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[Review VO] The Judas Coin

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[Review VO] The Judas Coin
  • Scénario
  • Caractérisation
  • Dessins
  • Colorisation
The Judas Coin
Les points positifs :
  • Un pitch de départ intéressant…
  • Différences d’époques
  • Variété dans les histoires
Les points négatifs :
  • … mais mal réalisé
  • Un ensemble bancal
  • Les dessins vieillots

« … For the silver coins were now deemed to be blood money. »

  • Scénario : Walter Simonson Dessins : Walter Simonson -  Couleurs : Lovern Kindzierski
  • DC COMICS – The Judas Coin  – 6 Novembre 2013 – 104 pages – 14,99$

The Judas Coin est un graphic novel paru en 2012 écrit et dessiné par Walter Simonson, un auteur et artiste qui est dans le milieu depuis plus de 40 ans (et que les plus vieux lecteurs auront de plus grandes chances de connaître son travail que le jeunot que je suis). À l’occasion de la réédition en format softcover de l’oeuvre, je vous propose aujourd’hui cette review d’une histoire dont le concept de départ a le mérite d’être plutôt original. Malheureusement, ça ne suffit pas toujours à faire un bon bouquin. Démonstration.

Qu’est-donc que la « Judas Coin » (ou « pièce de Judas ») ? Ceux qui sont de bons chrétiens et qui ont suivi leurs cours de catéchisme étant plus jeunes se rappelleront que Jésus, fils de Dieu, a été trahi par l’un de ses douze apôtres, Judas aka « le sale bâtard » (surnom officieux). Ce dernier avait en effet accepté de révéler où se trouvait Jésus aux Romains qui le cherchaient, et ceci moyennant une trentaine de pièces d’argent. Notre graphic novel commence donc pas un prologue relatant ces faits. Après que Jésus se soit fait crucifier, Judas est pris de remords et cherche à rendre cet argent salement gagné. Mais on l’envoie paître comme il faut et l’une des pièces valse hors de la bourse du pauvre et est ramassée par un homme à la rue. Nous allons ensuite suivre le destin de cette pièce, qui est (au sens figuré) teintée du sang du Christ…

Et nous voilà partis en voyage au travers des époques, en commençant par l’ère romaine, puis celle des Vikings, des Pirates, puis le XIXème siècle, et après un détour par la Gotham City actuelle, c’est un épisode de science-fiction qui s’offre à nous. Et à chaque fois, la Pièce entre en jeu d’une façon ou d’une autre, et chacun des actes de l’ouvrage nous parle forcément de trahison et d’affrontement ; et vous saurez sans doute que quiconque détient la pièce en subira le mauvais sort, mais tous ceux qui entrent en contact avec elle ne réagiront pas forcément de la même façon. Différence d’époques, différence d’histoires, différence de personnages. On a effectivement une certaine variété, ce qui est toujours bon à prendre. Et à chaque époque, on a droit à un personnage DC différent, le plus « obvious » étant Batman. Mais vous retrouverez également le Golden GladiatorCaptain FearViking PrinceBat-Lash ou encore Starker le Manhunter 2077. Si les noms ne vous disent rien, c’est que ce sont de vieux héros de chez DC, dont les premières apparitions ont eu lieu entre 1955 et 1970. Et certains ne sont plus ré-apparus bien longtemps. Arrivé là, vous vous dites « chouette, des personnages anciens utilisés dans une oeuvre récente, ça doit être bien !! »…

… Hé bien non. Car chaque histoire est bien trop courte pour qu’on puisse réellement caractériser les personnages. Au final, c’est même Batman et Two-Face qui manquent le plus de caractérisation ; mais ça au pire c’est pas grave, tout le monde les connaît. Les autres, c’est moins évident. Déjà qu’en premier lieu, pour être honnête, je ne les connaissais pas, le peu de pages qu’on a ne permet pas de s’y attacher. Et du coup, ce sont les histoires qui en pâtissent aussi, car on ne réussit pas vraiment à se sentir impliqués par les différents enjeux – parfois véritablement absents (Viking Prince en tête). Et il y a un très gros problème d’ellipses temporelles entre chaque acte. On est censé suivre le cheminement de la Judas Coin au fil des époques, mais d’un temps à un autre, la pièce peut parcourir des mille et des cents sans qu’on ne puisse expliquer comment elle se retrouve là. Et je ne demande pas qu’on me le montre, mais qu’au moins ça soit logique. Au final, je trouve que l’ensemble ne tient pas vraiment debout, même si la conclusion, qui laisse supposer qu’un tel emblème du Mal ne peut être détruit, offre quelque chose de satisfaisant. Mais pour le reste, je pense que Simonson n’a pas réussi à bien cerner les tenants et aboutissants de son histoire. J’aurais aimé que les actions faites à une époque aient des répercussions par après, qu’on puisse voir vraiment une sorte de cheminement pour la Pièce, qui ne sert au final que de gros porte-malheur.

Quant aux dessins, je pense que ce sera une question de goût. Je ne vais pas dire que c’est « moche » ou « mal dessiné », mais l’ensemble a un aspect un peu vieillot qui ne m’enchante pas plus que ça. Après, les personnages sont bien travaillés, les scènes sont détaillées et l’action est globalement lisible (avec quelques cafouillis dans les parties sur Captain Fear et Bat-Lash) ; mais il est clair que si vous n’êtes pas sensibles au style de Simonson vous aurez du mal à terminer la lecture. Je voudrais quand même noter qu’il a également réussi à bien transposer les différentes époques en nuançant sa patte (comparez le premier au dernier acte pour une démonstration frappante). Mais, et je me répète, si le travail est loin d’être bâclé, je n’ai pas été touché par le travail du monsieur.

Partant d’un point de départ original, Walter Simonson essaie de faire une grande fresque sur cette Pièce de Judas mais s’égare en chemin, la faute à des arcs trop courts qui ne permettent pas d’en exposer les enjeux ni de bien caractériser les personnages. La faute aussi à des dessins qui, s’ils sont travaillés, n’arriveront pas forcément à vous émouvoir. Pour ma part, cette lecture fut une déception. À croire que la Judas Coin a également porté malheur à son auteur… 




3 Commentaires »

  1. Image avatar

    Moi je les aimes bien les dessins.

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    C’est vrai que le concept est à priori sympa, mais je creuserai pas plus du coup :)

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    DarkChap 04/01/2014 à 21:10 -

    J’adore le dessin de Simonson. J’arrive un peu sur le tard dans ma découverte de ce grand parmi les grands mais depuis, je recherche vraiment ses travaux.
    S’agissant de Judas Coin, les histoires sont toutes assez sympas, bien que relativement simples, mais ne sont vraiment qu’un prétexte pour Simonson, qui cherche ici à nous épater avec son talent visuel et si on apprécie son style, c’est un véritable régal.
    D’ailleurs, ça me rappelle qu’il faut que je commence mes TPB de son run sur Thor.


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