Justice League Tome 5
Les points positifs :
  • Un blockbuster assez réussi.
  • Une ambiance oppressante.
  • Des graphismes réussis.
Les points négatifs :
  • Ce n’est pas le gros event qui était attendu.
  • Un rythme effréné qui ne laisse pas de temps pour le développement des personnages.
  • Un simple prologue à Forever Evil.

  • Scénario : Geoff Johns, Jeff Lemire, Ray Fawkes et J.M. DeMatteis – Dessins : Ivan Reis, Christian Alamy, Doug Mahnke, Mikel Janin, Vicente Cifuentes, Daniel Sampere et Fernando Blanco
  • Urban Comics  – DC Renaissance – Justice League Tome 5 – 19 septembre 2014 – 296 pages –  22,50€

Au début des New 52, DC nous a rapidement teasé un crossover qui aurait dû être le premier event de la nouvelle de continuité. Tout ce que nous en savions c’était son nom, Trinity War. Allait-il être question d’une guerre entre les héros qui composent la trinité ? S’agissait-il d’une guerre fratricide entre héros ? Tout le monde s’imaginait quelque chose d’énorme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet événement aura définitivement déçu, non pas à cause d’un réel manque de qualité, mais parce que de nombreux lecteurs se sont sentis abusés. Et c’est cette histoire que nous propose ici Urban Comics dans ce cinquième tome de Justice League qui reprend les épisodes des séries  Trinity of sin : Pandora, Trinity of Sin : Phantom Stranger, Justice League, Justice League of America et Justice League Dark touchés par Trinity War.

Le tome précédent servait à préparer cet event en nous présentant les membres de la Justice League of America, rassemblée par l’A.R.G.U.S. qui n’a plus confiance en l’équipe habituelle depuis les événement de Throne of Atlantis, et de ce fait on pouvait s’attendre à un affrontement entre les deux équipes. Cependant, l’histoire n’est pas si simple que ça : tout va tourner autour de la fameuse Pandora, ce mystérieux personnage que l’on avait aperçu dans les 52 premiers numéros parus chez DC lors du reboot de septembre 2011. En effet, celle-ci possède un artefact présumé surpuissant, une fameuse « boîte » tout comme son alter-ego mythologique. L’intrigue tournera autour du rôle de celle-ci. En effet, Pandora va demander à Superman de l’aider à ouvrir l’objet afin de pouvoir y enfermer à nouveau les sept péchés capitaux, mais tout ne se déroulera pas comme prévu…

On sent que l’event a une échelle extrêmement importante, et il touche de nombreux personnages de l’univers DC, les trois ligues sont impliquées et l’on sent très vite que les conséquences de ce crossover seront importantes, la tension monte au fil des chapitres, et le drame qui survient vers le milieu de l’intrigue affaiblira considérablement Superman, ce qui changera rapidement la donne. Les différents scénaristes impliqués dans cet event nous livrent un travail correct, bien que très classique . L’artefact magique mis au centre de l’histoire est prétexte à de gros « pétages de plombs » par nos héros qui sont tous potentiellement dangereux quand ils ne se contrôlent plus, et l’ambiance lourde qui pèse sur le monde est bien rendue dans cette histoire. Le seul véritable problème est le manque de présence des membres de la trinité du péché, qui ne font presque que de la figuration, alors que le titre même de l’histoire les mettait en avant. Seule Pandora a droit à un traitement de faveur, et c’est bien dommage, car on avait envie d’en savoir plus sur la nouvelle version de The Question. Geoff Johns prend aussi le temps d’étoffer un peu sa Justice League en y ajoutant des membres, ce qui donne à l’équipe un aspect plus impressionnant, rappelant ce qu’elle avait été dans l’univers pré-New 52.

Review Justice League Tome 5

Le manque de développement de ces nouveaux personnages est cependant regrettable, aucun des auteurs présents dans ce volume ne prendra le temps de fournir un solide travail de caractérisation, tant l’action omniprésente phagocyte le récit. Tout s’enchaîne à grande vitesse, et les cliffhangers sont assez réussis pour que l’on lise tout le volume d’une traite, bien que de grosses ficelles narratives soient visibles : on se doute depuis le début qu’il y aura des trahisons, que les différents héros vont forcément à un moment ou un autre se mettre sur la tronche, et j’en passe… On est loin d’être en présence d’un classique qui restera dans les annales, mais tout cela reste honnête, il n’y pas de quoi hurler au scandale, tant la lecture reste, dans l’ensemble, divertissante.

Les dessins, signés par une pléthore d’artistes dont Ivan Reis, Doug Mahnke et Mikel Janin (qui se chargent des trois principales séries touchées par Trinity War), sont globalement réussis, on va du bon au très bon, sans passer par le mauvais : on remarque que DC a soigné cette histoire, qui bénéficie d’une solide partie graphique. Et c’est tant mieux, il fallait vraiment des dessinateurs de talent pour mettre en scène les combats dantesques qui nous sont présentés ici, on croisera à de multiples reprises des pages contenant des dizaines de héros prêts à en découdre, et l’intensité des affrontement est toujours bien rendue, surtout sous les crayons des trois artistes mentionnés plus haut, qui sont parmi les plus talentueux du marché actuel. C’est d’ailleurs cette qualité graphique qui permet à ce tome d’être si divertissant, on en prend plein les yeux, et c’est un véritable blockbuster de papier qu’on nous propose.

Ce cinquième de tome de Justice League est donc loin d’être mauvais, le titre continuant d’être blockbusteresque au possible comme les fans l’attendaient, et si l’on prend l’histoire qui nous est ici proposée pour ce qu’elle est, à savoir le prologue à Forever Evil, grande saga qu’Urban nous proposera dès le volume suivant, elle reste une agréable lecture, qui a le mérite de nous présenter nos héros sous un jour un peu plus sombre et de nous livrer des combats réussis. La guerre des ligues n’aura pas eu lieu sous la forme que l’on pouvait attendre, mais ce récit mérite toute l’attention des lecteurs, tant ses conséquences seront importantes par la suite.

10 Commentaires

  1. Excelente review, j’ai eu le meme ressenti, c’est à dire qu’il faut prendre l’histoire pour ce qu’elle est, en revanche j’ai une question: c’est normal de voir apparaitre aquaman?

  2. Je l’ai trouvé assez porté sur l’émotion (spoiler) exemple dans trinity of sin: Phantom Stranger #11 Batman revoit ses parents et Katana revoit Maseo s’était touchant

  3. Bonne review Zepelli, même si j’ai l’impression d’avoir mieux aimé le livre que toi. Mon ressenti personnel aurait été de 4 étoiles, j’étais plongé dans le scénario jusqu’à la fin et j’ai adoré chaque rebondissement de l’histoire, bien sur j’aurai aimé en savoir plus sur la JL dark ou encore sur Question qui est le seul de la Trinité à ne pas vraiment avoir été exploité. Mais dans l’ensemble les intrigues du livre m’ont bluffées. Sinon grosse mention spéciale aux magnifique dessins de Mikel Janin !

  4. Belle review, je me retrouve dans les points positifs et négatifs même si au final comme EneerGy mon ressenti est plutôt du 4 étoiles. Le scénario manque de finition et c’est le plus gros défaut car visuellement c’est un festival.

  5. Super review Zeppeli merci! Entièrement du même avis. Pour moi cela reste un petit 3/5, une lecture sympa, de bonnes idées mais un résultat un peu brouillon, une fin intéressante. Autres points positifs : ne pas avoir à suivre l’évent en “direct” : teasing abusif, lecture single après single. De bons dessins heureusement (l’ingrédient principal/vital de ces blockbusters) mais j’ai vraiment eu du mal avec certaines planches de Mahnke.
    Heureusement j’ai commencé Forever Evil dans la foulée pour ne pas trop déprimer et j’ai retrouvé un peu d’espoir.

  6. Je viens de relire ça en presse (Justice League Saga #6 et #7, parus en avril et mai, c’est tout récent!) et c’est quand même pas mal, malgré ce sur quoi ça débouche… (je ne suis pas fan de Forever Evil!) Mais ce mélange entre les 3 ligues est assez réussi, même si à la fin, les bastons pleine page ont un côté match de rugby avec mêlée pour se piquer le ballon (la boite de Pandora! ) mais bon, les dessins sont bien, surtout Mikael Janin: c’est toujours aussi somptueux, à quand la Justice League Dark en librairie ? Pas assez commercial ?

  7. Je viens de le lire. Je suis un peu déçu, ça commençait bien et finalement j’ai l’impression que c’est un coup d’épée dans l’eau. En fait, je me dis que cet event qui est teasé depuis le début des New 52 c’était beaucoup de bruit pour rien. Je m’attendais vraiment un gros truc genre “CIVIL WAR” de Marvel.

    • Civil War ou Forever Evil, ce ne sont pas des gros trucs pour DC. Les gros trucs, c’est les Crisis pour eux. Aprè-s, la com étant ce qu’elle est, ils ont bien évidemment tout fait pour vendre leur event. Mais on est loin du schéma des crisis… Et Flashpoint rentre aussi dans ce panier là, hélas. Même si il a l’odeur d’une crisis, mais c’est tout.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.