Comme tous les premiers dimanche du mois, je vous retrouve sur DC Planet pour parler d’un artiste désigné par vos soins sur le forum et les réseaux sociaux (#theartof). Mais comme il y a toujours une exception, j’ai décidé moi aussi de participer à la petite fête organisée tout au long du mois par les membres du staff pour les 75 ans de Batman. Quoi de plus naturel pour célébrer les 75 bougies du chevalier noir de Gotham que de parler de son père, non pas Thomas Wayne, mais je parle bien entendu de Bob Kane.

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Où est Bill Finger ?! Je repose ma question : où est Bill Finger et pose ce transistor ! Détendez-vous je ne suis pas là pour polémiquer (bien que…), je ne peux tout simplement pas vous parler de Bill dans cette chronique vu que je me consacre aux artistes. Mais, comme on fait les choses bien chez DC Planet, on allait certainement pas célébrer l’anniversaire de Batman sans mentionner Bill Finger et donner encore une fois la part belle à Bob Kane. Quelle fierté je tire de ne pas me mouiller et refiler tout le brûlant débat à mon collègue. Le troll sur sa chronique est vivement conseillé. J’aime pas la concurrence.

Bob Kane, haaa quel magnifique chenapan tu fais. Disons le franchement, Bob Kane n’est pas le plus grand artiste de l’histoire de DC Comics… C’est un bon dessinateur certes, et nous y reviendrons, mais qui a surtout su tirer profit (c’est clairement le terme) d’une création très vite devenue culte et dépassant ses propres auteurs. Et le pluriel à « auteurs » est bien sûr épineux et, avouez le, à part peut-être les origines graphiques des premiers personnages constituant l’univers de Batman, c’est la principale motivation de votre curiosité pour la lecture de ce numéro.

Pour ceux qui n’ont jamais ouvert un comics du chevalier noir (ça existe encore ?), je fais ici référence à la célèbre dénomination présente sur chaque première page d’un comics estampillé Batman : « Batman est une création de Bob Kane« . Et Bill Finger ? Alors Bob Kane, escroc ou fondateur ? Derrière ce triste énoncé racoleur digne d’une Une de Libé‘ sur le dernier Batman de Nolan (oups) se cache finalement un vide quasi récurrent dans le discours des lecteurs (et critiques) de comics, s’adonnant exclusivement à la dénonciation d’une injustice manifeste. Qu’en est-il du talent graphique de Bob Kane ? Il y a un temps pour parler gros sous, et un autre pour parler d’un art. Un jour, peut-être, je lancerai une chronique intitulée « The fraud of ». Et pourtant… malgré toutes mes bonnes intentions, il faut avouer qu’entre ma volonté de bien faire et certaines magouilles de Bob Kane purement graphiques pour le coup, je me vois finalement dans l’obligation de parler de certains détails fâcheux.

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Bob Kane Year One

Mais pour l’heure, parlons de ce Robert Kahn, né un 24 octobre 1915 à New York (1). Fils d’un père ouvrier dans une imprimerie, Herman Kahn, et de Augusta Kahn, femme au foyer, Robert Kahn dessine dès son plus jeune âge, encouragé par ses parents. Comme ses homologues Jerry Siegel et Joe Shuster, créateurs de Superman, fils d’immigrés juifs de Lettonie réfugiés en Ukraine, Robert Kahn est également d’origine juive (2). Il est scolarisé dans le Bronx à la DeWitt Clinton High School, avec un certain Will Eisner (3) (pour la petite anecdote, Stan Lee a également ciré les bancs de cette école). Il étudie ensuite l’art à la Cooper Union for the Advancement of Science and Art et à la Art Students League of New York. Finalement, la Grande Dépression passant par là, Robert Kahn doit subvenir aux besoins de sa famille et part travailler dans la fabrique de vêtements de son oncle. Alors qu’il a dix-neuf ans, Robert Kahn rencontre Bill Finger à une fête, son aîné de deux ans, et partage avec ce dernier sa passion du comic book. Comme un Stanley Lieber (Stan Lee) ou un Jacob Kurtzberg (Jack Kirby) par exemple, Robert Kahn décide de cacher ses origines juives et assume un nouveau nom pour ses créations : Bob Kane. Il retrouve par ailleurs son ancien camarade Will Eisner qui vient juste de monter avec Jerry Iger son propre studio, proposant alors à ces derniers ses services sur des dessins humoristiques et des strips (1). Il rejoint ensuite, en 1934, les studios d’animation Fleischer (Max Fleischer a également étudié à la Cooper Union) d’abord comme stagiaire, puis s’impose comme responsable sur des séries comme Popeye ou Betty Boop (6). Ce profil ne vous rappelle personne ? Comme Jack Kirby, Bob Kane est d’origine juive, il a grandi à Manhattan, il s’est tourné très tôt vers le dessin, a côtoyé le studio de Will Eisner et

Jerry Iger (7), et a travaillé dans l’animation au studio Fleischer (ils ont en commun leur travail sur Popeye notamment) (8). Ils sont également tous deux à l’origine de super-héros emblématiques qui ont littéralement révolutionné le monde du comics. Mais si le nom de Bill Finger s’est dès lors effacé derrière celui de son comparse artiste, j’imagine mal Jack Kirby en faire de même avec Stan Lee (imaginez la crise du vieux Stan). Mais ne précipitons pas les choses et revenons plutôt aux premiers pas de Bob Kane dans le milieu du comics et de la création de Batman.

Amorces de carrière

En 1936, Bob Kane retrouve une nouvelle fois Will Eisner et Jerry Iger pour participer à Wow, What A Magazine! en tant que dessinateur et encreur sur la série Hiram Hick (9). Après l’échec de Wow, What A Magazine! au bout de quatre numéros, Bob Kane propose à Eisner et Iger un ersatz de Mickey Mouse prénommé Peter Pupp. Les aventures de ce dernier par Bob Kane sont publiées dans les huit premiers numéros de Jumbo Comics, avant d’être reprises par d’autres auteurs (10). En avril 1937 Bob Kane signe une histoire pour le 5ème numéro de Detective Picture Stories, publié par Comic Magazine Company. À noter que cette petite maison d’édition américaine a été fondée en 1936 par deux employés mécontents de la National Allied Publications, une des compagnies à l’origine de ce qui deviendra DC Comics par la suite.  Bien que Comic Magazine Company ait eu une existence très brève (elle est rachetée en 1937 par Ultem Publications), on lui doit l’idée des premiers comic books thématiques, organisant et ciblant plus efficacement les différents lectorats que comptait le comic book de l’époque (11). Bob Kane signe donc en 1937 une histoire dans le véritable premier magazine de comic book policier de l’histoire (le magazine n’est d’ailleurs pas relancé par Ultem lors du rachat). Et pas de Bill Finger à l’horizon ici, comme quoi.

En juin 1939, toujours par l’intermédiaire du studio de Eisner et Iger, Bob Kane signe pour le Fox Feature Syndicate (maison d’édition à l’origine de Blue Beetle, et oui Charlton Comics n’a fait que racheter le personnage) une histoire de Spark Stevens dans le second numéro de Wonder Comics. Spark Stevens, d’après ce que j’ai compris, c’est un radiotélégraphiste à bord du U.S.S. Dragon (l’imagination débordante) qui passe son temps à se foutre sur la tronche avec son meilleur ami Chuck Lawton, mais de temps en temps ils arrêtent d’être cons (Lobdell aurait pu écrire les dialogues) et combattent ensemble des méchants marins pas beaux qui veulent saboter leur merveilleux bateau, sauver la marine américaine et donc le monde. Bon ok, j’en rajoute, mais croyez-moi c’était pas palpitant. Par contre, même si ça n’a pas d’intérêt pour la chronique (ça n’a pas d’intérêt tout court), je me suis bien marré en lisant dans ce même Wonder Comics #2 une aventure de Don Quixote et Sancho Panza à New York. Haaaa, la benzedrine des années 40 (12)… Et je met des articles de drogues en source si je veux d’abord.

Mais revenons à nos moutons. En 1938 Bob Kane avait entrepris une nouvelle série de strips humoristiques pour National Allied Publications, racontant les aventures d’une petite fille, Ginger Snap (du nom des biscuits je suppose). La série est publiée dans les numéros 31 à 48 du magazine More Fun Comics. Ce même magazine qui accueille notamment jusqu’en 1947 (date d’arrêt du magazine), le SpectreDoctor FateGreen ArrowAquaman ou encore Superboy. Excusez du peu. Et Ginger Snap, pendant ce temps, elle mange sa soupe au restaurant (13). Bob Kane publie également dans le même temps Professor Doolittle dans les numéros 26 à 47 d’Adventure Comics, inspiré du personnage crée par l’écrivain anglais Hugh Lofting. No god ! No god ! Please no ! No ! No ! Noooooooooo ! Ne me parlez pas des films Docteur Dolittle. À noter également le premier travail de Bob Kane pour Detective Comics, avec les aventures d’Oscar the Gumshoe (14). Bien qu’il s’agisse d’un personnage de détective, Bob Kane est encore une fois ici dans le registre de l’humour avec un style très cartoon. On est encore bien loin du personnage de Batman, et pourtant…

Recette et recettes

Avant de parler de Batman – on a tout notre temps, détendez-vous – il me semblait intéressant de vous parler de quelques petites anecdotes que j’ai pu relever à droite et à gauche et qui, disons le franchement, ne vont pas calmer les détracteurs de Bob Kane. Vous le savez aussi bien que moi, le comic book est un business juteux tout autant qu’un art. Et si cette notion artistique du comic book a lentement mais sûrement été reconnue et récompensée au fil du temps, le comic book a toujours été un produit lucratif et attractif. En témoigne par exemple ses origines en tant que « funnies » (comic strip) comme moyen de fidélisation du lectorat des quotidiens américains de la fin du XIXe et début du XXe siècle (15). Il est évident que de grands auteurs ont très tôt trouvé un intérêt artistique fertile et ont pu laisser libre court à leur imagination et talent, comme un Winsor McCay et son Little Nemo in Slumberland, dont je ne me lasse jamais de relire l’intégrale lorsque je suis en quête d’inspiration. Mais il est évident aussi que les arguments financiers ont tôt fait d’impacter la nature des comic books et leurs manœuvres créatives. Alors imaginez l’espace d’un instant un jeune auteur de comic book comme Bob Kane, demandant un jeudi après-midi de 1939 (16) à son éditeur de National Allied Publications Vin Sullivan (17) combien d’argent pouvaient se faire Jerry Siegel et Joe Shuster sur leur nouveau-né Superman. Imaginez le choc quand Sullivan lui répond 800 dollars par semaines alors que l’Amérique est en pleine dépression. Ne cherchez pas plus loin, Batman est né à ce moment précis.

Bob Kane, sous les recommandations de Vin Sullivan, souhaite créer son Superman. L’homme d’acier a un costume bleu et les cheveux noirs. Bob Kane décide alors de créer son héros avec un costume rouge et des cheveux blonds. Il rajoute également un masque domino noir, comme le Spirit de son ami Will Eisner pouvait avoir. Bob Kane se souvient d’autre part d’un épisode du plébiscité Flash Gordon (à ne pas confondre avec le Flash de DC, sait-on jamais) d’Alex Raymond où deux soldats ont de grandes ailes de faucons (Hawkman a été crée en 1940). C’est décidé, son futur super-héros aura aussi de grandes ailes mécaniques. L’ancêtre de Batman est né, et il s’appelle Bird-man.

Le premier croquis de ce Bird-man est très instructif.  Bob Kane devait vraiment aimer Flash Gordon. Je taquine. En attendant la posture du Flash Gordon d’Alex Raymond datant du 17 janvier 1939 est quand même très ressemblante. Dès lors, Bob Kane présente ses idées à son ami Bill Finger. Ce dernier estime qu’un héros nommé Bird-man aurait du mal à s’imposer comme figure de proue d’un magazine de détectives. Il lui conseille d’opter pour un costume complet et plus mystérieux, à la manière d’un Shadow, ainsi que plus sombre, en complète opposition avec le personnage solaire de Superman. Bob Kane s’inspire d’une des machines volantes de Leonard de Vinci, dont les ailes lui font penser à une chauve-souris. Dans son autobiographie, écrite en 1989, Bob Kane accompagne ces propos de croquis de chara-design de Batman avant sa première apparition. L’un d’eux est daté du 17 janvier 1934. Bien essayé BobbyBob Kane a pu alors reprendre le design de Batman, suivant les conseils de Bill Finger. Il reprend la même posture de Flash Gordon qu’il avait utilisé pour Bird-man (la couverture du 7eme numéro d’Action Comics, datant de décembre 1938, a peut-être également contribué à convaincre Bob Kane d’adopter une telle posture).

Bob Kane réclame également dans son autobiographie l’influence de Zorro, et plus précisément de son premier film The Mark of Zorro, datant de 1920. Je vous laisse admirer le costume de Zorro dans ce film. Bien essayé Bobby. Encore dans cette même autobiographie, définitivement exemplaire, Bob Kane justifie son idée initiale de la chauve-souris, et notamment les oreilles, en affirmant avoir été profondément marqué enfant par le film The Bat Whispers (1930). Il évoque la figure d’un meurtrier nocturne portant une tête de chauve-souris. Sauf que dans le film en question, le meurtrier porte seulement une cagoule noire. La tête de chauve-souris n’est présente que dans le film muet initial The Bat (The Bat Whispers en est le remake) datant de… 1926. Bien essayé Bobby. À noter par contre que l’origine du Bat signal vient très probablement de The Bat Whispers, et plus précisément d’une scène où un papillon de nuit collé sur le phare allumé d’une voiture est projeté en pleine nuit sur un mur. Un papillon, une chauve-souris, roh c’est presque pareil hein. En tout cas sur l’écran oui.

Bob Kane la bricole: l’art du « swipe » et du « ghosting »

Nota bene: le « swipe » désigne dans le milieu du comics une copie intentionnelle d’une cover, d’une case voir d’une planche entière d’un comic book sans être créditée pour l’artiste copié par l’artiste copieur. La pratique du « ghosting » ou « ghost-artist » désigne quant à lui ces artistes non crédités sur un travail qu’ils ont pourtant réalisés, laissant souvent un autre artiste, généralement plus connu, inscrire son nom à la place.

Quoi qu’il en soit, la première histoire de Batman est publiée dans le 27ème numéro de Detective Comics en mai 1939. Si vous trouvez un exemplaire dans le grenier de votre pépé, vendez le, ou mieux encore, donnez le moi je le vendrai pour vous avant de prendre en secret un avion pour les Bermudes. La première histoire de Batman est intitulée The case of the chemical Syndicate (18).

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Et comme sa couverture, ses premières planches sont très instructives. Et oui Bob Kane nous comble d’attention. Merci Bob. Parlons de ta propension à pousser l’inspiration un peu plus loin que la simple référence. On a déjà vu que Flash Gordon t’avait inspiré, mais ce n’est rien à côté du travail d’Henry Vallely visiblement. Petit cachottier. Les images qui vont suivre s’organiseront toutes de la même façon: à gauche une case extraite de Gang Busters In Action (1938) ou Junior G-Men and the Counterfeiters (1937), tous deux de Henry Vallely (19), et à gauche une case extraite de The case of the chemical Syndicate (1939) de Bob Kane.

De même avec le travail de Tom Lovell sur The Shadow dans Partners of Peril d’une part et toujours The case of the chemical Syndicate de Bob Kane d’autre part (20).

Sacré Bobby. Et même quand il ne dessinait pas, il trouvait le moyen de se créditer comme dessinateur. Quelques artistes « Bat-Ghosts » en ont fait les frais : Jerry Robinson, Jim Mooney, Stan Kaye, Win Mortimer, Mort Meskin, Dick Sprang, Lew Schwartz, Sheldon Moldoff, Charles Paris, Carmine Infantino, Fred Ray ou encore Jack Burnley. Du beau monde. Jerry Robinson par exemple a travaillé pour le studio de Bob Kane à partir de ses dix-sept ans, dessinant certaines planches au nom de Bob Kane, en plus de son travail d’encreur. Jerry Robinson est même considéré comme le principal responsable de la création du Joker, bien que Bob Kane ait affirmé en être le réel créateur. Autre exemple, Charles Paris est typiquement l’artiste de l’ombre, encreur de talent du Golden et Silver Age chez DC Comics, travaillant pour Bob Kane. Après avoir travaillé pour la Fox, Fiction House, Ace Magazines, Quality Comics, Timely, le déjà expérimenté Jim Mooney a également travaillé à partir de 1947 pour Bob Kane, dessinant en son nom sans être crédité (21). Sort que connu également Dick Sprang (21). Etc, et les exemples de manquent pas. Difficile de considérer le travail de Bob Kane sans aprioris à ce niveau là… Le « ghosting » est une pratique courante à l’époque dans l’industrie du comic book, mais Bob Kane l’a quand même poussée un peu loin, répondant en partie aux attentes de DC Comics réclamant toujours plus de pages Batman.

Selon Mark Evanier, scénariste et auteur de plusieurs ouvrages sur le comic book : « Il y avait deux types de fantômes pour Bob Kane. Bob était en contrat avec DC pour fournir un certain nombre de pages par mois et il embaucha des hommes comme Sheldon Moldoff et Lew Sayre Schwartz pour les dessiner. Mais DC avait besoin de plus de pages Batman encore, et donc des éditeurs de DC embauchèrent des hommes comme Dick Sprang, Jim Mooney, Winslow Mortimer et Curt Swan pour dessiner des histoires qui n’allaient nulle part ailleurs que chez Bob Kane ou son studio. Selon l’accord de Bob Kane et DC, aucun nom autre que le sien ne pouvait apparaître sur ces histoires, et il serait faux de prétendre que Mooney (par exemple) était un assistant de Kane. Ou Sprang et Infantino, ou n’importe qui parmi la douzaine d’artistes qui ont fait l’art de Batman pour DC. » En exemple ci-dessous, The son of the Joker, écrit par Bill Finger, dessiné par Sheldon Moldoff, encré par Charles Paris, et pourtant seul le nom de Bob Kane apparaît.

Et pourtant Bob Kane est un artiste de talent, aux styles variables mais toujours maîtrisés. Les quelques planches de Bob Kane (celles là elles sont vraiment de lui) que j’ai pu lire ça et là révèlent une narration fluide, des personnages dynamiques et de belles idées graphiques. Un artiste très classique mais efficace.

Quelques mots pour terminer

Un artiste a toujours des inspirations, qu’elles soient revendiquées ou non, le soucis n’est pas là. Le problème de Bob Kane c’est d’être à l’origine d’un héros dont la côte de popularité n’a jamais réellement fléchie en 75 ans d’existence (c’est pas tout à fait vrai mais ce n’est pas le moment d’en parler). Inévitablement la success story du héros et de son créateur, longtemps considéré comme seul, a attiré les curieux, surtout quand on connaît la fortune de Batman, et je parle pas de la fictive… Bob Kane a visiblement toujours eu à cœur de défendre son rêve américain et son imagination de 1939 accouchant d’éléments composites de l’homme chauve-souris, à défaut d’être l’unique créateur de Batman. Il en a un peu trop fait le Bobby. Surtout quand on en sait un peu plus sur la pratique du « ghosting » de l’époque et du rôle joué par Bill Finger. Il vaut mieux laisser ces querelles de gros sous aux principaux concernés. S’il y a bien un personnage de comics qui ne « mérite » plus « d’appartenir » au seul Bob Kane, c’est bien Batman, tant l’histoire du comics et les auteurs ayant marqué cette dernière ont pu apporter au personnage. Allez Bobby, sans rancune, je t’épargne le « the fraud of » vu que t’as un bat-mobile. On va pas se quitter sur une blague de merde quand même. Alors juste deux petits derniers, pour le plaisir : à gauche, une case de Tarzan par Edgar Rice Burroughs datant de 1929, et une case de Batman par Bob Kane issu de Detective Comics # 33 (novembre 1939) ; puis à gauche Batman issu de Detective Comics #577 d’août 1987 par Todd McFarlane et Alfredo Alcala, et à droite, la couverture de Comics Scene #6 par Bob Kane en 1988.


Notes:

(1) Mark C. Carnes, American National Biography : Supplement, Oxford University Press,‎ 2005, p. 302
(2) Holy sunflowers! How Batman drove Van Gogh out of town, in Independant.ie
(3) Eisner et Miller, entretiens recueillis par Charles Brownstein, Rackham, 2007, page 135.
(4) http://www.nndb.com/edu/788/000095503/ ainsi que http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/07/21/dewitt-clintons-remarkable-alumni/
(5) Kane, Bob; Tom Andrae (1989). Batman & Me. Forestville, California: Eclipse Books. p. 44.
(6) Chris Ryall, Scott Tipton, Comic Books 101: The History, Methods and Madness (Impact Books, 2009)
(7) Greg Theakston et Jack Kirby, The Complete Jack Kirby, vol. 1, p. 37
(8) Gérard Courtial, À la rencontre des SUPER-HÉROS, p. 102
(9) Desris, Joe (1994). « Biography ». Batman Archives, Volume 3. DC Comics. p. 223.
(10) Peter Pupp sur Comic Vine: http://www.comicvine.com/peter-pupp/4005-9541/
(11) Mike Benton, « Comics Magazine Company, Inc. », The Comics Book in America. An Illustrated History, Dallas : Taylor Publishing Company, 1989, p. 100-101.
(12) La benzedrine, cette drogue qui a grandement influencé l’Amérique du 20e siècle
(13) Ginger Snap sur Comic Vine
(14) http://fourcolorshadows.blogspot.fr/2011/11/oscar-gumshoe-bob-kane-1939.html
(15) http://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/bande_dessin%C3%A9e/171232
(16) http://www.dialbforblog.com/archives/389/
(17) Gerard Jones, Men of Tomorrow: Geeks, Gangsters, and the Birth of the Comic Book (Basic Books, 2004
(18) The Case of the Chemical Syndicate
(19) http://henryvallely.blogspot.fr/
(20) http://www.dialbforblog.com/archives/391/
(21) http://www.newsfromme.com/pov/col293/