Alors que le premier acte de Godhead vient de commencer dans les pages de la série Green Lantern par Robert Venditti et Billy Tan, ce Showcase a pour vocation de parler un peu des New Gods. Il est évident que ces personnages ont une place cruciale dans l’univers DC, et chaque génération de lecteurs a été marquée par leur apparition dans de très gros événements, comme Final Crisis, ou même par la présence de héros issus de cette franchise qui sont intervenus dans d’autres titres, comme c’est le cas d’Orion, qui est venu nous saluer dans les pages de Wonder Woman, ou de Mr Miracle que l’on retrouve actuellement dans Earth 2 et dans la série hebdomadaire Futures End. Plongeons-nous alors dans le passé pour revenir sur le deuxième épisode de la série consacrée aux aventures d’Orion, dans un comic-book signé par le King Jack Kirby himself. Car oui, Jack Kirby, ce n’est pas seulement l’homme qui a inventé le plus gros des troupes de chez Marvel, mais c’est aussi un auteur à qui DC doit beaucoup, tant le Fourth World reste important de nos jours, et ce n’est pas Grant Morrison qui me contredira dans les pages de son Multiversity (ou du moins, je l’espère !).

« The sinisters warlords of Apokolips strike at earth ! » telle est la phrase d’accroche que nous lisons sur la couverture de ce numéro, qui nous montre un Orion dans une situation périlleuse, alors que Darkseid et ses généraux semblent menacer le lecteurs de leurs regards assassins. L’ambiance est déjà posée, ce comic-book sera cosmique et menaçant, et nous présentera une lutte aux enjeux dantesques, mettant en scène ces fameux nouveaux dieux. C’est du pur Jack Kirby, et si l’on adhère à ce style d’écriture et de dessin, c’est un monument que cet épisode, puisqu’il nous apprend de nombreuses choses sur les planètes d’Apokolips et de Neo-Genesis (et si vous n’aimez pas Kirby, alors c’est tant pis pour vous, mais j’imagine que personne n’est dans ce cas, puisque nous n’avons que des lecteurs de bon goût chez DCPlanet). Comme tous les numéros du King, le numéro s’ouvre sur une splash page, qui présente ici les deux planètes des New Gods face à face, suivie d’une magnifique double splash page, qui nous expose rapidement ce qu’est Neo-Genesis, en un seul dessins, le maître des comics nous décrit parfaitement l’ambiance de ce lieux mythique, où règnent la joie, l’ordre et où tout est à la fois futuriste et mythologique, dans un mélange improbable entre une esthétique grecque, une influence maya et le look kitsch des films de science-fiction à la Flash Gordon. Rien que ça.

Une fois cette présentation rapide et efficace terminée, le personnage du High Father est introduit, biblique et futuriste à la fois, qui nous apprend d’une façon bien mystique, grâce à des lettres de feu, qu’Orion est déjà au combat et que d’autres doivent l’accompagner dans sa lutte, ce que le jeune Lightray est impatient de pouvoir faire. Mais le Patriarche de Neo-Genesis ne l’entend pas de cette oreille, et le pauvre petit se voit contraint et forcé d’appliquer cet ordre. C’est alors que nous quittons la planète pour retrouver notre héros, Orion, qui ouvre une porte et découvre derrière celle-ci Darkseid, assis dans un fauteuil, impassible et menaçant ! Nous comprenons que l’action se déroule sur terre, après le passage d’Orion sur Apokolips dans le numéro précédent pour délivrer les otages qui l’accompagnent désormais. Le héros prétend pouvoir en finir de suite avec Darkseid, mais c’était sans compter l’intervention d’un garde du célèbre vilain qui gagne du temps pour que son maître puisse s’échapper, pour se rendre dans une base secrète construite directement sous la ville ! Eh ouais, le seigneur d’Apokolips avait tout prévu, c’est un malin, ce n’est pas pour rien qu’il donnera tant de fil à retordre aux héros les plus emblématiques de la firme par la suite !

Et que cache cette base ? Rien de moins qu’une terrible « Fear Machine » conçue par le redoutable Desaad, prête à intervenir sur un simple ordre de Darkseid lui-même. Évidemment, le vilain s’empresse de faire un essai de cette arme, et, en tyran implacable, c’est sur ses propres paradémons que le test aura lieu ! Eh ouais, on est dans les années 70, et pour bien montrer aux lecteurs qui est le méchant, il ne faut pas y aller de main morte ! Les pauvres soldats sont donc terrifiés suite aux effets de la machine, et Desaad obtient le feu vert de son patron pour intervenir en ville, à grande échelle. Mais qui pourra bien l’en empêcher ? Et ce n’est pas le seul danger qui pèse sur la terre, puisque le terrible Mantis, dont la puissance rivaliserait avec celle du maître d’Apokolips, débarque lui aussi, sortant d’un boom tube ! Nous voilà donc en fâcheuse posture…

L’attaque de Desaad est lancée, et un rayon invisible provoquant la panique chez les habitants de la ville est activé, nous retrouvons Orion qui ne tarde pas à apprendre la nouvelle et à enfourcher sans plus attendre son engin volant emblématique, afin d’aller arrêter la terrible machine. Il y parvient, au grand désarroi de Desaad, qui s’énerve et dit à son maître qu’il faut capturer le héros. Darkseid s’énerve et insulte son subalterne, en lui signifiant que les guerriers de la trempe d’Orion sont faits pour mourir au combat, avec honneur, ce qui n’est pas le cas de la vermine comme Desaad, bien évidemment. Le scientifique semble alors suspecter quelque chose, en évoquant une analogie entre la fierté des gens d’Apokolips et celle de leur ennemi, c’est alors que Darkseid sort une réplique bien mystérieuse pour le lecteur de l’époque « Was Orion my own son– He would be nothing to the purpose of our mission ! » Le seigneur d’Apokolips nous cacherait-il quelque chose ?

Le comic-book se clôt sur Orion et les otages libérés, qui célèbrent leur victoire, mais une tirade tragique de notre héros en fait une figure presque shakespearienne, on le voit réfléchir à sa propre condition, et questionner sous goût pour le combat, cela aurait-il un lien avec les paroles de Darkseid ? Ah les New Gods ! L’univers de Jack Kirby est décidément très riche, et il serait dommage de passer à côté de toute cette mythologie qui donne de l’épaisseur à l’univers DC. Alors, si vous ne l’avez pas encore fait, avant de vous attaquer au très prometteur GodHead, lisez les épisodes où tout a commencé, hail to the king of comics !