Review VO - Batwoman : Rebirth #1

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Review VO - Batwoman : Rebirth #1
 Batwoman - Rebirth 001-000
Les points positifs :
  • Certaines planches réussies
Les points négatifs :
  • Steve Epting ne s’implique pas
  • Les défauts d’une entrée en matière « Rebirth »
  • Numéro pauvre et mal structuré
  • L’impression que le personnage ne retrouvera jamais la qualité d’antan

« Open fire. » – Commander Kane


  • Scénario : James Tynion IV, Marguerite Bennett – Dessins : Steve Epting – Couleurs : Jeremy Cox
  • DC Comics – Batwoman : Rebirth #1 – 15 février 2017 – 32 pages – 2.99 $

Batwoman revient en kiosques cette semaine, aux côtés de Super Sons et de The Wild Storm pour être paradoxalement la sortie la moins immanquable des trois. Les fans la réclamaient, les auteurs aussi, et en définitive il est vraisemblable que ni les uns ni les autres ne s’en satisfassent. Ce premier numéro – qui n’en est pas un, puisqu’il porte la mention Rebirth dans son titre, ce qui implique une probabilité de numéro inutile ou trop introductif à environ 50/50 – est une déception, pour les fans de la version du personnage tel qu’il connût ses premières heures, et aussi les fans de Steve Epting, qui nous rappelle que malgré son talent en général, il reste comme nous autres ici bas un être humain normal fait d’eau et de cellules de paresse. Sean Murphy reste donc le seul artiste mutant déclaré, jusqu’à ce qu’on découvre que lui aussi a parfois des envies de « rien à foutre, j’suis payé », d’ici quelques années.

Batwoman - Rebirth 001-001

Parce que, les planches ne sont pas à la hauteur de son talent. Si, en imitant les découpages du quatrième Williams, le dessinateur trouve de jolis découpages et une utilité aux couleurs souvent plates de Jeremy Cox, il n’hésite pas non plus à s’auto-parodier en imitant son coup de crayon sur la série Velvet avec Ed Brubaker (postures et cheveux inclus), pour être extrêmement inégal du début à la fin. On en vient à se demander si le couple Jae Lee / June Chung n’a même pas du faire quelques finitions, tant on retrouve parfois plus d’un trait qui n’a l’air d’appartenir ni à Epting ni à eux sur certaines cases çà et là. Le numéro est dans l’ensemble une déception graphique, pour toutes ces raisons, et parce qu’il peut faire infiniment mieux. La flemme, ou pas assez cher payé ?

Concernant le scénario, voilà ce qu’on peut en dire : la première page annonce une sorte de narration sur quatre temps de la vie de Kate, et va s’en tenir à cette promesse qui évite de devoir créer une première dynamique d’intrigue, de poser un contexte ou un statu quo, de rameuter au passage les fameux 3% de lecteurs débutants qui n’avaient peut-être jamais connu le personnage avant le relaunch récent et Detective Comics (j’en profite pour lancer un appel à témoins, car le cas de ces quelques personnes est sans doute réel, mais j’ai vraiment du mal à y croire), et de placer le fameux cliff’ de fin hyper facile qui nous rappelle que l’écriture n’a pas ici été confiée aux darons du genre. Bennett a pu s’améliorer sur Bombshells – elle n’est juste toujours pas au niveau.

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Quant à Tynion, si le bonhomme est responsable de la réussite qu’est Detective, c’est dans l’action, le rebondissement et la sensibilité d’une équipe dans Gotham City qu’il s’épanouit. Cet exercice de style là, posé comme ça, ressemble à une imitation de Rucka sur Wonder Woman ou de Snyder sur un début d’arc besogneux : c’est scolaire, ça manque d’entrain et ça ne décolle pas. Les ficelles de l’intro’ perméable où on ne sait pas trop où ça va ni combien de numéros ça va durer sont palpables. La série n’a déjà pas l’air d’avoir de grosses surprises en stock, et va donc utiliser un poncif du super-héros (très Futures End) tout en surfant sur ce qui s’est fait par le passé. A moins de finalement autoriser le mariage que tout le monde attend, la direction n’a pas l’air très définie. Peut-être est ce seulement dû à cette technique que s’imposent les scénaristes, et qui ne leur réussit pas. Ou peut-être qu’ils ne fonctionnent pas bien en solo. Dans les deux cas, on peut en tout cas statuer sur le fait qu’il y avait plus de talent avant, au dessin comme au scénario.

Maintenant, quoi que cette opinion soit tout à fait personnelle (j’entends le brave Cookie m’expliquer que les sites Américains sont dithyrambiques – c’est bien pour eux), je crains que dans les kiosques de cette semaine et dans l’avenir plus largement, la série Batwoman ne connaisse pas le succès que le bon Didio espère en tirer. A voir si l’éditeur, qui a su freiner ses annulations paniquées, a envie de soutenir le truc jusqu’au bout, et attendons évidemment les prochains numéros, mais l’avenir me semble pour la justicière aussi brumeux qu’après sa reprise par Andreyko, et tout à fait égal sur le plan de la qualité. A vous de faire votre bilan de tout ça.

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Bref, Batwoman, c’est revenu, et c’était pas terrible. Un numéro qui veut à la fois trop en dire sans rien raconter, qui cherche à combler un vide sans donner le sentiment d’avoir de raisons de le faire ni de réelle passion à raconter cette histoire nouvelle – et surtout, privée de ses géniteurs, la rouquine peine à retrouver sa magie fantasmagorique et sociale d’antan. A part nous rappeler des faits que vous et moi connaissons, donner à Epting l’occasion de rater des visages et de réussir des costumes, de vendre du papier et de justifier qu’on ne soit pas si réac’ que ça chez DC (« I’m gay », you fucking white males), c’est triste à dire mais ce premier numéro est creux. Et décevant. Espérons que ce ne soit qu’une intro’ maladroite, et que ça devienne bien au prochain – l’optimisme, vous savez bien.


2 Commentaires »

  1. Blue 16/02/2017 à 19:52 -

    Ouais, je confirme, c'est plus que moyen. Ça va beaucoup trop vite, on change d'époque et de lieu au maximum toutes les deux pages et c'est pas spécialement bien écrit -le "i'm gay" qui sort de nulle part alors que les dessins auraient suffit. La case où le soldat enlève le sac sur sa tête est pas si mal mais reste clichée sinon c'est pas folichon non plus du coté graphique x)

  2. Haribosaki 21/02/2017 à 11:33 -

    Ne connaissant Batwoman que depuis l'arc "Monster Men" dans Detective Comics que j'ai acheté uniquement pour ça, me suis précipité sur cette issue Rebirth car le personnage m'intriguait. Ben, je vais devoir le relire une seconde et une troisième fois ce numéro because j'ai rien compris, c'est con pour un Rebirth... Autant je connaissais son orientation sexuelle, sa relation avec Renee Montoya qui est soulignée au début de l'arc "The Victim Syndicate" mais là ce numéro 1 ben je reste dans le flou, c'est qui l'autre personnage prénommée "Beth" ? Bref c'est un chouia tout confu ! Mais bon, je vais m'accrocher, suis spécialiste des causes perdues, pas vrai Cyborg ?!


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