Rarement aura-t-on autant parlé de séries télévisées dans le monde de la bande dessinée. Portées par une génération bénie, il y a fort fort lointain, les séries TV ne sont plus désormais le rendez vous familial fixé à un horaire et un jour de la semaine précis que connaissaient nos parents. Heroes, Lost, Desperate Housewives, Nip/Tuck ou encore Prison Break (si, si), autant de programmes de qualité variable aujourd’hui passés de mode, mais qui ont contribué à ouvrir tout grand les portes d’un nouveau concept : la série en tant que phénomène de société. Si jadis, certains consacraient leur weekend à se reposer, ou leur dimanche à sortir en famille, se promener au grand air, ou pire ! Lire un bouquin ! (Pouah !), l’apparition de Megaupload et du téléchargement massif de données a offert à des milliards d’internautes l’occasion de rattraper trois ou quatre saisons de « la série du moment dont on m’a parlé hier » en deux soirées sans sommeil, et ainsi permettre au clampin moyen d’avoir son avis à lui sur la mort de Mary Alice autour de la machine à café.

Conscientes du potentiel énorme offert par ce marché – et plus encore suite aux vagues qui ont suivi et continuent de sévir (Walking Dead, Game of Thrones, House of Cards) – en pleine expansion, chaque chaîne espère aujourd’hui avoir son game changer, sa série dont tout le monde parle et suit avec fébrilité, ou bien tout simplement, tabler sur la bonne vieille méthode du rendez-vous familial après le travail ou la journée shopping. Certains visent les ados, d’autres le trentenaire basique, et d’autres les esthètes en quête de la perle rare. C’est dans ce contexte et un hollywood en panne d’originalité (quoi qu’on en pense) que les comics, boostés par une mode toute récente, sont apparus comme une solution de rechange, puits abyssal de création inexploité où dorment pitchs et storyboards prêts à l’emploi.

Vous l’avez vécu il y a peu, et j’ai tout comme vous fait l’effort d’acheter un billet Paris-New York pour être à l’heure le soir de la première chez nos cousins outre atlantique (parce que le téléchargement s’est arrêté avec la mort de Megaupload. C’est bien connu !), la série Gotham a ouvert les portes de sa vision pré-moderniste de la cité enchanteresse de Bruce Wayne et James Gordon lundi soir, donnant lieu à nombre de spéculations et avis quant au destin des séries TV adaptées de comics. Une réflexion légitime, au sortir d’un mois de septembre où se sont bousculés un projet de série Supergirl, un projet de série Teen Titans, un projet Lucifer (pour ne rester que dans le cadre DC/Vertigo), en somme, beaucoup beaucoup de choses, à tel point qu’un avis a émergé des profondeurs du web avec retentissement : adaptations, l’overdose est elle possible ?

Si le temps est la seule constante à laquelle se fier pour définir les modes et lassitudes, DCPlanet se devait, en tant qu’autorité mondiale en matière d’à-peu-près tout (regardez ArnoKikoo. L’élite, la voilà !), d’apporter sa contribution à ce vaste débat, et faire le point aujourd’hui, avant de savoir de quoi demain sera fait. Bref, on va parler de séries, on va parler télé, et pour une fois, on va même parler de Marvel (parce que la vie est belle), et tenter de savoir si oui ou non, les éditeurs ont tort de migrer vers le petit écran, ou en tout cas, si la méthode a du fond. Générique !


1. Introduction

2. Rien en commun

3. Le bûcher des vanités

4. Les sentiers de la perdition

5. Extrêmement fort et incroyablement près

6. Le Mot de la Fin