[Review TV] Batman : Year One
Les points positifs :
  • Techniquement sublime
  • Des personnages multidimensionnels (surtout pour Batman et Gordon)
  • Fidélité à l’œuvre originale
Les points négatifs :
  • Un brin trop court
  • Aseptisation de l’ensemble

“Maybe Gotham’s all I deserve now.” – Jim Gordon


  • Batman : Year One – 2011
  • DVD/Blu-Ray – 1h04 – Réalisation : Sam Liu, Lauren Montgomery – Scénario : Tab Murphy – Production : Alan Burnett, Michael Macasero, Benjamin Melniker, Lauren Montgomery, Sam Register, Bruce Timm et Michael Uslan

En 1987 sort une nouvelle histoire sur les origines de Batman. Plus sombre, plus brutal, plus cru, cette histoire a pour originalité de prendre le point de vue de deux personnages, Bruce Wayne et Jim Gordon. Le premier revient dans sa ville natale après dix-huit ans d’expatriation suite à la mort de ses parents assassinés devant ses yeux. Le second vient tout juste de se faire muter dans la ville du crime, Gotham City, pour avoir un trop de valeur et pris une mauvaise décision. Batman : Year One de Frank Miller, que l’on aime ou pas, est une institution dans la longue liste des récits immanquables du Chevalier Noir. L’annonce de son adaptation en une version animée était bien évidemment un événement en soit, mais la crainte de ne pas retrouver le matériel d’origine se faisait ressentir. En 2011, Batman : Year One des studios d’animation de la Warner est enfin disponible et il était attendu de pied ferme.

Ne cherchez pas midi à quatorze heure, l’histoire est exactement la même que celle du support original. En vérité, on pourrait presque parler de transposition de l’histoire tellement le travail est fidèle à l’œuvre papier de ce côté-là. S’en est au point que lorsque vous prenez votre livre tout en suivant le film Batman : Year One, on pourrait presque prendre l’un pour le story-board de l’autre. Oui un story-board de grande qualité. Évidemment ce serait là une diminuer le talent de David Mazzucchelli et de son travail tout en mouvement. Toutefois, il y a quelques entorses faites, surtout au niveau de l’ambiance et de ce mouvement justement. D’ailleurs ces entorses vont également de paire avec celles prisent par le traitement généralement plus grand public du film animé. C’est là, sans doute, le seul reproche que l’on peut faire à ce dernier, de faire exactement comme son prédécesseur papier, mais en moins prononcé. Moins sombre, moins brutal, moins fluide. Bien sûr, ce n’est là qu’une critique par rapport au matériel d’origine, qui est tout à fait valable. Sauf que, bien qu’il soit une adaptation fidèle, parfois souvent à la case près, le film existe aussi par lui-même.

D’abord techniquement, le film est une pure merveille. Je me rappelle qu’à l’époque nous bavions tous devant les quelques captures d’écran que Warner voulait bien lâcher, et lorsque le trailer était enfin disponible c’est une grande claque que beaucoup se sont prise. À juste titre puisque même aujourd’hui, le film reste d’une absolue beauté, surtout lorsque l’on le compare aux récents Justice League War et surtout Son of Batman. C’est d’ailleurs en visionnant ces deux films presque l’un après l’autre que l’on se rend compte de l’excellence du premier. Les décors sont sublimes, la neige qui tombe ressemble à des flocons de coton, alors que la nuit de Gotham les rues sont éclairées par les dizaines d’enseignes lumineuses de marchands de la pauvreté et du crime dans le quartier d’East End. L’ensemble bouge également de la plus belle des manières et il suffit de voir Selina bouger pour être convaincu qu’il s’agit d’un grand cru. C’est fluide, propre (peut-être un peu trop), parfaitement chorégraphié et très dynamique. Visuellement le film fait un sans-faute !

Ceux qui ne connaissent pas l’œuvre de Miller et qui verront ce Batman : Year One après s’être fait avoir par les films de Nolan crieront sûrement à la copie par ignorance. C’est simplement là la preuve de la puissance du récit de ce Year One qui met sur le devant de la scène Wayne et Gordon alors qu’ils arrivent à Gotham au même moment. L’histoire sera vue de leur point de vue, qui donne à l’histoire un côté très intimiste même s’ils n’iront pas aussi loin dans leur réflexion animée que papier. Les personnages sont tous profondément humains, avec ce que cela signifie en terme de qualités et de défauts. Ces hommes qui essayent simplement de faire ce qu’ils croient être juste, parfois au péril de leur vie. Il s’agit aussi et surtout d’un destin croisé, entre un lieutenant qui doit se faire sa place ou mourir, et un milliardaire qui se cherche pour enfin se trouver et former le duo que l’on connaît tous aujourd’hui. Dans ce contexte, la voix de ces personnages devait être un critère important dans le choix des doubleurs. Là aussi c’est du grand art puisque les doublages sont très réussis. Bryan Cranston en Jim Gordon,  Ben McKenzie (oui oui le même qui jouera Jim Gordon dans la nouvelle série de la Fox du nom de Gotham) en Batman/Bruce Wayne et même Eliza Dushku en Selina Kyle! Si ça ce n’est pas la grande classe alors je ne sais pas ce que c’est! Attention, il ne faut pas y chercher de « réalisme » comme on l’entend aujourd’hui. C’est surtout du comicbook qui se veut plus sérieux dans le traitement d’un personnage de la catégorie des super héros.

La temporalité joue également un rôle important. Le nom de ce Batman ne vient pas de nulle part et comme Rome, celui-ci nous démontre que tout ne se fait pas du jour au lendemain. Pour construire quelque chose de solide, il faut du temps, de la patience et mettre tout ce que l’on a. Que ce soit Gordon ou Wayne , les tribulations des deux personnages suivent plus ou moins le même schéma mais adapté à leur situation. Leur évolution psychologie est d’autant plus mise en avant qu’elle s’aligne sur la dureté des différentes épreuves par lesquelles ils passent. Le film étant très court, il est possible que certains aient l’impression que l’ensemble fait pressé, ou même aché. Ce n’est pas totalement faux et c’est un sentiment tout ce qu’il y a de plus légitime. Là encore, cela devrait rester marginal par rapport aux autres qualités bien plus importantes du film.

Il est difficile de trouver quoi que ce soit à redire sur l’œuvre animée en tant que telle. Artistiquement proche de la perfection tout en ayant une approche originale bénéficiant d’un véritable fond, les seuls qui pourront pester sur ce film seront ceux qui sont fans à l’extrême de l’œuvre originale. En effet, celle-ci s’est retrouvée quelque peu aseptisée lors de son passage du papier à l’écran. De toute façon, que l’on soit fan de Batman ou pas du tout, Batman : Year One est un excellent film d’animation qui fait partie des meilleures productions des studios d’animation de la Warner et prouve que trois ans après, l’excellence reste l’excellence. N’en dit-on pas d’ailleurs que l’épreuve du temps est le meilleur juge ?


UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Bon, tout le monde connaît l’histoire de Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli. On y suit les premiers pas de Bruce Wayne sous la cape et le masque de Batman, suite à son retour à Gotham. Parallèlement, on assiste à l’arrivée de James Gordon dans le commissariat de la ville pour y prendre son nouveau poste. Un jeune homme qui n’a rien à perdre, ayant déjà tout perdu, et un homme en pleine force de l’âge qui a tout à perdre avec la future arrivée d’un petit bébé.

Nous suivons leurs premiers pas à Gotham sur une année. D’abord adversaires, ils vont voir leur chemin se croiser sur une seule et même route face à la pègre et à la corruption. Découvrant peu à peu qu’ils sont peut-être chacun le meilleur allié de l’autre.

Bon, autant le dire tout de suite, j’ai été assez déçu de cet animé… Techniquement et visuellement c’est assez joli en général. Bien que Bruce Wayne ne soit vraiment pas au top, le pauvre, et sur certains passages l’usage de l’informatique est trop voyant et pique un peu les yeux. La lecture n’est déjà pas spécialement rythmée mais là c’est le pompon, le nombre de fois que j’ai failli piquer du nez est assez impressionnant.
Mais le gros point noir pour moi de ce film d’animation, c’est que je me retrouve avec une adaptation à la lettre du comics et qui au final ne m’apporte rien… Je ne suis pas pour des adaptations trop libres et éloignées des œuvres d’origines, mais un brin de différence ou d’innovation est toujours la bienvenue.

Bref, une déception pour moi ! Simple adaptation copiée/collée sans intérêt pour qui a déjà lu et relu le comics. Esthétiquement, cela se laisse regarder mais on est loin du chef d’œuvre quand même. Un réel intérêt uniquement pour qui ne connaît pas l’œuvre…

– Biggy

8 COMMENTS

  1. Très bon en effet. Mais comme il est dit dans l’article, vraiment trop court ! On reste un peu sur sa faim… M’enfin ça reste assurément avoir, surtout si on a pas lu le comics en fait.

  2. Pour moi aussi, un des meilleurs dessin animé DC (sans le style manga). Je le regarde toujours avec autant de plaisir, ce qui ne m’empêche pas de lire et relire le comics.
    En effet, il est court mais cela suffit à traiter l’histoire. C’est parce que on en veut toujours plus tellement c’est réussi.

  3. Un super animé j’ai adoré et j’ai été surpris par une telle fidélité à l’oeuvre d’origine !

  4. Petit + pour la VO, la voix de Bruce Wayne / Batman est celle de Benjamin McKenzie le futur James Gordon de la série Gotham.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.