Comme chaque année, nous vous proposons à la même période un dossier bilan sur la dernière année passée des New 52. Une grosse partie de l’équipe s’est une nouvelle fois mobilisée pour vous faire part des événements importants survenus tout au long de cette troisième année des New 52. Séries annulées, nouvelles séries, événements marquants, nous tentons aussi de décrypter pour vous les choses à venir dans les mois qui arrivent.

Avant de parler de la troisième année, nous nous devons de faire une petite parenthèse (petite parenthèse car nous nous sommes déjà occupés de vous faire un bilan complet de la seconde année) sur la seconde année des New 52, assez pauvre on doit bien l’avouer. Nombreuses annulations dûes à de mauvais ventes, changements d’équipes créatives, et event quasi inexistant, on se souvient avec amertume la promotion d’un Trinity War présenté à la base comme un événement majeur et s’avérant être au final le prélude de quelque chose de bien plus important, Forever Evil. Ne boudons pas notre plaisir, puisque l’année fut tout de même marquée par l’excellent crossover Throne of Atlantis, malheureusement trop court. En parlant de ça, Aquaman est sans aucun doute resté une valeur sûre, et les derniers instants de Geoff Johns sur la série avant son départ en décembre 2013. N’oublions tout de même pas la série Wonder Woman qui a continué à prendre en qualité au fil des mois et la série Green Arrow qui a pu bénificier d’un véritable renouveau grâce à l’arrivée de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino sur le titre. Le groupe Super-Family fut également marqué par l’arrivée du premier crossover (H’el on Earth) et la sortie des deux séries Superman Unchained et Batman/Superman. Du côté de Gotham, comment ne pas parler également du retour en grande pompe du Joker avec le crossover Death of the Family qui a fait couler beaucoup d’encres lors de sa publication, l’excellente série Talon (à ses débuts) ou encore le changement majeur du personnage principal dans la série Batwing. Le groupe Dark avait subit pendant cette seconde année des New 52 d’énormes annulations mais aussi l’arrivée de séries comme Phantom Stranger, Pandora ou encore Constantine – le groupe The Edge n’avait non plus pas été épargné avec l’annulation massive de titres et déjà remplacé (et également annulé) – tout comme le groupe Young Justice, quasi inexistant maintenant. Enfin, reste un groupe important de ces New 52 avec ses différentes séries, le Lantern-Verse a été impacté par deux crossovers (Rise of the Third Army et Wrath of the First Lantern) qui n’ont pas su convaincre comme il se doit les lecteurs. Il faut également noter le départ de Geoff Johns de la série Green Lantern avec une conclusion de son long run (près de 10 années) et du changement des équipes créatives de l’ensemble des séries de cet univers qui a trouvé maintenant une stabilité.

Revenons maintenant à cette troisième année des New 52 qui fut majoritairement touchée par le Villains Month, Forever Evil, le lancement de deux titres hebdo et de nombreux événements marquants que nous vous détaillons dans les parties suivantes. Inutile de vous dire donc que les spoilers sont légion. Nous avons découpé comme d’habitude ce dossier par groupe, en nous intéressant individuellement à chacune des séries. Plusieurs nouveautés cette année dans la mise en page du dossier puisque vous retrouverez un bilan à la fin de chacun des groupes, une avant-dernière partie faisant office de conclusion générale et spéculant sur la quatrième année des New 52 et enfin la dernière partie où vous retrouverez les avis et impressions de certains membres de la communauté de DC Planet ayant joué le jeu. Merci à eux donc et à ArnoKikoo, Freytaw, HarleyHuntress, Nathko, n00dle et Zeppeli pour la rédaction du reste de ce dossier !


1. Groupe Justice League

2. Groupe Super-Family

3. Groupe Bat-Family

4. Groupe Green-Lantern

5. Groupe The Edge

6. Groupe The Dark

7. Bilan et Perspectives

8. Vos Avis/Impressions


Groupe Justice League

 

L’année a été marquée par un grand événement : celui du premier véritable event des New 52, Forever Evil. On se rappelle de la déception qu’avait engendrée le crossover Trinity War. Heureusement, Forever Evil s’est montré à la hauteur, et le statu quo de l’univers DC, notamment en ce qui concerne la Justice League, dont la composition s’est vue modifiée, a été bouleversé. Ce bouleversement s’est vu accompagné d’un petit changement dans la ligne éditoriale, puisque le titre Justice League of America a été annulé après les numéros tie-ins à l’event. Il s’agit peut-être d’un désaveu de l’éditorial pour ce titre qui peinait à convaincre, mais le pseudo-relaunch de la série, dans les pages de Justice League United, est une véritable réussite qui apporte de la diversité à ce groupe Justice League. Diversité qui n’a jamais été aussi prononcée : entre les titres Justice League 3000, JLU, Aquaman and the Others, Earth-2 et j’en passe, un aussi large éventail de titres aux ambiances radicalement différentes n’a que très rarement été proposé depuis le début des New 52.

Aquaman

On peut le dire sans aucun problème que Geoff Johns a sauvé Aquaman et en a  tout simplement fait l’un des héros du DCU les plus classes. C’était donc avec la plus grosse crainte que nous avons reçu la nouvelle que l’auteur allait quitter la série après son numéro de novembre concluant l’arc Death of the King. Finalement, Jeff Parker a su imprimer sa propre patte sur la série mais sans déroger complètement à l’ambiance qu’avait instaurée Geoff Johns. Les lecteurs se sont retrouvés avec une série s’éloignant du genre classique du super-héros pour se retrouver avec quelque chose d’un peu plus complexe à travers les luttes intestines pour le pouvoir, la reconnaissance, les responsabilités, le sentiment d’appartenance et l’incompréhension de l’étranger. Mais Parker s’est petit à petit remis sur des rails un peu plus classiques. Ainsi, Arthur est toujours en lutte pour se faire accepter en tant que Roi d’Atlantis tout comme Mera. Le pire, c’est qu’Aquaman souhaite sociabiliser Atlantis avec les êtres de la surface, pour le bien de son peuple, chose que lui ne comprend pas et voit d’un très mauvaise œil. Il sera alors extrêmement occupé à gérer les crises plus ou moins externes à sa cité et ses habitants. Mera prendra alors ses responsabilités de Reine et fera ce qu’il faut pour asseoir le pouvoir du couple Royal sans pour autant en abuser. Les deux personnages se retrouvent séparés régulièrement sur de longues périodes et chacun évolue face aux situations qu’il rencontre. Aquaman va devoir gérer une expérience scientifique qui a mal tourné et qui a engendré l’un de ses plus formidables adversaires, en tout point (ou presque) supérieur à lui. Il se battra contre des monstres géants et même contre Hercules. D’autres secrets sur Atlantis seront révélés et l’on en apprend un peu plus sur le système social des habitants de la mer. Même si globalement la qualité a un peu baissé depuis le début, la série Aquaman reste une valeur sûre parmi les New 52.

Aquaman

Aquaman and the Others

Aquaman and the Others est une série rafraîchissante. Elle a le mérite de compléter la série principale en nous présentant Aquaman sous un autre angle, alors qu’il est à la tête d’une équipe que l’on avait découverte dans les pages du titre d’origine. De nombreux éléments en provenance du run de Geoff Johns y sont réutilisés,  mais le niveau général de ce spin-off est un peu plus faible que celui d’Aquaman en solo. Pourtant, le concept est intéressant et voir cette équipe composée du roi Arthur et de ses acolytes Prisoner-of-War, The Operative, Sky Alchesay et Ya’ Wara est intéressante, d’autant plus que chacun d’entre eux est en possession de l’un des artefacts mythiques d’Atlantide.  C’est donc un titre peu ambitieux qui nous est proposé, mais qui a le mérite de se présenter comme un bon complément à sa série d’origine, et qui a le mérite de nous montrer Aquaman dans une autre équipe que la Justice League, et qui nous prouve qu’il a définitivement l’étoffe d’un leader.

Aquaman and the others

Earth 2

Voilà une série pour laquelle on avait eu très peur ! En effet, le départ de James Robinson, qui nous avait livré un run magnifique de 17 numéros magistralement scriptés, avait fait l’effet d’une bombe. Fort heureusement, il a été remplacé par Tom Taylor, scénariste de talent qui a acquis ses lettres de noblesses sur la série Injustice, tirée du jeu vidéo éponyme. Et c’est une bien belle idée de la part des éditeurs de chez DC (parce que oui, parfois, ils font du bon boulot, n’en déplaise à certains). En effet, avec le nouveau statu quo de la série, nous avons  affaire à un Superman devenu méchant, converti à la cause de Darkseid ; or Taylor est celui qui écrit le mieux un “Evil Superman”. La série a aussi vu son nouveau Batman se développer au fil de ses pages, et jouit toujours d’une belle galerie de héros réinventés. Comme on l’a souvent dit, il s’agit toujours de la série qui a le mieux géré le concept des “New 52”, en modernisant des concepts classiques. Earth 2 a beaucoup gagné en importance avec la série hebdomadaire qui nous montre ses héros emprisonnés sur une île, et qui nous tease sans cesse une guerre à laquelle cette terre participera, alors nul doute que cette série gagnera en importance. Sauf si elle finit par fusionner avec Earth 0, mais seul l’avenir nous le dira !

Earth 2

The Flash

Cette troisième année fut un peu particulière pour Flash. Une transition en douceur d’abord entre le run de Manapul et Buccellato et celui de Venditti et Van Jensen avec une  petite série de one-shots pas vraiment inoubliable. Tout ça avant le début du Flash post-Forever Evil qui a débarqué avec grand bruit et une controverse pas toujours très saine autour du tout nouveau Wally West. Une fois la polémique passée, reste donc un premier arc plutôt intriguant du duo Venditti et Van Jensen avec deux Flashs pour le prix d’un. Celui du futur, et évidemment le Barry Allen que l’on connait tous. Maintenant que les bases sont posées pour ce nouveau run avec du fun, de l’action, du rythme et des voyages temporels, les ingrédients semblent être bien en place pour du Flash comme on l’aime. Il n’y a plus qu’à transformer l’essai et quand même Brett Booth parait à sa place sur la série, il y a de quoi avoir de bons espoirs.

The Flash

Forever Evil

Forever Evil est le premier véritable event des New 52. On se rappelle tous du teasing autour de Trinity War, qui s’est avéré être un gros pétard mouillé, puisque le crossover ne servait qu’à préparer l’arrivée sur Earth 0 du Crime Syndicate of America (okay, on a été rechercher des méchants peu originaux, et déjà abordés par Grant Morrison dans une histoire bien mieux écrite, mais pensez un peu aux nouveaux lecteurs, bande de sales élitistes !). Pour un premier event, Forever Evil ne s’en tire pas trop mal. La mini-série bénéficie du trait de David Finch qui réalise une performance correcte, bien que ponctuée par quelques visages mal fichus et quelques retards de publication, mais ce n’est pas bien grave, tant le style “Grim & Gritty” du dessinateur colle au scénario de Geoff Johns. Le scénariste ne signe pas l’un de ses meilleurs scripts, mais il faut avouer qu’il s’agit là d’un véritable game changer. Voir tous nos héros vaincus (sauf un, ‘cause he’s the goddamn Batman) et des méchants au pouvoir, c’est certes un lieu commun dans les comics, mais le traitement de l’histoire est assez réussi, et les combats blockbusteresques qui structurent le récit sont excellents. Le rôle de certains personnages au sein du DC Universe a aussi été bouleversé par ces événements ; certes les héros ont souffert mais ils n’en garderont pas des séquelles irrémédiables, ils en ont vu d’autre, mais en ce qui concerne Lex Luthor et Captain Cold, c’est autre chose. En effet, Johns a modifié le statu quo du DC Universe en employant des vilains dans des rôles héroïques, le personnage de Luthor a enfin gagné en épaisseur dans les New 52, et il n’est plus le méchant caricatural que l’on avait croisé dans les pages des épisodes de Superman écrits par Scott Lobdell. Forever Evil est donc un event qui a accompli sa tâche sans problème, en nous proposant une histoire qui est accessible à tous, et qui modifie le statu quo, en permettant au nouvel univers DC d’obtenir un peu plus d’épaisseur. Tout détruire pour tout reconstruire sur de nouvelles bases, voilà le maître-mot de cette mini-série.

Forever Evil

Forever Evil : A.R.G.U.S.

Série dérivée de la mini principale, Forever Evil : A.R.G.U.S. va nous montrer le rôle que va jouer Steve Trevor durant ces événements dramatiques. DC a tenté de faire de l’ex de Wonder Woman son Nick Fury maison. Cependant, on sent bien que le personnage n’a pas les épaules pour porter un titre solo, bien qu’il soit plutôt intéressant. Et ça tombe bien, car il n’a pas été seul dans les pages de comic-book, qui a permis de développer une nouvelle version de Killer Frost plutôt bien écrite, qui remplace avantageusement celle que l’on avait croisée dans les pages de The Fury of Firestorm. Forever Evil : A.R.G.U.S. nous en apprend aussi sur l’organisation mentionnée dans le titre, puisque nous la voyons de l’intérieur. Ainsi, nous avons vue des chambres secrètes contenant de mystérieux artefacts liés aux différents héros et vilains de l’univers des New 52 et le tout nous donne vraiment l’impression que ce monde a déjà du “vécu”, puisqu’il y sera fait mention à plusieurs reprises d’événements passés, notamment à travers des souvenirs de la relation Steve Trevor-Diana. Cependant, si vous êtes passés à côté de ce titre, vous n’avez rien raté d’important, puisqu’il s’agit en fait d’un simple complément à Forever Evil, qui sert avant tout à développer le personnage de Steve Trevor, à fouiller un peu les recoins de la nouvelle version de l’univers DC, reste à voir si l’éditeur misera à nouveau sur ce cher colonel dans le futur.

Forever Evil : A.R.G.U.S.

Forever Evil : Rogues Rebellion

Forever Evil donc, vaste programme dans lequel Rogues Rebellion était un bon moyen de respirer au milieu d’un event à la noirceur parfois pesante. Tout simplement parce que même sans oublier le côté sombre de l’histoire, les auteurs semblent s’être fait plaisir avec ce livre. Certes, ça n’a pas raconté grand chose d’original mais l’amour et le respect avec lesquels ont été traités les personnages est indiscutable. D’ailleurs avec le recul, c’est bien pour ça qu’il faut prendre l’oeuvre, une petite lettre d’amour pour ces personnages, l’histoire paraissant même parfois prétexte, en plaçant les Rogues dans des situations toujours plus désespérées juste pour la beauté du geste. Reste que malgré tout, on tient ici, selon moi, la meilleure des mini-séries tirées de Forever Evil et qui offre mine de rien quelques évolutions pour le groupe. Enfin, avec sa fin ouverte justement et le nouveau rôle de Captain Cold au sein de la Justice League, il ne reste plus qu’à se poser la grande question : quel avenir pour les Rogues ? En espérant avoir une réponse plutôt demain que l’année prochaine.

Forever Evil Rogues Rebellion

The New 52 : Futures End (Hebdo)

Cette année aura vu naître chez DC deux nouvelles série hebdomadaires, la très remarquée Batman Eternal, et Futures End. Face à cette dernière, force est d’avouer que de nombreux fans sont restés perplexe, au début du moins. En effet, le pitch de départ est d’un classicisme sans nom : dans le futur, le monde est au bord de l’apocalypse et la plupart des super-héros que l’on connaît on été convertis en machines à la cause de Brother Eye. Bruce Wayne se décide à revenir dans le passé, mais n’y parvient pas, et y envoie à sa place son successeur, Terry McGinnis. Malheureusement, il ne parviendra pas à revenir au moment exact où Wayne le souhaitait, mais se retrouvera 7 ans après cette date, alors que le projet Brother Eye est déjà lancé. La série a mis du temps avant de se lancer, mais des pistes intéressantes apparaissent au fil du temps. On évoque dans cette série une guerre avec Earth Two, et c’est aussi l’occasion de revoir des personnages issus de l’univers Wildstorm que l’on avait vus au début des New 52. Il est agréable de voir que ces héros, dont les séries avaient été annulées, n’ont pas été oubliés. Le titre semble avoir une importance toute particulière pour DC, puisqu’il est à l’origine du mois spécial de l’année, composé de tie-ins à Futures End. On regrettera toutefois le développement décompressé de l’histoire, propre au format hebdomadaire, et le fait que l’on n’y voit pas souvent Terry (oui, je sais, j’entends déjà les plaintes de ceux qui trouvent qu’on a trop de Batman chez DC, mais que voulez-vous, s’il y en a beaucoup, c’est que des gens adorent ça).

The New 52 Futures End

Green Arrow

Depuis son dix-septième numéro, et l’arrivée sur le titre d’Andrea Sorrentino et de Jeff Lemire, le titre connaît un second souffle. Cette troisième année de New 52 a continué avec cette même équipe créative, qui a réinventé le personnage, et a qui l’on doit ce qui est maintenant l’un des runs les plus marquants concernant le fameux archer. L’auteur l’a confronté aux Outsiders, qui possèdent chacun une arme de prédilection, et l’arc The Outsiders War est une véritable réussite. C’est fun, dynamique et bien écrit, le scénario est riche en rebondissements, et les fans sont enthousiastes. Le dessin de Sorrentino participe lui aussi au succès du titre, avec sa mise en scène si particulière. Cependant, bien que le duo n’ait pas déçu, une annonce a fait trembler les fans : une nouvelle équipe créative arrivera bientôt sur le titre. Le scénario sera signé par Andrew Kreisberg et Ben Sokolowski. Et il est fort probable que vous ayez croisé ces noms lors d’un visionnage de la série Arrow. En effet, Kreisberg est l’un des producteurs exécutifs de la série, et Sokolowski fait partie du pool de scénaristes. Nul doute que les comics seront influencés par le show tv, mais cela sera peut-être fait d’une façon intelligente, comme l’avait amorcé l’équipe dont je vantais les mérites quelques lignes plus haut.

Green Arrow

Justice League

Une bonne partie de l’année a été marquée par l’event Forever Evil, et la série Justice League a été particulièrement marquée par les événements de cette mini-série. De nombreux numéros ont servi de simples tie-ins à l’histoire principale qu’était celle de la série de Geoff Johns et David Finch. Les origines des membres du Syndicat du Crime ont été explorées avec plus ou moins de réussite, mais le niveau du titre est resté correct. On a cependant appris peu de choses sur la Justice League à proprement parler durant Forever Evil. L’event a cependant permis au personnage de Cyborg de revenir sur le devant de la scène, en acquérant une nouvelle armure, et en ayant son moment de gloire. On a enfin compris pourquoi Geoff Johns avait sélectionné Victor Stone pour faire partie de cette équipe emblématique de la maison d’édition. Les conséquences de Forever Evil sur le titre ont elles aussi été remarquées : on a vu apparaître les Metal Men et la Doom Patrol dans ses pages, et la composition de la ligue elle-même a été modifiée, puisqu’elle comporte maintenant deux méchants plus ou moins repentis, Lex Luthor et Captain Cold. Si l’on comprend aisément que le second ait une âme de héros, sa version new 52 n’ayant pas commis de crimes impardonnables, la présence du chauve le plus friqué de Metropolis est plus discutable. Est-il véritablement devenu un héros ? Va-t-il mettre l’équipe en péril, alors qu’il connaît jusqu’à l’identité de Batman ? De nombreuses questions se posent et nul doute que la suite de la série saura y répondre. Prions pour que la qualité que le titre a atteint lors de ses numéros les plus récents subsiste, on est en droit d’attendre cela d’un titre majeur comme Justice League.

Justice League

Justice League of America (Annulée)

Au sortir de Forever Evil, ce titre a été annulé. Certes, cette annulation n’a pas eu de conséquences importantes, puisqu’elle est liée au “presque-relaunch” du titre sous le nom de Justice League United (vous savez, c’est cette série qui aurait dû s’appeler Justice League Canada) dont on parlera un peu plus bas. Justice League of America avait tout pour être un titre majeur, mais il a été mal utilisé, son équipe de héros au service du gouvernement n’a pas eu le temps de faire ses preuves, et les événements de Forever Evil ont poussé la série à être composée de tie-ins signés Matt Kindt dans lesquels le Martian Manhunter et Stargirl cherchaient à libérer leurs collègues super-héros coincés dans la matrice de Firestorm. On était loin d’être en présence du blockbuster que l’on attendait, et l’annulation de la série est presque une bonne chose, d’autant plus que son pseudo-relaunch est bien réalisé.

Justice League of America

Justice League United

L’annulation de la série Justice League of America aura eu une bonne conséquence sur le catalogue de DC Comics, et c’est ce titre. Justice League United met en scène une nouvelle équipe, majoritairement composée d’anciens membres de la JLA, qui vivra des aventures plutôt cosmiques. Jeff Lemire signe une série originale, qui bénéficie de la présence de héros qu’il maitrise à la perfection, comme Green Arrow et Animal Man, dont il a redéfini les versions New 52. L’ajout d’Adam Strange à l’équipe est aussi une véritable réussite, tant le personnage apporte beaucoup de choses au titre, grâce à son lien particulier avec l’univers cosmique de DC. Notons au passage l’importance du Martian Manhunter dans le titre, ce qui plaira au fans des dessins animés de Bruce Timm. JLU est clairement une série avec laquelle il faudra compter dans les mois à venir, tant elle est réussie et tant elle nous propose des choses différentes, grâce à son ambiance spatiale, qui nous a fait voyager entre la terre, Rann et Thanagar dans ses premières histoires.

Justice League United

Justice League 3000

Voilà encore une série à l’ambiance radicalement différente de ce qui se fait autour d’elle. Justice League 3000 nous conte les aventures d’une version futuriste de l’équipe, entièrement composée de “clones” de nos héros favoris. On a découvert qu’ils étaient conçus à partir d’être humains auxquels on a infligé un traitement qui les faisaient devenir les clones de nos héros en effaçant toutes traces de leur ancienne personnalité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette équipe est loin d’être héroïque. Superman sans l’éducation des Kent, c’est une catastrophe, Batman sans son histoire personnelle, c’est la même chose, et je ne vous parle même pas des autres… Le titre se démarque par son aspect presque parodique, et les deux auteurs, J.M. DeMatteis et Keith Giffen, nous livrent des histoires maitrisées, qui ne manquent jamais de nous faire sourire. Les dessins d’Howard Porter sont à la hauteur de la série, qui demeure une agréable lecture qui se doit d’être faite par les fans de comics “cosmiques”. Notons aussi l’arrivée prochaine de Booster Gold et Blue Beetle dans ses pages, qui ne manquera pas de rendre dingues les fans de ce duo mythique (ils ont des adeptes à la rédaction, comme vous le savez probablement déjà).

Justice League 3000

The Multiversity

Au moment où j’écris ces lignes, seules deux parties de Multiversity sont parues. On l’aura attendu bien longtemps cet event, mais tout ce que je peux vous dire, c’est que ça valait le coup ! Grant Morrison a fort bien débuté son histoire, dans un numéro introductif à la fois riche, dense et accessible, qui nous présentait le multivers à travers les yeux du dernier des Monitors, Nix Uotan. Les terres qui nous ont été dévoilées pour le moment sont toutes intéressantes, et bourrées de références à l’histoire des comics. Découvrir toutes ces versions de nos héros favoris est un véritable plaisir, et l’écossais parvient à réinventer le concept de super-héros dans chaque univers qu’il nous présente, comme nous l’a prouvé la seconde partie, Society of Super-Heroes, qui a revisité l’ambiance pulp, en plaçant son action dans un monde dont l’esthétique rappelait furieusement les années 30. Nul doute que Morrison nous fera voyager à travers des terres riches en idées géniales, et ce sont des numéros qui resteront dans l’histoire qui nous attendent au cours des prochains mois. Ah, ce que c’est cool de ne pas avoir attendu pour rien ! Multiversity fait partie de ce bilan pour son importance, même si il n’est pas forcément estampillé New 52 sur les couvertures des numéros (mais côté sollicitation oui).

The Multiversity

Secret Origins

Série lancée en grande pompe en avril 2014 par DC, ce titre a pour but de nous dévoiler les origines définitives (et j’insiste là dessus) des New 52 pour de nombreux personnages tous groupes confondus. Secret Origins, qui s’apparente presque sur la forme à la série annulée DC Universe Presents ou encore aux différents one-shot publiés lors du mois spécial Zero Month, nous a conté tout au long de l’année les origines de Superman, Supergirl, Dick Grayson (premier numéro), Batman, Aquaman, Starfire (second numéro), Green Lantern, Batwoman, Red Robin (troisième numéro), Harley Quinn, Green Arrow, Damian Wayne (quatrième numéro) et enfin Cyborg, Red Hood et Mera (cinquième numéro). La particularité de ce titre, outre le fait qu’il propose que des sortes de one-shots, nous présente des histoires écrites et très souvent dessinées par les équipes créatives en charge des séries principales des personnages. Il ne faut pas se voiler la face, Secret Origins nous sert très/trop souvent de redite mais s’avère être une excellente série pour les débutants souhaitant connaitre un peu plus les personnages dans leur version New 52.

Secret Origins

Teen Titans (Annulée et relancée)

Pour être totalement honnête je ne suis pas sûr qu’il soit nécessaire pour moi de faire un paragraphe bilan sur cette série qui n’en a finalement pas besoin. Teen Titans sous Scott Lobdell c’est tellement une purge que ça pourrait être prescrit par les médecins afin de guérir la constipation chronique et ça pourrait même être remboursé par la sécurité sociale tellement c’est efficace. Teen Titans, la série qui facilite votre transit intestinal… Avec ses personnages cons comme des huitres, au charisme inexistant que même les participants de Secret Story méritent d’être des stars pour les 10 prochaines années et des histoires à coucher dehors tout nu un doit coincé dans le… Oui je vais m’arrêter là, parce que je hais tellement cette série que j’en ris de désespoir. Heureusement, cette dernière a été relancée il y a de ça deux mois, et pour l’instant c’est un peu meilleur, même si ça reste largement dispensable…

Teen Titans

Wonder Woman

On prend les mêmes et on recommence, Brian Azzarello et Cliff Chiang, une des rare équipe encore en place depuis le lancement des New 52, a continué ses merveilles sur la série Wonder Woman cette année. Voyage du héros ou plutôt de l’héroïne, récit mythologique, bataille du bien contre le mal, les ingrédients sont connus mais peu importe puisque ça fonctionne. Les auteurs ont donc poursuivi leur travail de titan sur le personnage, finissant d’inscrire ce run dans la grande histoire de l’Amazone. Ils sont en plus, parvenus à lui offrir un vilain ultime. Alors qu’il ne reste qu’un épisode avant la fin de leur run, on voit mal comment ils pourraient se rater après avoir construit une épopée en tirant vraiment profit du concept de base des New 52 et en réinventant le monde autour de Diana. En 2014, Wonder Woman n’est donc pas uniquement une des meilleures séries New 52, mais simplement un des meilleurs comics sur le marché.

Wonder Woman

Worlds’ Finest

Worlds’ Finest n’aura pas réussi à se rendre plus intéressante durant cette troisième année par rapport à ses débuts qui avaient pourtant été prometteurs. Mais le désenchantement s’était vite fait connaître. Après avoir laissé tomber l’arc sur de Desaad (qui est reparti se cacher aussi vite qu’il n’était pas apparu), Paul Levitz s’est embarqué dans des histoires sans véritables enjeux, avec une Power Girl qui n’arrivait plus à contrôler ses pouvoirs ; la série a ensuite profité de son premier crossover avec Batman/Superman : First Contact. Forcément, après 5 ans passés sur Earth-0, il était plus qu’attendu que les World’s Finest des deux mondes se rencontrent, et si le tout est orchestré par Greg Pak, les numéros de Paul Levitz ne brillent pas particulièrement. Une morne routine qui n’empêche pourtant pas la série de continuer vers ce qu’elle doit amener à ses héroïnes : un retour sur leur Terre natale. Il faudra néanmoins presque six numéros entre la décision des deux de retourner sur Earth 2 et leur arrivée sur la dite planète, avec des intrigues accessoires et bouche-trou rajoutées sur le tas, seulement afin d’être raccord avec le lancement d’Earth 2 : World’s End. La série va pour la 4ème année se concentrer sur le passé du Batman et Superman d’Earth 2, délaissant Power Girl et Huntress, et il n’y a qu’à espérer que Paul Levitz réussisse à raconter des histoires prenantes avec cette nouvelle équipe.

Worlds’ Finest

Pour conclure…

Le groupe Justice League est plus que jamais le fer de lance de DC Comics. La maison d’édition a décidé de le replacer au centre de son univers (voire de son multivers ) en proposant un grand nombre de titres forts. La qualité des titres a été relativement constante cette année (même si on a pas été à l’abri de quelques ratages), et l’apparition de la série hebdomadaire Futures End permet de redynamiser l’univers DC dans son ensemble, en ramenant sur le devant de la scène des personnages qui avaient été portés disparus depuis les grandes vagues d’annulations des deux années précédentes. Notons aussi le début de Multiversity, qui semble passionner nombre de lecteurs. Ne passez pas à côté de cet ensemble de titres estampillés Justice League, puisqu’il y a de grandes chances que, quelque soit votre profil de lecteur, vous trouviez un ou plusieurs titres à votre convenance, tant la diversité des titres proposés est grande. Vous rateriez probablement de très bonnes lectures !

– ArnoKikoo, Edge, Nathko, n00dle, Zeppeli