The Names #1
Les points positifs :
  • Classique, mais prenant
  • D’actualité
  • Adulte
  • Des personnages forts
Les points négatifs :
  • On attend de l’originalité pour la suite
  • Un trait un peu simple

“Strictly speaking, if you correct my again, I’ll probably kill you.” – The Surgeon


  • Scénario : Peter Milligan – Dessins : Leandro Fernandez  – Couleurs : Jim Charalampidis – Couverture Celia Calle 
  • Vertigo – The Names #1 – 32 pages – 2,99$ – 03 septembre 2014


En ce début de rentrée scolaire, Vertigo nous amène un nouveau titre dans ses (bien peu nombreuses) publications, avec The Names, dont il faudra profiter sur seulement 8 numéros (l’éditeur donnant l’impression de privilégier les mini-séries dernièrement), avec Peter Milligan au scénario, auteur de renommée qui a chez Vertigo de nombreux succès, comme Human Target (sorti tout récemment chez Urban Comics) ou un run de cinquante numéros sur Hellblazer. Alors qu’on attendait Milligan pour The Discipline (hé oui, j’ai la dent dure et je n’oublie pas !), voilà qu’il nous amène dans le terrible monde de la finance avec ce mystérieux intitulé : The Names.

Wall Street, par une belle journée. Nous sommes dans le bureau de Kevin Walker, l’un des innombrables traders qui travaillent à cet endroit. L’homme est assis tremblant, en face d’un autre, celui qu’on appelle The Surgeon (le chirurgien). Ce dernier lui commande de rédiger une lettre d’adieux à sa femme Katya et son garçon, Philip. Et lui ordonne de se jeter par la fenêtre. Nous sommes au 50ème étage, vous devinez ce qu’il arrive de Kevin. Et c’est par ce suicide maquillé que commence l’intrigue, avec Katya qui apprend la mort de son mari, mais qui ne croit pas, qui ne veut pas croire à ce qu’on lui raconte. Non, son mari n’était pas dépressif. Jamais il n’aurait pu lui cacher qu’il allait voir un médecin pendant tout ce temps passé ensemble. Il y a quelque chose qui ne tient pas debout, et Katya est bien décidée à aller chercher la vérité. Et l’on se doute bien qu’elle va s’embarquer dans quelque chose de bien trop grand pour elle. Peter Milligan nous sert un début d’intrigue assez classique, un début de polar avec tout ce qu’il faut de questionnements pour avoir envie de continuer la lecture : qui est le Surgeon ? Quelle est cette organisation à laquelle il appartient ? Pourquoi Kevin Walker a-t-il été assassiné ? Quel grand dessin se cache derrière tout ça ?

Nous nageons dans un récit paranoïaque, qui fait la part belle aux théories du complot, et qui se lie à l’actualité en se rattachant au monde de la finance, ces gens qui brassent et amassent des fortunes qu’on n’arrive même pas à imaginer, dont les montants sont tels qu’ils feraient tourner la tête à n’importe qui. Milligan joue sur ces thèses qui voudraient que ce soient ces hommes et femmes de la finance qui dirigent vraiment le monde, et mettent les économies des pays (et leurs politiques) à leur pieds, un discours qui, dans notre monde capitaliste, n’est pas dénué d’un certain fond de vérité ; et l’auteur le sait bien et joue sur ces cordes, en nous montrant ces hommes mystérieux et inquiétants (le Surgeon est à ce titre exemplaire), dont on comprend encore assez peu le fonctionnement, mais dont on devine assez pour savoir : qu’il y a une sorte de société qui regroupe ces hommes, et qu’il existe à priori plusieurs de ces groupes qui s’affrontent dans l’ombre. Et que ces hommes sont capables de mettre à genoux des économies et des pays entiers (la dimension internationale de leurs actions est mise en avant). On pourra reprocher de ne pas encore voir encore en détails les enjeux de ces différents groupes, mais en 20 pages, il faudra attendre la suite pour développer tout ça. Et au milieu de tout ça, nous retrouvons Katya, une femme forte, bien décidée à comprendre ce qu’il se passe et à tirer tout ça au clair. On se rendra compte assez vite que dans cet univers, même les plus proches ne sont pas vraiment de bons alliés. Les personnages sont bien caractérisés, et bénéficient pour les plus importants de traits bien renforcés. Outre Katya et le Surgeon, c’est par exemple Philip, le fils de Kevin, qui en seulement quelques pages, arrive à nous inquiéter encore plus que de raison.

Et clairement, cette histoire ne s’adresse pas aux plus jeunes, par les thèmes adultes qui y sont abordés, et parce que dans l’ensemble c’est très violent. Je vous rappelle qu’on commence directement avec une scène de meurtre, et ce numéro nous offre à un autre moment une scène particulièrement rude, à déconseiller donc aux lecteurs sensibles. Ce qui m’amène au point des dessins. Contrairement à la couverture, que je trouve vraiment sublime, et très chargée, les dessins de Leandro Fernandez sont assez simples. Les cases ne sont pas chargées, il n’y a pas énormément de décors, c’est assez léger, sans pour être autant aéré comme peut l’être du Jae Lee. Quelques fois on dénotera des difficultés à différencier deux personnages, par exemple dans une scène assez sombre (l’encrage est d’ailleurs assez présent), ce qui est dommage car sinon chaque personnage bénéficie de traits qui leur sont bien respectifs. Avec une mention spéciale pour le Surgeon (qui est décidément bien parti pour être un méchant emblématique) dont le sourire carnassier ne sera pas sans rappeler celui du Joker de Tim Sale. Un style qui pourra donc déplaire à certains (il y en aura toujours !) mais qui offre une bonne lisibilité de l’intrigue, dans les moments calmes comme les plus corsés.

Difficile d’avoir un jugement hyper prononcé pour ce premier numéro, ce genre de mini-série ayant certainement une meilleure appréhension dans le format TPB. En jouant de l’actualité, Peter Milligan parvient à proposer un début de polar classique, entre meurtre, complot et sociétés secrètes liées au monde des finances, qui pour l’instant, à défaut de briller d’originalité, est rudement efficace. Milligan ne passe pas par quatre chemins, on avance dans une intrigue qui s’annonce déjà oppressante et violente, servie par un cast de personnages forts, dont un méchant en devenir qui marque dès le départ. Si le dessin ne plaira peut-être pas à tout le monde, je recommande la lecture à qui voudra du bon polar, et si j’attends encore et toujours The Discipline, au moins ce premier numéro de The Names aura parvenu à prolonger ma patience ! 

3 Commentaires

  1. ça donne envie niveau histoire mais moins dessin surtout la case ou la vitre est brisé la tète du perso pas génial

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