Showcase #144 - Justice League of America #28 (1960)

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Showcase #144 - Justice League of America #28 (1960)

À quelques semaines d’une grève des scénaristes quasiment actée, il est bon de se rappeler que manifester est un droit garanti à tout individu vivant dans une société démocratique – pas la Corée du Nord en somme, quoique que protester en place publique n’y est officiellement pas interdit, il suffit juste de savoir éviter les balles. Ainsi, nos héros n’échappent pas à la règle, et au lieu de se lancer dans une Civil War inutile pour protester contre une loi sur la régulation de leurs activités, ces derniers, en 1960, ont pris avec force et courage des pancartes pour s’opposer à une décision qu’ils trouvaient injuste. Aujourd’hui, parlons de JLA #28.


Alors que Carol Ferris voyage à bord d’un avion, son collier de perles se détache de son cou et quitte l’intérieur de l’appareil. Le bijou se met soudain à grandir jusqu’à entourer totalement le Boeing, et de l’autre côté du hublot, Matter Master apparaît. Se fendant d’un rire sardonique, le super-vilain se sert du collier pour détourner le véhicule aérien et prendre en otage les civils à l’intérieur. Si si, c’est cohérent, nous sommes en plein âge d’argent, une époque ou la physique n’existait pas encore dans notre monde. Armés respectivement du Batplane et du Arrowplane, le chevalier noir et l’archer vert arrivent pour sauver la situation. Malheureusement, Bruce entre en collision avec une des perles et percute son camarade, forçant les deux hommes à s’éjecter et déployer leurs parachutes. Une fois le criminel parti, une question demeure : où sont les autres membres de la Justice League ?

Petit retour en arrière. Headmaster Mind, l’homme plus intelligent de la planète -enfin il parait- a créé des « batteries cardiaques » lui permettant de moduler les pouvoirs de nos héros. S’en suit donc une série de catastrophes dignes des meilleures tragédies grecques telles que Sharknado, et les membres de la Justice League se retrouvent victimes de leurs pouvoirs. En effet, Wonder Woman crée à l’aide de son fouet un glacier qu’elle finit par réduire en miettes, provoquant une vague dévastatrice, et les poissons d’Aquaman l’amplifiant, cette dernière se transforme en véritable tsunami. Superman, tentant d’intervenir, réoriente le danger vers la ville la plus proche mais Green Lantern réussit néanmoins à éviter la catastrophe en séparant la vague en quatre, grâce à son batteur à œufs. Pour finir, Flash, tournant sur lui même pour éviter que l’eau ne se propage, fracture la roche sous ses pieds et fait remonter la lave contenue dans un point chaud situé dans le manteau, lui même séparé de la croûte par la discontinuité de Mohorovičić (information intéressante mais difficile à placer dans une conversation soit dit en passant).


Retournons maintenant vers le présent. À la suite de cette catastrophe, les Nations Unies ont donné l’ordre à nos héros de ne plus utiliser leurs pouvoirs afin d’éviter que ces tragiques événements ne se reproduisent. Néanmoins, alors que tout semble perdu, Phillipe Poutou habillé en Wonder Woman tape du point sur la table :
– Faisons abroger cette loi ! Allons y ! Plus de protection pour les Supers !
– Justice for Justice League ! s’écrie Flash
Attrapant des panneaux et écrivant des slogans dessus, chacun part manifester devant le siège de l’ONU. Les méchants arrivent vite pour regarder le spectacle mais Batman et Green Arrow sont là pour les accueillir. Malheureusement, ils ne peuvent à eux seuls mettre hors d’état de nuire leurs ennemis, qui finissent par s’enfuir. Soudain, Superman a une idée : pour prouver qu’elle ne constitue pas une menace, la Justice League triomphera sans utiliser ses pouvoirs. Se forment ainsi plusieurs groupes.

Groupe 1
Matter Master vole jusqu’à une mine d’or où il décide de se fabriquer un char antique pour… No idea. L’homme d’acier, suspendu à une corde, fait à l’aide d’un chalumeau entrer en fusion les roues du véhicule.

Groupe 2
Wonder Woman se fait attaquer à coup de Bolas par un méchant qui est logiquement tombé dans l’oubli. L’amazone les retourne contre lui et Aquaman se charge de jeter de l’eau sur le sol pour faciliter la chute du méchant.

Groupe 3
Tattooed Man lance des boules de Bowling sur Flash et Green Lantern. Ce dernier se sert alors de l’arme de son adversaire pour lui briser les jambes, réalisant au passage un superbe strike.

Groupe 4
Batman et Green Arrow tabassent Headmaster Mind… Il n’avait qu’à pas esquiver les cours de sport.


Les héros ont gagné, le chevalier noir prononce un grand discours à l’ONU afin de disculper la JLA et le monde est sauvé.


À travers ce numéro néanmoins distrayant, il est tristement possible de voir un prémisse à de nombreux conflits entre des scénaristes revendiquant leurs droits et les boites de production les employant. Bien que le domaine majoritairement touché soit actuellement le monde du cinéma, il est facile de réaliser qu’un art minoritaire comme le comics est encore plus affecté par ce postulat. Ainsi, même à l’époque, le grand Kirby ne pouvait pas vivre dans l’opulence, loin de là et n’était, de plus, pas propriétaire de ses créations. Ce problème continue d’ailleurs d’être d’actualité, en particulier chez DC Comics et ses contrats désavantageux privant les scénaristes, même les plus reconnus, de leurs droits, en témoigne Alan Moore et son bébé Watchmen.

Lisez des comics, renseignez vous sur la grève des scénaristes et lisez du Silver Age parce qu’on fait des chroniques dessus et que c’est assez drôle et instructif ! 


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