Afin de m’épauler sur ce numéro un peu spécial, j’ai sollicité les lumières d’un fanboy hardcore de Mike Mignola et de l’univers du démon cornu : ladies and gentlemen, please welcome Panatrog. Un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse. Je vous recommande vivement d’aller retrouver le monsieur sur son site, c’est un gouffre infernal de connaissances sur Mignola.

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Je rappelle que cette chronique n’a pas vocation d’être exhaustive – pour ça vous avez Wikipedia (ou pas) – et qu’elle ne reflète que mon avis personnel sur des aspects bien précis sélectionnés pour des causes artistiques et « pédagogiques » bien précises. Avis aux terroristes cornus 2.0 de ma chronique, prenez votre xanax vous allez en avoir besoin. Pour les autres, bonne lecture et comme toujours rendez-vous sur le topic de la chronique sur le forum ou sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheArtOf.

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Porte d’entrée: des débuts dans l’ombre (portée)

Mike Mignola est né un 16 septembre 1960 à Berkeley, une municipalité de l’agglomération de San Francisco, en Californie (comme Ben Affleck, même si on s’en fout royalement) (1). Alors âgé de 19 ans, le jeune Mike commence sa carrière dans le fanzine The Comic Reader en 1981 en illustrant des messages publicitaires (2). Sa première illustration publicitaire se trouve en page 9 du numéro 183 de Comic Reader et concerne le personnage de Red Sonja. Si c’est pas de la précision ça. Il réalise sa première cover pour The Comic Reader #196 de novembre 1981 où figurent Dominic Fortune, The Spirit et Doc Savage.

L’année d’après, Mike Mignola termine ses études au California College of the Arts en obtenant son BFA en illustration (3). Immédiatement après être sorti diplômé du CCA, Marvel repère le talent du jeune artiste et lui propose un poste en tant qu’encreur sur plusieurs titres tels que Power Man & Iron Fist, Masters of Kung-Fu, Daredevil ou encore The Defenders. En 1985, Marvel propose à Mike Mignola de publier sa propre mini-série sur Rocket Raccoon, tandis qu’il participe à d’autres titres comme The Incredible Hulk ou encore Alpha Flight (2) et enchaîne les covers.

Depuis 1986, Mike Mignola est un artiste indépendant et travaille aussi bien sur ses propres créations que pour Marvel et DC Comics. Il est justement chargé en 1987 par ces derniers d’illustrer le Phantom Stranger ainsi que le très controversé Superman de John Byrne sur la mini-série World of Krypton, faisant partie d’un triptyque de DC Comics/John Byrne (compter The World of Metropolis et The World of Smallville) pour fêter les 50 ans de l’ange de Métropolis (4).

Une fois arrivée chez DC Comics, Mignola a surtout quitté le poste qu’il détestait occuper chez Marvel et qui l’aura dégoûté à jamais des grosses maisons d’édition comics, celui de Yes-Man. DC lui a donné l’opportunité de bosser sur des titres cosmiques (…)

Dont le lien thématique avec Lovecraft (5) et l’amour que porte Mignola à l’univers cosmique de Jack Kirby sont évidents.

(…) ainsi que sur des histoires sombres, virant souvent vers le macabre ou bien l’horreur. Pour le coup, c’est donc surtout l’aspect thématique qui, ici, différencie son passage chez DC de celui chez Marvel, et qui le conduira de façon organique vers le Hellboyverse.

Le style clair, hautement esthétique, épuré et communicatif qui fait aujourd’hui la renommée de Mignola et qui est souvent rapproché d’un autre monstre du comics tel qu’Alex Toth (6), a bien sûr connu une grande évolution. Certains lecteurs ont peut-être été surpris en achetant récemment le sixième numéro du Marvel Universe de Panini sur Rocket Raccoon. En effet la cover, dont le style significatif ne vous aura pas échappé, est bien sûr signée Mike Mignola mais cette dernière date de 2010 pour la mini-série Annihilators : Earthfall écrite par Andy Lanning et dessinée par Tan Eng Huat. Rien à voir donc avec la mini-série Rocket Raccoon de 1985 quant à elle bien dessinée par Mike Mignola. Le style est donc à juste titre daté.

En fait le style de Mignola dans ces années là est symptomatique du syndrome du dessinateur fraîchement diplômé. Son « génie » peut se voir, du moins pour mes petits yeux de fanboy, dans certains choix de cadrage ou bien encore dans la gestion de la lumière et de l’encrage. Il est primordial de revenir sur les influences majeures de Mignola, que sont Jack Kirby, Frank Frazetta, Richard Corben et Bernie Wrighston. Le trait de Mignola dans les années 80 peut être vu comme un melting pot du génie de ces artistes de légende. On peut notamment retrouver chez Mignola l’économie de moyens propre à Kirby – gestion « simplifiée » de la lumière et des ombres – ainsi que sa maîtrise de la représentation graphique de l’énergie. Mignola, de par son obsession pour les séries « cosmiques » de Kirby, s’évertuera également à montrer cette énergie – comprendre par là tout ce que l’œil humain n’est pas censé capter – via des traits rapides et secs, des « tâches » et des petits ronds. L’influence de Kirby se retrouve également dans l’épure des anatomies (aucune place chez Mignola au photo-réalisme des corps bodybuildés de ses héros), ainsi que les choix de cadrages mettant au premier plan les mains des personnages – ces mains cadrées au premier plan (que ce soit chez Kirby ou Mignola) sont épurées des fameux traits d’énergie qui pourtant envahissent le reste de la case, montrant ainsi par exemple la violence d’un coup de poing porté à un méchant. À noter également la maitrise de l’encrage propre à Frazetta (des coups de pinceaux énergiques) dont s’inspire Mignola, ou bien encore la gestion des volumes (cela se voit plus sur les illustrations de Mignola que dans ses cases) si chère à Corben. Mignola est encore en formation en somme, piochant parmi les maîtres.

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L’envers du décors et l’enfer des corps: un schéma de composition totémique

Plutôt que de chercher ce que l’on peut retrouver du Mignola actuel dans « l’ancien », il est plus judicieux de pointer du doigt ce que l’on ne retrouve justement pas dans ces planches de l’époque.

Immanquablement, je dirais les pleines pages picturales et l’économie du nombre de cases dans ses planches. Je trouve que les planches de Mignola étaient à cette époque particulièrement chargées, et si on compare sa narration d’avant à celle d’aujourd’hui, c’est tout simplement le jour et la nuit. D’autant que son coup de crayon d’aujourd’hui exprime encore ses influences Kirbyennes, une gestion de la lumière (une seule key light suffit bien souvent) et les gros aplats d’encre pour représenter une obscurité entourant/écrasant ses personnages.

Le trait de Mignola est tellement angulaire qu’on dirait qu’il sculpte ses planches au burin. Ajoutés à cela des aplats de couleurs oppressant les personnages de Mignola dans leurs cases respectives ou au contraire leur donnant une intensité profonde, une énergie quasi nucléaire pour reprendre les termes de Joann Sfar à propos de Jack Kirby. (7)

Kirby, c’est l’énergie nucléaire et moi, je suis irradié.

L’amateur un tant soit peu attentif à l’art de Mignola aura tôt fait de constater des similitudes au niveau des compositions des covers de l’artiste. Pour filer cette métaphore du trait quasi sculptural de Mignola, on pourrait presque considérer ses compositions comme autant de totems érigés au centre de ses planches. Une structure aussi centrale que récurrente se dresse au milieu des covers de Mignola. L’artiste, par ce confort de composition (les mauvaises langues parleront à tord de facilité créatrice), évoque ainsi graphiquement et tout naturellement les figures centrales constituant sa narration à venir. Par le biais de ces graphismes totémiques, l’artiste présente au lecteur les fondements même de l’imaginaire Mignolesque, entre bestiaires foisonnants, art symbolique et protagonistes charismatiques prenant la pose.

La verticalité des compositions , la répétition des traits angulaires, la géométrie difforme des corps, la prolificité d’une mythologie toute Mignolesque, bestiale et monstrueuse, participent à nous donner ce sentiment d’évidence face à l’art quasi organique, élémentaire et brut de l’artiste. Une plongée dans un art intemporel. Hellboy n’est pas prêt de se faire vieux tant les traits de son univers sont « simples », archaïques, comme issus du travail d’un artiste d’une civilisation ancienne disparue à mi-chemin entre les sculptures cubistes de Joseph Csaky (8) et les statuettes africaines de la civilisation Nok (9) (l’avantage d’en faire des tonnes c’est qu’au moins l’idée passe bien, vous l’aurez compris).

Pourtant le choix métaphorique du totem n’est pas anodin et ne renvoie pas simplement à la seule verticalité des compositions ou l’idée d’amoncellement d’évocations graphiques servant le récit à venir. Vous l’avez constaté, un imaginaire récurrent parsème la bulle créative de l’artiste. Outre un goût prononcé pour l’horreur, le gothique ou encore le surnaturel de manière très large (grand lecteur de H. P. Lovecraft et Edgar Allan Poe notamment), Mignola se passionne pour les mythes. Le totem de Mignola se compose ainsi d’un fastueux amoncellement de divinités, mythologies et folklores du monde entier, enrichissant toujours un peu plus l’univers foisonnant d’un artiste aussi habile dans sa narration qu’avec son coup de crayon.

Icônes de l’ombre

Un trait d’une « simplicité » et d’une justesse fabuleuse, tel est l’art de Mignola. il fait vivre ses formes, découpe dans la matière. Il nous prouve à chaque fois que l’unidimensionnalité d’une page blanche n’en est pas moins sujette à ces découpages tout autant qu’une pièce de glaise face à la truelle du sculpteur. Sans fioritures, Mignola taille à la serpe ses visages et élague ses paysages lugubres qu’un Tim Burton ne renierait pas.  Et comme une sculpture dans une pièce de musée, c’est par l’ajout d’une ou plusieurs lumières que ses découpes prennent leurs sens, offrant l’effet escompté, celui d’une forme ciselée par les ombres.

Quoi de plus naturel de retrouver ainsi Mignola aux commandes d’un récit majeur du premier justicier de DC Comics évoluant dans l’ombre de sa ville et de lui-même: le bien nommé Batman. En 1989, dans la collection Elseworlds de DC Comics, Mike Mignola signe l’emblématique Batman : Gotham by Gaslight avec ses collègues Brian Augustyn au scénario et P. Craig Russell à l’encrage.

Mignola est un artiste fait pour dessiner du Batman. Les thèmes fétiches de Mignola le rapprochent beaucoup du Caped Crusader et son Gotham by Gaslight en est le parfait exemple – cela vaut également pour Sanctum (ndl. Batman : Legends of the Dark Knight #54), une autre très grande histoire de Batman par Mignola. L’artiste injecte enfin dans ses comics des « presque » pleines pages picturales (faudra attendre encore un peu pour y avoir droit) et ose confronter son ancienne technique d’encrage héritée de Frazetta à celle d’aujourd’hui qui consiste à éponger ses planches avec de l’encre. Sa mise en page se fait plus théâtrale – exposer les traumas de Batman, ça a du être comme adapter Macbeth pour lui. On peut également mentionner la représentation du monstre de Bernie Wrighston qui ressemble beaucoup à celle employée par Mignola pour exposer, et ce de façon dramatique, la confrontation entre Batman et l’horreur personnifiée qu’est Jack l’éventreur (le fantasme ultime du papa d’Hellboy qui en fera un des principaux motifs de son univers démoniaque). Et quand on parle de monstre, on parle d’horreur, et donc de l’intrusion de l’inhumain dans l’humain, soit LE grand thème de Mignola, celui qu’il traînera derrière lui jusqu’à ce qu’il puisse l’injecter dans toutes ses planches du Hellboyverse. Les quelques cases montrant Batman aux prises avec Jack rappellent d’ailleurs à mon goût, de par leur intensité dramatique et la façon dont ils exploitent le thème de l’humain face à l’inhumain, les illustrations de Frankenstein par Bernie Wrighston.

Auteur de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, Mignola a une propension aux postures iconiques qui ne sont bien sûr pas négligeables dans le genre super-héroïque proposé par DC Comics, ni anodin dans l’art séquentiel de l’artiste. Adepte des grandes cases, Mignola frappe l’œil du lecteur par ses aplats épurés noyant les postures prononcées de ses personnages, découpant par ce biais son récit en un rythme d’une puissante lenteur. Un point commun à mon sens avec un certain Tim Sale que j’évoquais le mois dernier.

Ils ont en effet cette faculté je pense de plonger leurs personnages dans des espaces gigantesques, qui sont souvent perdus dans des espaces épurés et traversés/rythmés par des formes géométrique simples, et ce afin de laisser l’œil du lecteur se perdre entre/autour des personnages. Du coup on peut également soulever une passion commune pour le contemplatif, le rythme lent des cases.

De par les postures des protagonistes et le style avec lequel ils sont taillés, tellement de cases de Mignola mériteraient d’être érigées en statues. Dans la logique de mon raisonnement concernant l’analogie du style de Mignola et les réflexes créatifs d’un sculpteur largement évoqué vous l’avez remarqué (la métaphore c’est la pédagogie de l’imaginaire), quoi de plus pertinent que d’ajouter pour boucler la boucle l’avis d’un sculpteur. Jonathan Matthews est un célèbre créateur de figurines et statuettes super-héroïques ayant très souvent collaboré pour DC Comics. Grand admirateur de Batman qu’il a souvent sculpté, le style graphique si particulier de Mignola sur ce dernier était aussi naturel que motivant pour en faire une transposition sculptée :

Les personnages de Mignola sont très différents des représentations habituelles des héros de comic books : ils ont des épaules tombantes, des bassins très larges, des jambes courtes et maigrichonnes. Il est presque impensable de sculpter un personnage héroïque avec de telles proportions, mais c’est pourtant ainsi qu’il apparaît dans les dessins. (10)

Vous en êtes maintenant persuadés si ce n’était – je présume fortement – pas déjà le cas, Mike Mignola possède un style inimitable et reconnaissable au premier coup d’œil, forgé depuis des années. Alors on peut comprendre que l’artiste garde un souvenir amère de son expérience sur Atlantide, l’empire perdu pour lequel Disney a voulu singer le style de Mignola, lui même dans la direction artistique du film. Il se souvient que son temps de présence chez Disney se limitait alors à voir des dessinateurs tenter de dessiner comme lui parce qu’on leur avait demandé. Et pour la petite anecdote au niveau de l’animation, Mignola a travaillé sur la chara-design de certains personnages de l’emblématique Batman : The Animated Series de 1991, dont un certain Mr. Freeze. (1)

Conseils de lectures

Pour terminer la chronique en douceur je place ici la question qui me brûle les lèvres depuis le début. Une vraie conversation de comptoir ce numéro décidément.

Quel héros de l’univers DC aimerais-tu retrouver sous l’encre et la plume de Mignola ?

En toute logique, je te dirais Hellblazer. Mais ce serait trop simple, la série étant bien trop proche de Hellboy, cela n’apporterait rien d’excitant de le voir dessiner une photocopie de l’univers horrifique de Hellboy. Nan, à la limite, je dirais Superman. Ouais, Superman. J’aimerais lire un numéro de 32 pages, pas plus, de Superman par Mignola dans lequel on verrait le mec au slip rouge (ndl. la nostalgie du slip?) seul dans sa forteresse de solitude et perdu dans ses pensées. Le décor, que j’imagine gothique et dont les détails seraient sublimés et incorporés dans la narration de Mignola. Et sans oublier le personnage solitaire, incompris et seul membre de son espèce sur Terre… il serait là, assis dans un coin sombre de sa forteresse, bizarrement englouti par les ténèbres de l’encrier de Mignola, perdu dans ses problèmes existentiels de Kryptonien. Ce serait juste trop cool ! La filiation avec le personnage de Hellboy, bien qu’évidente, ne poserait pas de problème avec ce personnage tant le génie de Mignola sert à merveille ce type d’histoire.

Pour ma part c’est le Fourth World de Kirby. Rien que pour l’Highfather et (surtout) Darkseid.

Mais en attendant je vous laisse lire/relire l’œuvre de Mike Mignola (et plus) au travers d’une petite sélection personnelle :

L’incontournable, l’évidence même :

Hellboy, 13 tomes parus, Delcourt, Collection Contrebande

Et pour ceux qui ont déjà dévoré la série originale, sautez sur le retour aux commandes de Mignola sur sa série fétiche, qu’il avait quelque peu délaissée graphiquement surtout pour d’autres projets. Et puis ça tombe bien en juin 2014 on a fêté les 20 ans de la série. L’édition que je vous présente est donc collector, en grand format et (surtout) en noir et blanc ; facette intéressante pour admirer l’artiste autrement (même s’il on regrette les couleurs de Dave Stewart). Un bel objet pour compléter votre collection Hellboyesque :

Hellboy en enfer. Secrets de famille, Tome 1, Delcourt, 160 pages.

Autre incontournable, centré sur le Bureau de recherche et de défense sur le paranormal (B.P.R.D.) :

B.P.R.D., 11 tomes parus, Delcourt, Collection Contrebande

Suivi de son spin-off, B.P.R.D. L’enfer sur Terre, 3 tomes parus, Delcourt, Collection Contrebande

Pour retrouver les péripéties d’Abe Sapien, fidèle ami d’Hellboy au sein du B.P.R.D., et savourer le talent d’autres dessinateurs de talent choisis par Mignola  pour l’épauler sur la série, tels que Jason Shawn Alexander, Patric ReynoldsPeter SnejbjergJames Harren et plus récemment les frères Fiumara et l’incroyable James Harren. Les quatre mini-série originales d’Abe Sapien ont été publiées par Delcourt :

Abe Sapien. La noyade, Delcourt, Collection Contrebande, 144 pages

Abe Sapien. La ballade du diable, Delcourt, Collection Contrebande, 144 pages

Tandis que les débuts de la nouvelle série régulière publiée chez Dark Horse compte son premier volume français :

Abe Sapien. Nouvelle espèce, Delcourt, Collection Contrebande, 144 pages

Bien sûr Mike Mignola ne signe que le scénario de toutes ces séries inscrites dans l’univers du B.P.R.D. Je pense aussi aux séries suivantes que je vous recommande chaleureusement, tout en étant simplement conscient de l’absence de Mignola à la palette graphique :

Lobster Johnson. Le Prométhée de fer, Delcourt, Collection Contrebande, 160 pages

Witchfinder. Au service des anges, Delcourt, Collection Contrebande, 160 pages

Beaucoup de dessinateurs de grands talents ont été soigneusement choisis par Mike Mignola himself, apportant une vraie touche originale à son univers. À noter que souvent ces dessinateurs se sentent obligés d’imiter dans un premier temps le style de Mignola, avant de s’en détacher et d’apporter ensuite une réelle teinte plus personnelle (Ben Stenbeck en étant l’exemple parfait à mon sens sur Witchfinder).

Je pourrais vous conseiller les trois tomes de Lord Baltimore, la nouvelle série de Mignola, parus chez Delcourt. Mais, même si l’ensemble est de très bonne facture, je pense qu’un nombre conséquent de lectures incontournables vous attend au sein du B.P.R.D. avant toute chose.

Enfin à ceux pour qui la chronique a donné envie de découvrir l’art de Mike Mignola mais ne souhaitant pas être blacklisté par votre banquier (l’univers d’Hellboy est dense et donc fatalement pas accessible à toutes les bourses), je peux vous conseiller les ouvrages suivants :

Le Cycle des épées, Delcourt, 190 pages

Une adaptation très réussie, en grande partie grâce aux dessins de Mike Mignola, des récits de Fritz Leiber.

Ironwolf, DC Comics, Collection DC Icons, 95 pages

L’un des derniers travail de Mignola chez DC Comics en 1992 (avant de rejoindre Dark Horse pour lancer Hellboy en 1993), aux côtés de l’encreur Philip Craig Russel avec qui il avait déjà collaboré sur :

Batman : Gotham by Gaslight, DC Comics, 112 pages

Que je vous conseille bien entendu, surtout si vous aimez les Elseworlds.

Enfin, pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les coulisses de l’univers d’Hellboy et de l’art de Mike Mignola de manière générale, vous devez jeter votre dévolu sur un seul ouvrage, qui porte très bien son nom :

Hellboy. La Bible infernale, Delcourt, 197 pages

Beaucoup de références inévitables donc, prouvant une fois de plus que Mike Mignola est un artiste tout simplement lui même incontournable.

La chronique se termine dans 106 mots , et j’attend comme toujours vos avis dans les commentaires ainsi que sur le topic de la chronique sur le forum ou sur les réseaux sociaux avec le hashtag #TheArtOf. Je précise également que le sondage pour désigner le prochain artiste de la chronique est en cours sur le topic. Merci aux lecteurs qui ont joué le jeu de la rubrique « L’avis des lecteurs » sur le topic ou par mails. Rubrique que je n’ai pas reconduit cette fois-ci pour me focaliser sur ma conversation avec Panatrog, que je remercie encore une fois (allez voir son site, mais genre vraiment, faites le, I’m watching you).

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Notes :

(1) Site officiel de Mike Mignola
(2) « Mike Mignola » sur Lambiek Comiclopedia, 31 mars 2013
(3) Alumnus Spotlight: Mike Mignola sur le site du California College of the Arts
(4) Mike Mignola sur The Grand Comics Database
(5) H.P. Lovecraft and the horror of comics
(6) « Onward Towards Our Noble Abstraction: The Growing Minimalism Of Mike Mignola And HELLBOY IN HELL »
(7) Joann Sfar à propos de Jack Kirby (repris dans la préface de Jack Kirby Anthologie d’Urban Comics)
(8) Joseph Csaky sur artnet
(9) « Les sculptures de la brillante civilisation Nok au Nigeria »
(10) Entretien exclusif avec le sculpteur Jonathan Matthews, créateur de figurines et de statuettes de super-héros