativement bien remplie, mais ça ne donne pas envie de poursuivre la lecture. Quelques bonnes idées de mise en page au fil du numéro sinon, mais les traits ne sont pas très gracieux, et Pandora réussit même à être plus moche que sous les traits de Portela, mince alors ! On verra ce que donnera la suite, mais ce premier essai ne m’a absolument pas emballé.

– ArnoKikoo

3 Commentaires

  1. Bof. Oui, je peux résumer mon avis sur ce numéro en un mot. :-)
    Le démarrage est très convenu et y a rien qui me fasse piaffer d’impatience pour la suite. Pourtant, je sais que DeMatteis peut faire du très bon, et ayant beaucoup apprécié The Phantom Stranger, j’ai de grosses attentes sur ce titre. Reste à espérer que c’est juste un démarrage un peu foireux et que tout ça va prendre de la consistance et du sens dans les prochains numéros, et nous montrer que ToS sera une aussi bonne série que TPS.

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