Transmetropolitan : Année Deux
Les points positifs :
  • Une excellente satire de la politique
  • C’est toujours aussi drôle
  • Spider Jerusalem, toujours aussi badass
Les points négatifs :
  • C’est toujours aussi vulgaire (mais on aime ça)
  • Un peu moins SF que le 1er tome

 « Maintenant, souris aux gentils politiciens, mais essaie de ne pas trop les approcher.Ils sont souvent contagieux. » – Spider Jerusalem


  • Scénario : Warren Ellis – Dessins : Darick Robertson
  • Urban Comics  – Transmetropolitan Année Deux – 11 juillet 2014 – 312 pages – 28 €

Après un premier tome qui servait à planter le décor, en nous montrant la Ville et ses étranges particularités, égratignant au passage des institutions et pratiques bien répandues aux États-Unis et à travers le monde, Warren Ellis entame, dans sa deuxième année de publication de la série, un arc important , celui de la campagne présidentielle. Rappelez-vous, notre journaliste gonzo préféré s’était retiré à la montagne, avant le début de l’histoire, à cause de l’élection de celui qu’il surnomme « La Bête ». On entre donc dans une storyline cruciale, qui aura une influence sur la série jusqu’à sa fin.

Encore une fois, tout le génie de l’auteur tient à l’écriture de son personnage, Spider Jerusalem. Véritable journaliste de terrain, le héros est ici dans son élément naturel, une élection présidentielle, quoi de mieux pour quelqu’un qui veut déterrer les secrets de chacun des prétendants au trône et qui souhaite par-dessus tout faire éclater la vérité au grand jour ? L’écriture est cette fois-ci plus subtile que dans le premier tome, qui était bien plus radical. Bien que Spider soit toujours « over the top », on comprend rapidement que les nuances de gris règnent dans le monde de la politique, et même pour Spider, il sera bien plus difficile de choisir un candidat, tant ce milieu a un fonctionnement complexe.

Les deux présidentiables sont d’ailleurs le reflet de tendances politiques réelles, « La Bête » est une sorte de Richard Nixon des temps modernes, républicain jusqu’au bout des ongles, trouvant son électorat chez les rednecks et les plus gros beaufs du pays, en misant tout sur sa « virilité » : on sait bien qu’il faut des couilles pour gouverner ! L’autre, « Le Sourire » est quelqu’un de bien plus subtil. Hypocrite par excellence, il cache derrière un sourire de façade sa profonde méprise du peuple. Spider sera confronté à plusieurs reprises à ces différents personnages, et l’intérêt de l’histoire est de savoir qui il préférera, lequel des deux sera désigné comme étant le meilleur choix pour le peuple (en l’occurrence, on pourrait plutôt dire « le moins pire », si on se fichait de massacrer au passage la langue française).

Comme vous pouvez le deviner, lâcher Spider Jerusalem dans au milieu de la campagne, c’est laisser entrer un éléphant dans un magasin de porcelaine, et tous les épisodes sont prétextes à des coups d’éclats de sa part, ce qui ne manquera pas de faire monter sa propre côte de popularité, et vous découvrirez sa façon de gérer tout ça. Pour l’accompagner dans cette couverture médiatique d’un tel événement, son éditeur, Royce, lui adjoint une nouvelle assistante, Yelena Rossini, qui devra le supporter et l’aider dans cette tâche difficile. Spider rencontrera aussi la directrice de campagne de Gary « Le Sourire » Callahan, Vita Severn, pour qui il éprouvera un peu plus que de la sympathie…

Bien qu’il s’agisse d’une caricature emplie de cynisme, l’œuvre parvient à cerner l’essence de la politique américaine, tout en lui crachant à la gueule. C’est mordant, c’est bourré de références à des événements qui se sont réellement produits et c’est un magnifique défouloir pour ceux qui aiment se révolter contre le système en place. Warren Ellis signe ici un pamphlet efficace, illustré par un Darick Robertson en grande forme, qui nous livre des pages très remplies, fourmillant de détails. On pourra peut-être regretter que l’équipe créative ne nous révèle pas beaucoup de nouveaux gadgets technologiques et de pratiques décadentes, laissant un peu de côté l’ambiance SF pour nous parler un peu plus de notre monde, sans avoir recours à la métaphore. Mais c’est maîtrisé de bout en bout, alors ne boudons pas notre plaisir.

Pamphlet politique, défouloir bourrin pour l’anarchiste qui sommeille en vous, cri punk contre le système en place, chef d’œuvre cynique… Les façons de designer ce deuxième tome de Transmetropolitan sont multiples. Fort d’une ambiance rock’n roll et d’un humour mordant, ce volume entre dans le vif du sujet en s’attaquant à la politique de façon extrêmement virulente, à travers le personnage de Spider Jerusalem, dont le charisme n’a d’égal que la folie. C’est à partir de ce moment que la série décolle réellement, Warren Ellis signant ici le début de ce qui fera de Transmetropolitan un comic-book culte, qui traversera les âges, tant son message n’a pas pris de rides.

Poster un Commentaire

3 Commentaires sur "[Review VF] Transmetropolitan : Année Deux"

Me notifier des
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
CaptainMasked

J’ai lu le premier tome et j’ai bien ri. C’est cool i ça continue bien alors !
Merci pour la review.
(moi aussi j’aime la vulgarité) :D

jihem

une serie geniale tout le long de ses episodes

anarchynpp

Cette série *.* !!

wpDiscuz