Critique de Superman : Doomed #2
Les points positifs :
  • Du fun, beaucoup de fun
  • Tout ce pouvoir dans un seul corps
  • Des fois c’est très beau
  • La dernière page !
  • On en veut encore des crossovers comme ça
Les points négatifs :
  • Des personnages secondaires sous exploités
  • Trop d’artistes différents

“You’ve done enough to this universe.” – Superman ? 


  • Scénario : Greg Pak et Charles Soule Dessin : Ken Lashley, Jack Herbert, Szymon Kudranski, Cory Smith, Aaron Kuder, Dave Bullock, Norm Rapmund, Ian Churchill, Vicente Cifuentes – Couleurs : Wil Quintana  – Couverture Guillem March (régulière) et Dan Jurgens (variante)

Commencé il y a maintenant 5 mois (avec les préludes), personne ne savait réellement à quoi s’attendre du retour de Doomsday dans les New 52 de manière concrète. Trois auteurs, aux qualités… différentes, se sont attelés à la tâche afin de rendre justice au personnage et surtout nous raconter une histoire aux proportions épiques dont nous, lecteurs, pourrions nous souvenir pendant longtemps. Dans les faits, c’était surtout pour rattraper les bêtises de Scott Lobdell et lui trouver une porte de sortie pas trop minable pour qu’il puisse garder la tête haute. La preuve en est que son nom a vite disparu de la liste des artistes travaillant sur le crossover impliquant pas moins de 5 séries dont des annuals et même deux numéros spécifiques en guise d’introduction et de conclusion (le guide de lecture est par ici). La comparaison avec l’arc Death of Superman était inévitable et beaucoup ont pensé que nous n’aurions qu’une redite de cet arc désormais classique. Bien fait pour nous, les auteurs nous calment dès le numéro introduction et nous démontrent que leur histoire n’a rien de commun avec celui précédemment cité. Ces derniers veulent raconter leur version de Doomsday et c’est tant mieux.

Superman Doomed #2

Nous sommes en septembre et la conclusion de ce crossover débuté en avril est maintenant entre nos mains et dans un format plus épais que d’ordinaire puisque ce sont 44 pages qui nous attendent. D’ailleurs on reprend directement dans l’action et la continuité du précédent chapitre. Superman n’est plus et c’est peut être là la clé du sauvetage de la planète. Brainiac se révèle enfin à nos yeux même si on le connaissait déjà sous sa forme New 52 alors qu’il ne s’agissait que d’un émissaire. Là, c’est bien lui, le vrai, l’unique, le cerveau derrière tout ce foutraque. Première bonne surprise, alors que Greg Pak et Charles Soule auraient pu tout simplement ne faire qu’une gigantesque baston spatiale en guide de conclusion, ils ne se sont pas laissés aller à la facilité. En réalité ils vont intelligemment utiliser la plupart des éléments disséminés tout au long de l’histoire et même ce que nous avions pu lire lors du Villains Month est intégré. C’est une bonne piqûre de rappel et une bonne méthode pour faire de Brainiac autre chose qu’un autre de ces méchants juste méchants parce que c’est fun et que c’est “comme ça qu’ils sont”. Forcément, certains ne le verrons pas de cet oeil et pourraient même avoir les yeux qui essayent de se retourner. Bah oui, le pauvre, c’est une génie incompris en fait. Vive la position foetale !

Superman : Doomed est typiquement le genre de crossover qui manque aux New 52, ou en tout cas qui lui fait du bien. Pas prise de tête pour un sous sans être complètement écervelé, les auteurs nous servent de l’action, des moments intimistes, prennent le temps de développer les personnages et leurs relations. Comme je le disais en introduction, cette histoire permet de corriger les folies d’un Scott Lobdell en roue libre, mais finalement Greg Pak et Charles Soule sont eux aussi en roue libre et se font bien plaisir et ça se ressent bien. Ils réunissent les personnages qu’ils exploitaient chacun de leur côté comme Lana Lang pour Greg Pak, Wonder Woman pour Charle Soule ou Lois Lane pour Scott Lobdell et c’est bien ce sentiment de réunion qui prédomine. Pour la première fois depuis longtemps, l’univers de Superman, aussi bien lui que son environnement – lieux et personnages secondaires – font face ensemble à une menace commune. Cette sensation d’unité est toute de même assez nouvelle pour la Super-Family et c’est franchement génial. D’ailleurs, Soule et Pak s’amusent à explorer diverses possibilités de futurs (pour rester dans le thème Five Years Later du mois) en fonction des choix que Superman et les autres pourraient faire. Tous ces éléments participent instantanément à créer une variété rafraîchissante, délaissant la possibilité d’un gigantesque affrontement qui essayerait d’en faire trop.

Superman Doomed #2

En fait le réel seul problème du numéro c’est sa liste d’artistes hallucinante. À la couleur c’est simple il n’y a que Wil Quintana. Par contre du côté des dessinateurs c’est juste la folie : Ken Lashley, Jack Herbert, Szymon Kudranski, Cory Smith, Aaron Kuder, Dave Bullock, Norm Rapmund, Ian Churchill et enfin Vicente Cifuentes. Vous avez bien compté, pas moins de neufs dessinateurs se partagent le numéro. Avec autant de mains aux styles très différents il n’est pas étonnant que le passage des uns aux autres ne se fasse pas sans heurt. Certaines pages sont d’ailleurs absolument magnifiques alors que d’autres le sont beaucoup moins. Bon, il faut l’accepter mais pour 40 pages, prévues à l’avance, ça n’aurait pas été un mal d’avoir deux fois moins de participants. Il faudrait aussi que je vous parle de la fin, enfin, la derrière page. Mais plutôt que de déblatérer dessus, je me permets de vous renvoyer vers le très bon Off My Mind du copain Freytaw pour en savoir un peu plus parce que ça va faire pas mal de bruit.

Superman : Doomed fut une grande épopée. Tous les numéros concernés n’ont pas nécessairement étés de la même qualité, il y avait à manger et à boire mais globalement il n’y a pas de doute, c’était tout de même une bonne grosse histoire comme on les aime. Les ingrédients nécessaires pour faire de ce genre de recettes étaient réunis et même quelques surprise y étaient cachées. Depuis le début avec Superman : Doomed #1 en avril, le crossover n’a fait que monter en puissance et des éléments d’intrigue rappelaient furieusement les années 90 alors que l’action nous en mettait toujours plein les yeux dans des scènes ébouriffantes et complètement folles. Les auteurs se sont fait plaisir, ça se ressent puisque nous aussi. Et puis cette fin quoi ! CETTE FIN !


Un avis supplémentaire c’est bien aussi !

Clairement un final à la hauteur de cet event qui aura finalement connu plus de haut que de bas. Les compétences de tous les scénaristes réunis font un bien fou à la franchise, comme si chacun avait su dégommer les défauts des autres. Et ce numéro, qui se conclut de manière assez incroyable, n’est pas en reste. Même si, il va falloir vraiment attendre l’épilogue pour que la sensation d’achevé se fasse sentir, car on peut dire ici que c’est comme si on nous balançait le générique de fin après que le gros vilain se retrouve KO au sol. Quid de la santé de Superman ? Quid des autres protagonistes ? Le numéro met fin à la menace Brainiac et le combat intérieur de Superman se conclu. C’est le principal. Un combat qui, je le répète, a une forte connotation au sein des New 52, où on l’espère, le Superman bourrin et impulsif des débuts va passer la main à un Superman plus réfléchi et encore meilleur, comme on croit le deviner dans le nouveau run de Johns. Le prochain numéro d’Action Comics soutiendra certainement cette thèse, ou non. Dans tous les cas, Doomed fut un crossover fort, relativement dense, comme un Lobdell sait le faire (bien qu’absent des crédits de ce numéro), intelligent, comme un Greg Pak en forme sait le faire, et émotionnellement juste, comme un Charles Soule qui oublie les niaiseries sait le faire. Peut-être que ce découpage n’est pas forcément représentatif de la réalité des faits, mais dans tous les cas, je me plais à voir les choses ainsi, car cette collaboration aura vraiment proposé une histoire qui nous parle et qui parle à Superman, le redéfinissant de nouveau, pour les mois à venir. Avec de surcroît, une utilisation de Doomsday surprenante et intelligente, posée avec un regard auto-critique sur la définition du personnage de Superman depuis le début des New 52. Justifiant l’ensemble et posant un fort clin d’oeil appuyé à tous ceux qui ont su apprécier la franchise pendant cette période (oui, Lobdell compris). Tout comme les auteurs n’ont pas oublié de relier Brainiac à Futures End, avec cette dernière image totalement renversante qui fait aussi écho aux évènements narrés dans Booster Gold : Futures End. Visuellement, c’est un joyeux bordel que nous avons là, avec des dessinateurs différents selon la scène dépeinte, mais l’ensemble rend le tout assez dynamique et franchement réussi (point bonus pour le petit hommage à Bruce Timm en milieu de numéro, si s’en est un, mais ça y ressemble grave !).

 – Freytaw

24 Commentaires

  1. Une bonne fin qui conclu un cross-over assez bien organisé, sans trop de déchet (à part le numéro Supergirl). Il est vrai que la multitude de dessinateurs, pas tous d’égale qualité, donne un côté un fouillis à la chose mais je trouve que ça aide bien à passer les sauts d’une réalité à l’autre.
    Par contre, la dernière planche j’ai un peu de mal à comprendre de quoi il retourne exactement… :p

    • Spoiler Spoiler .En fait Braniac finit par etre assimilé par un truc chelou et on supose qu’il atterit dans une sorte de tour de controle ou il peut observer le multi verse.Il apperçoit des personnages pre new 52 nottament Superman avec son slip rouge,les new TT de Wolfman et Perez oubien encore la JSA .Maintenant reste a savoir ce qu ils vont en faire et surtout est ce que l’univers pre new52 n’a pas continué a evoluer dans une realité parralele a celle des new 52.On ne sait pas non plus qu’est devenue Superman qui est aussi partit dans le trou noir,mais disons que l’interet pour le devenir n’est vraiment pas ce qui nous preocupe.On veut savoir ce qu’ils vont faire
      de l’univers pre new 52

      • Donc, en gros, on sème plein de trucs pour faire frétiller les connaisseurs en attendant la fameuse Crisis. Ils ont intérêt à faire gaffe, si les attentes sont trop élevées, il y a un vrai risque de déception à l’arrivée. :-)
        En tout cas, merci pour le résumé. Peut-être qu’au final il y a deux multiverses qui cohabitent en parallèle, le N52 et le pré-N52, tant qu’à faire compliqué… :p

        • En faite ,Freytaw a du sang Morrisonien dans les veines,si t’a pas quelques references et que tu t’accroches pas a la lecture ça devient compliqué ;).Sinon oui c’est un peu ça l’idée vu qu’il y a la JSA d’earth 2 et Shazam de earth s ou un truc comme ça.Apres je suis pas un connaiseur ,j’ai commencé avec les new52.

      • Ça me rappelle le bon vieux temps quand il avait plein de clin d’oeil comme ça, c’était compliqué, mais on s’amusait à tout décortiquer. lol

  2. Tawtaw, Lobdell n’était que sur un seul numéro du cross-over, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il ait eu un impact important sur cet excellent cross-over.

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