Commencer les comics, c’est souvent la pagaille. On est propulsé dans un monde où tout le monde a l’air hyper au courant, rempli de termes aussi peu séduisants que ‘tpb’ ou ‘ongoing’. Comics en anglais d’un côté, comics en français de l’autre, tantôt publiés en kiosque, tantôt dans les librairies, comment s’y retrouver dans ce gros capharnaüm ? Ce dossier essaie de rendre vos premiers pas dans le milieu moins douloureux. Il contient également à partir de sa section 3 un listing des publications Urban, trié par collection, qui est régulièrement mis à jour. Si, vous aussi, vous trouvez que le site d’Urban n’est pas agréable à parcourir, n’hésitez plus : ajoutez ce dossier à vos favoris !


1. Un Comics, c’est quoi ?

2. Les âges des Comics

3. L’Offre Librairie d’Urban Comics

4. Urban Comics et la gamme Vertigo

5. Urban Comics et ses kiosques

6. Quelques liens pour aller plus loin


Un comics, c’est quoi ?

 

Un comics, c’est ça :

Concrètement, un comics, sous sa forme d’origine, est un feuillet d’une trentaine de pages, paraissant mensuellement, contenant des bandes-dessinées et de la publicité. Son origine ? Les strips de presse (un exemple sous ce lien). C’étaient de courtes bandes-dessinées de trois cases qui paraissaient dans les journaux. Certains éditeurs se sont mis à les republier sous la forme de petits magazines. Les éditeurs ont ensuite commencé à publier des histoires inédites sous le même format : les comics étaient nés.

Il y a toutes sortes de comics. Certains racontent les aventures d’un seul personnage, d’autres de plusieurs ; on trouve des histoires de pirates, de western, d’amour, de science-fiction, d’horreur, d’espionnage, bref, de toutes sortes de sujets. Même si le type comics le plus populaire reste sans doute le genre super-héroïque, on compte encore aujourd’hui de nombreux titres relevant d’autres genres qui percent jusqu’au grand public ; pensons à Sandman, The Walking Dead ou Saga.

Voici trois exemples de comics pas super-héroïques publiés par DC Comics :

Tout au long de ce dossier, nous allons nous référer aux termes série et titre. Il s’agit grosso-modo de la même chose, ça désigne l’ensemble des numéros qui se suivent sous le même nom. Action ComicsAll-Star WesternSupermanRed Hood & The Outlaws sont tous les quatres des séries ou des titres.

Un comics est un périodique. J’ai mentionné plus haut que les comics paraissaient mensuellement, c’est un peu faux : on compte également des séries bi-mensuelles, des séries hebdomadaires, etc. Cependant, le rythme d’une publication par mois est le plus utilisé parmi les comics actuels. On pourrait par conséquent comparer les comics à des magazines, dans lesquels on trouverait des bandes-dessinées.

Comment ça se publie, un comics ?

On distingue plusieurs types de séries. La plus courante est l’ongoing. Une ongoing est une série n’ayant pas de numéro butoir au-delà duquel elle s’achèvera. Ainsi le comics Action Comics, dont le premier numéro sorti en 1938 (!) contenait la première apparition de Superman, s’est enchaîné au fil des mois durant des années, sans cesser de raconter les aventures de Superman. L’Action Comics #130 est sorti en 1949, et au moment de l’annulation de la série, la série en était au numéro #904, pour une longévité totale de 73 ans ! Rassurez-vous, la plupart des ongoings ont des durées de vie beaucoup moins conséquentes, et les annulations ne sont pas rares. Dépendant des ventes de la série, un titre peut durer six, vingt, ou cent numéros, rien n’est fixé à l’avance.

Une ongoing peut étaler les histoires sur des durées variables. Parfois, un numéro comprend une histoire complète. Parfois, un numéro comprend plusieurs histoires complètes déconnectées les unes des autres. Parfois enfin, une histoire s’étend sur plusieurs numéros. Dans ce dernier cas, on parle d’arc. Par exemple, le célèbre Batman : Year One (Batman : Année Un) est paru à l’origine dans les numéros #404 à #407 de la série Batman. Puisque c’était une seule et même histoire étirée sur plusieurs numéros mensuels, on dit que Batman : Year One est un arc.

Batman Year One
Lorsqu’un auteur reste pendant un certain temps sur une série (parfois six numéros, parfois quarante !), on parle de run, et on désigne par le run de tel auteur sur telle série l’intégralité des numéros de cette série écrite durant ce run. Comme runs célèbres, on peut citer le run d’Alan Moore sur Swamp Thing ou le run de Grant Morrison sur Batman.

Le second type est la série limitée, ou la mini-série. Les séries limitées ont un nombre de numéros déterminé à l’avance. Watchmen, The Dark Knight Returns ou The Long Halloween ont tous trois été des mini-séries. Cela signifie qu’en plus des comics Batman et Detective Comics paraissant mensuellement, un autre comics s’y est ajouté pendant quelques mois dans les rayons, s’appelant, par exemple Batman : The Long Halloween #1. On peut facilement repérer les mini-séries, ou séries limitées, car sur la couverture figure généralement le nombre total de numéros de la série, par exemple ‘2 of 6’, ce qui signifie qu’on tient le deuxième chapitre d’une série de six numéros entre les mains. Les séries limitées, dans leur large majorité, se concentrent sur une seule intrigue qui débute avec le premier numéro et se termine avec le dernier.

Voilà un exemple de série limitée, avec la mini-série Elongated Man de quatre numéros, de 1992 :

Lorsqu’une mini-série ne dure qu’un seul numéro, on parle de one-shot. Un one-shot est un récit complet publié en un seul numéro dans sa propre série créée et achevée pour l’occasion. C’est celui des trois formats présentés qui se rapproche le plus de la bande-dessinée franco-belge. Batman – The Killing Joke ou le Larfleeze : Christmas Special (dont l’oncle Freytaw vous parlait sous ce lien) sont des exemples de one-shots.

Il arrive que plusieurs séries différentes portent le même nom. Par exemple, Martian Manhunter a connu une mini-série dans les années ’80. Elle était écrite par J.M. DeMatteis et s’est terminée au bout de quatre numéros comme prévu à son lancement. Des années plus tard, à la fin des années ’90, DC a relancé une série (ongoing cette fois) sur le même personnage qui profitait de la popularité de la série JLA de Grant Morrison. Cette deuxième série, également titrée Martian Manhunter, s’est achevée au bout du 36e numéro. Et le personnage a encore eu une autre série quelques années plus tard. Pour différencier les deux séries, on utilise le terme volume. Ainsi, si on dit Martian Manhunter (Vol. 1) #2, cela désigne le deuxième numéro de la mini-série de DeMatteis (dont voici la couverture), et si on dit Martian Manhunter (Vol. 2) #2, cela désigne le deuxième numéro de la série de la fin des années ’90 de John Ostrander (dont voici la couverture). Les deux portent le même titre et le même numéro, mais renferment des contenus entièrement différents !

Lorsqu’une série est annulée, puis redémarre, on parle de relaunch, soit de ‘relance’. Pour décrire l’opération des New 52DC Comics utilisait le terme relaunch, puisque toutes ses séries sont reparties au numéro #1. On parle de reboot lorsqu’un univers est remis à zéro, ou se débarrasse d’une partie de sa continuité.

Du single au volume relié

Vous avez peut-être de la peine à saisir le lien entre les feuillets d’une trentaine de pages bourrés de publicités et les comics que vous retrouvez sur les étalages de la Fnac. Pour combler ce trou, il faut savoir qu’aux USA, les comics bénéficient souvent de rééditions sous la forme de collected editions, pour reprendre le terme original. Il s’agit de volume souple ou cartonné recueillant le contenu de plusieurs comics. Il s’agit le plus souvent de comics d’une même série, comme par exemple le Batman – Year One contenant en un seul volume les quatre numéros Batman #404 à 407. On a l’habitude de distinguer les softcovers, à la couverture souple, et les hardcovers, à la couverture solide. Ces deux formats ressemblent à la bande-dessinée européenne, à la différence qu’ils regroupent des histoires déjà publiées à l’origine sous la forme première des comics, avant d’être récoltées dans un seul tome.

Voilà un exemple de softcover avec le tpb Martian Manhunter – Son of Mars, contenant les numéros #0 à #9 de la série Martian Manhunter débutée en 1998 :

Ce que vous trouvez sur les étalages de la Fnac, ce sont en réalité des volumes regroupant l’équivalent de plusieurs comics, sous leur forme originelle. C’est très important de saisir à la base ce qu’est un comics, puisqu’on ne cesse de se référer à leur forme originelle pour détailler, par exemple, la composition de tel ouvrage paru en France. Pour désigner un de ces feuillets, on parle tantôt de numéro (puisque chaque sortie porte un numéro, comme, disons, le Action Comics #329), tantôt de singles, tantôt encore d‘issues.

35 Commentaires

  1. Sympa le dossier! C’est vraiment cool pour les petits nouveaux, j’aurai aimer tomber sur quelques choses comme ça quand j’ai commencé :D

  2. Bravo pour ce dossier! C’est un excellent point de repère/départ =D Un article (et un site) à recommander quand on essaie de convertir les gens à ce merveilleux monde du comics

  3. Très bon dossier. Merci. J ai pas encore tout lu, ms je signale un petit truc. Urban à annulé le Urban anthologie. Ça été annoncé sur un commentaire Facebook

  4. Très bon boulot en effet.

    Petite précision sur la distinction reboot/relaunch, C’est plutôt le “relaunch” qui est le fait de redémarrer une série après l’avoir annulée. Le terme “reboot” n’est pas vraiment propre à la publication et surtout renvoie à la continuité d’une oeuvre de fiction, s’en débarrassant.

    • Autre précision, à la différence de Fables ou de iZombie, Sandman n’appartient pas à Gaiman. C’est une création qui appartient entièrement à DC. Légalement, DC a le droit de publier ce qu’ils veulent avec les personnages mais ils ne le font pas sans son autorisation parce qu’ils ne tiennent pas à se mettre Neil Gaiman à dos (au début des années 90, Death avait fait une apparition non-autorisée par Gaiman dans les pages de Captain Atom et Gaiman avait vraiment pas apprécié).

  5. Très intéressant tout ça !
    Par contre, est-ce normal que les mensuels Hors-série ne soit pas répertoriés avec les autres mensuels ?

  6. La jeune pomme que je suis te remercie Riddler! Je me rends compte que je n’avais pas prêté attention à la signification de la majorité des collections d’Urban!
    Les explications sur le fonctionnement des âge ou encore des kiosques, bien que je les comprenais, rendent le tout beaucoup plus claires maintenant.

  7. Je me permet d’ajouter quelques précisions mineures en général, j’en conviens :
    – Ce n’est pas un hasard si les DC Anthologie ont un air des CELEBRATION OF 75 YEARS. Selon François Hercouet, DC Comics s’est inspiré des éditions françaises.
    – Au niveau du kiosque, il y a un prix fixé à 5 € 60. Et les HS n’échappent pas à la règle. Seul les DC SAGA Présente connaissent un prix plus haut à 5 € 90.

  8. Honnêtement c’est un très bon dossier ! si j’avais eu ça à disposition quand j’ai commencé il y a 1 an et demi environ ça m’aurais évité beaucoup de recherche pour comprendre certaines choses :).

    En tout cas merci car j’ai quand même appris quelques subtilités sur les collections urban que je ne savais pas !

  9. Un très grand bravo TheRiddler pour ce très bon dossier, ça fait du bien de “réapprendre” ce genre de chose :)

  10. Merci pour ce dossier que je vais mettre dans mes favoris, et sur lequel je jetterai un œil assez régulièrement à mon avis !

  11. Je lis du DC depuis 2 ans et ce dossier m’a fait comprendre plusieurs choses a propos de DC Comics.

    Franchement, The Riddler tu gères !

  12. Je viens de me replonger dans cet utile et excellent dossier il m’incite à quelque chose qui me travaille depuis un certain temps, a savoir : consacrer plus de mon budget comics aux éditions Vertigo. Cela ne va pas être simple étant donné que mon budget n’est pas extensible et que j’aime beaucoup DC ! Actuellement je ne lis qu’ « American Vampire », « American Vampire Legacy » et tout ce qui concerne « Fables » en général chez Vertigo et quasiment que du DC pour le reste.

  13. […] TPB signifie trade paperback, c’est-à-dire un volume souple ; HC signifie hardcover, c’est-à-dire un volume à la couverture rigide. Tous deux désignent des volumes recueillant l’équivalent de plusieurs singles, car les histoires paraissent d’abord dans des périodiques mensuels avant d’être récoltées dans un seul tome. Une fois seulement que ledit tome est sorti (parfois directement en tpb, parfois d’abord en hc), on peut s’attendre à une publication en France. Jette un coup d’oeil à la première partie de ce dossier si ces notions te sont un peu confuses : https://www.dcplanet.fr/111045-comics-urban-explique-debutants […]

  14. Vraiment un super dossier, peut être pour amélioration c’est faire le lien entre dc renaissance et Kiosque pour ceux qui veulent pas de doublons ^^.

    Mais sinon super boulot.

  15. Bonjour a tous, et merci pour cette exelent article.
    Comme prochinne idée de dossier pour les debutents, je propose de regler un de mes problemes.
    Dans les années 90j’ai achet” dans une gars un comics ou semix je ne sais plus, le tom1 .
    Je n’es jamais trouver la suite.
    Quelques années plus tard, j’ai apporter le Tom chez un libraire afin qu’il me trouve les suites.
    Le jour convenu pour les récupéré, le vendeur avait fait une erreur et avait vendu mon Tom.
    Résultat j’ai oublier le nom de ma bd et le vendeur n’avait pas acheter le bon livre.
    Comment je pourrais le retrouver?

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