Batman : Legends of the Dark Knight Vol. 1
Les points positifs :
  • Des artistes et auteurs de talents
  • Du Batman hors New 52
  • Lecture agréable dans l’ensemble
Les points négatifs :
  • Quelques récits un peu faiblards
  • Ca manque de Bat-Family !

“I-I am the Batman…”


  • Scénario : Collectif  – Dessins : Collectif – Couleurs : Collectif – Couverture Ethan Van Sciver 


La série Batman : Legends of the Dark Knight fait partie des séries anthologiques de la gamme “Digital First” consacrées aux plus grand super-héros de DC Comics. On y retrouve un tas de plus ou moins longues histoires, écrites et dessinées par des auteurs et artistes plus ou moins reconnus, et qui se passent hors continuité New 52. L’occasion pour les lecteurs nostalgiques de redécouvrir certains personnages dans leur ancienne version ou simplement de s’offrir un petit souffle d’originalité. Comme il est difficile d’exprimer une note globale dans l’ensemble, j’ai choisi ici d’écrire un petit avis pour chacune des histoires présentes dans ce recueil. Pour ceux qui veulent simplement savoir le ressenti total, je vous invite à scroller jusqu’à la conclusion !


The Butler Did It

Scénario Damon Lindelof  Dessins Jeff Lemire – Couleurs Jose Villarrubia

On commence plutôt fort avec une histoire qui cherche à explorer quelle peut-être la vulnérabilité de Batman, un super-héros dont on pourrait penser qu’il n’a aucune faiblesse – son côté “je ne suis qu’un homme” mis à part. En tant que plus grand détective du monde, et génie tacticien, le Chevalier Noir a toujours énormément d’avance sur ses adversaires et l’utilise à bon escient pour s’en défaire malgré son manque de super-pouvoirs. Et c’est un Bruce Wayne un brin éméché qui assure à son majordome Alfred qu’il n’a aucun point faible. Mais nous verrons dans cette courte histoire que ce n’est pas nécessairement le cas. Une histoire dont le déroulement et la conclusion suivent une logique certaine et qui est mise en scène par Lemire – ceux qui le connaissent doivent déjà s’attendre à un trait particulier. Et s’il y a bien une case assez étrange avec les yeux de Batman qui ressortent de son masque, on prend plaisir à voir le Chevalier Noir évoluer sous la patte de l’auteur canadien, qui s’essaie même à quelques compositions avec certaines cases qui sont d’un bel effet. Après, ça reste du Lemire, ce n’est pas très “beau”, mais le scénario se laisse tranquillement suivre. Une chouette entrée en matière.

All Of The Above

Scénario Jonathan Larsen Dessins J.G. Jones – Couleurs Paul Mounts

On passe ici à l’inverse de la première histoire. Ici, on nous montre Batman sous son meilleur jour, en mettant ce côté “j’ai tout prévu, j’ai pensé à tout” très en avant. Le Chevalier Noir est seul dans la Watchtower lorsque d’un coup Amazo réussit à s’y téléporter. Ce qui n’arrête pas un Batman bien déterminé à se le faire pour lui tout seul, sans besoin d’appeler ses camarades. Un Batman très sûr de lui, et qui voit la venue de l’ennemi comme un challenge personnel à relever (il n’est pas même effrayé de le voir débarquer, et se joue de lui), avec un comportement à la limite de l’arrogance. Si le traitement est efficace, on reste avec une histoire plutôt convenue et j’ai été moins sensible à la caractérisation donnée ici. Si j’aime voir les qualités de Batman mises en avant, cette façon là n’est peut-être pas la plus adéquate. Les dessins de Jones, eux, sont très propres, c’est fort joli bien que ça ne transpire pas d’originalité, avec une colorisation tonique qui sied bien à cette aventure à moitié spatiale.

The Crime Never Committed

Scénario Tom Taylor – Dessins Nicola ScottWayne Faucher – Couleurs Allen Passalaqua 

Batman et Robin enlèvent un homme en train de dormir et l’entraînent au sommet d’un immeuble pour une petite leçon de morale. Une méthode “mieux vaut prévenir que guérir” plutôt efficace dans sa narration mais qui laisse entrevoir un Duo Dynamique un peu cruel sur les bords. En effet, l’homme qui s’apprêtait à commettre un crime le fait pour pouvoir soigner sa fille, mais le Duo lui conseille simplement d’essayer de trouver une solution par un autre moyen. Ils ne laissent transparaître aucune émotion, et cette froideur m’a légèrement surpris. Le plaisir de cette histoire vient également de retrouver Dick Grayson tout jeune, en costume de Robin – ce qui plaira donc aux nostalgiques de sa fougue, de ses sourires et de sa verve. Avec Scott aux dessins, le récit se dote d’une très jolie patte qui vous flattera la rétine. Là également j’aurais envie de reprocher au scénario de ne pas être si profond que ça, mais que voulez-vous faire en si peu de pages ?

Crisis In Identity

Scénario B. Clay Moore – Dessins et couleurs Ben Templesmith

Des hommes issus des hautes sphères politiques de Gotham City décident du jour au lendemain de revêtir le costume de Batman et finissent par en mourir (n’est pas Batman qui veut). Qui est derrière ce jeu pervers et pourquoi ? B. Clay Moore délivre une longue histoire au scénario implacable et à la caractérisation ultra maîtrisée : Batman se pose comme le détective qu’il est, Killer Croc n’est pas qu’une simple brute, Mad Hatter est un lâche apeuré sans son chapeau et Joker est fou à lier. Les différents personnages secondaires ne sont pas en reste et si l’intrigue se veut comme une histoire de Batman assez traditionnelle, c’est la patte de Ben Templesmith qui rend le tout fantastique. On est dans quelque chose de plus terre-à-terre que le travail réalisé par exemple sur Arkham Asylum, et si vous accrochez au style de Templesmith – qui se prête vraiment bien au Batverse, alors c’est du tout bon. Le récit se drape d’une ambiance poisseuse, sale, qui accentue le côté monstrueux des super-vilains, et qui se permet même quelques petits débordement graphiques très bienvenus qu’on ne verrait pas forcément dans le mainstream New 52. Très facilement l’un des meilleurs morceaux de l’ouvrage !

Letters To Batman

Scénario Steve Niles – DessinsTrevor Hairsine – Couleurs Antonio Fabela

Ici nous abordons la relation qu’entretient Batman avec les habitants de Gotham City qui ont eu la chance (ou la malchance, c’est selon) de le rencontrer. Steve Niles essaie de nous montrer un Chevalier Noir qui n’est pas aussi seul qu’il voudrait le croire, alors que le Joker vient de s’échapper juste après sa capture, ce qui rend Batman peu sûr de lui quant à son utilité pour la ville. Mais c’est la ville qui va lui montrer que cette utilité se trouve toujours, même si bien cachée. Le seul souci de cette histoire c’est que j’ai eu l’impression de l’avoir déjà lue, plusieurs fois ailleurs (par exemple dans les Batman Black & White). L’originalité venant du changement de style (et de colorisation) lors des passages racontés dans les lettres qui donnent le titre à cette histoire. La chute en revanche est très bien trouvée. Une histoire agréable, mais dispensable.

A Game To Die For

ScénarioT.J. Fixman – Dessins Christopher Mitten – Couleurs David Lopez & Santi Casas

Une histoire très courte mais percutante ! Nous assistons à un face-à-face verbal entre Joker et un nouveau super-héros qui se fait appeler Praetorian. Il est enfermé dans une salle avec le Clown et doit simplement attendre l’arrivée de Batman… C’est sans compter la capacité de manipulation extrême de Jocks ! Fixman délivre une scène digne des plus grands thrillers avec un affrontement sur le plan psychologique très stressant avec un Joker superbement caractérisé, un véritable psychopathe qui se permets des traits d’humour glaçants. La mise en scène scotche le lecteur en collant au plus près des personnages, et les traits de Mitten sont assez grossiers et renforcés par un encrage très présent. Avec un jeu de couleurs froides, on est dans une ambiance très “grim & gritty” (la fameuse) qui ici colle parfaitement !

Batman : The Movie

Scénario Andrew Dabb – DessinsGiorgio Pontrelli – Couleurs Antonio Fabela 

Nous avons droit à une légère mise en abyme puisque Bruce Wayne se rend sur le lieu de tournage du prochain film Bat-Man. Mais vous vous doutez bien qu’il y a un super-vilain qui tient beaucoup au Chevalier Noir original et ne supporte pas vraiment les copies. Et c’est l’acteur qui incarne Batsy qui va en faire les frais. Une histoire plutôt classique, passée son contexte rigolo, et qui essaie d’avoir une approche plus cinématographique dans le choix des plans et de la mise en scène. Le problème c’est que ça ne décolle pas vraiment et reste donc moyen du début à la fin. Dommage !

Together

ScénarioJonathan Larsen – Dessins Tan Eng Huat – Couleurs David Lopez & Santi Casas

C’est Harvey Dent (ou Two-Face, comme vous préférez) qui est le centre d’attention ici. Il essaie de faire une opération chirurgicale sur lui-même pour séparer définitivement ses deux “moi” – et Batman essaie de venir en aide à son ancien ami. On a typiquement le genre de récit court et choc qu’on a déjà pu voir auparvant dans ce recueil. Et ce n’est pas pour me déplaire. On pourra déplorer quelques petites absences dû au rythme très rapide de l’histoire, mais au moins on va droit au but, et le sujet est tout de même particulièrement glauque, avec une conclusion glaçante à souhait. Le trait des dessins est très appuyé et à vrai dire le chara-design laisse un peu à désirer (le Batman n’est pas très beau) mais ce côté un peu tordu et sale apporte une certaine force au récit !

A Sam Bradley Mystery…

ScénarioJoshua Hale Fialkov – Dessins Phil Hester & Eric Gapstur – CouleursJim Charalampidis

Et on termine avec une histoire policière dans laquelle le détective privé Sam Bradley assiste bien malgré lui à un meurtre dont il va se retrouver accusé. Si le Chevalier Noir est au départ accusateur il va vite se rendre compte de la situation et laisser une chance à Bradley de s’innocenter. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on découvre à qui le meurtre est lié. Fialkov maîtrise sa narration et on se retrouve à nouveau dans une ambiance policière typiquement polar noir, avec ce détective désabusé qui occupe une place centrale par rapport à Batman, et c’est très bien comme ça. Phil Hester est doué pour ses planches et l’encrage de Gapstur met en valeur ses traits ; la colorisation finit de plonger le lecteur dans l’ambiance. Et la grosse différence par rapport au reste de l’ouvrage, c’et qu’ici l’histoire nous propose une fin ouverte qui laisse deviner une suite. Peut-être dans le prochain volume ? En tout cas ça donne envie de continuer la lecture !


Comme toujours avec ce genre d’ouvrage, on y trouvera du très bon et du moins bon – même si à titre personnel je n’ai pas trouvé une seule histoire qui soit mauvaise. Passable ou moyenne au pire. La lecture reste plaisante pour qui veut se changer un peu les idées et lire du Batman hors continuité avec quelques pitchs un peu foufous qu’on peut retrouver dans d’autres séries anthologiques comme Batman Black & White. On pourra simplement déplorer l’absence du reste de la Bat-Family qui gagnerait clairement à être exploitée dans ce genre de récits. D’autant plus que certains sont absents ou complètement modifiés dans les New 52, et que cette série constitue une occasion en or pour satisfaire les nostalgiques ! La présence d’artistes comme Templesmith, Lemire ou Hester constitue une vrai plus-value et au vu du prix proposé, si vous aimez Batman et que voulez vous faire un petit plaisir, vous pouvez franchir le pas sans hésiter ! Si vous tenez absolument à des lectures inoubliables alors il sera peut-être plus sage de s’orienter vers les numéros au format numérique et de faire votre propre sélection !

4 Commentaires

  1. C’est une anthologie d’assez bonne qualité, cette série. Il serait dommage de passer à côté de ce titre pour les batfans, en effet. Il est cependant clair que le tout est extrêmement hétérogène, et certaines histoires sont clairement moins réussies que les autres.

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