Review VO - Vigilante : Southland #1

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Review VO - Vigilante : Southland #1
review Vigilante : Southland #1
Les points positifs :
  • Le sous-texte social
  • Introduction rondement menée…
  • Partie graphique plaisante
Les points négatifs :
  • … mais il manque un petit quelque chose
  • Beaucoup attendront le TPB directement

« Exactly. Time to come at this from a different angle. » – Donny


  • Scénario : Gary Phillips  Dessins : Elena Casagrande – Couleurs : Giulia Brusco – Couverture Mitch Gerads

Le concept du Vigilante chez DC Comics ne date pas d’hier, et de nombreuses personnes ont décidé de prendre le costume et de porter ce nom de justicier (littéralement), quand ladite personne n’avait plus foi dans le système judiciaire et les lois mis en place, pourtant au service de l’homme. Alors que le personnage va faire son apparition dans la série tv Arrow, l’éditeur américain confie les commandes de cette nouvelle mini-série à l’auteur afro-américain Gary Phillips, spécialisé dans le polar, pour ré-imaginer une nouvelle version (on en est à huit incarnations différentes) du personnage, qui prend énormément parti du vécu de son auteur. Au service d’une histoire originale ? C’est ce que nous allons voir.

Le numéro commence d’emblée par un échange de coups très violents pour instaurer le ton de l’action du Vigilante, qui ne va pas y aller de main morte. Quelques pages pour nous plonger dans l’ambiance avant de revenir en arrière, procédé d’origin story classique pour un premier numéro. Donny Fairchild est un personnage assez quelconque : concierge d’université, il occupe ses journées à jouer au basket (c’est un ancien champion) et à fumer des joints (oui, il y a de la DROGUE dans un comicbook DC !). Tout le contraire de sa petite amie, Dorrie, brillante étudiante, impliquée dans la lutte pour l’égalité raciale (les deux personnages sont noirs), et qui a aussi un passe-temps particulier. Revêtue d’un costume noir et bleu électrique, elle mène ses propres enquête contre une société qui semble avoir des choses à cacher… Bien mal lui en prendra, puisque Dorrie est brutalement assassinée quelques jours plus tard.


C’est forcément l’élément déclencheur qui va pousser Donny à sortir de sa léthargie et à renouer avec un certain passé qui cache quelques zones d’ombre, et va le pousser à vouloir se faire sa propre justice. En dehors du passé de son personnage, qui expliquera certainement les facultés physiques de Donny à reprendre le costume de feu son amoureuse, Phillips place l’action à Los Angeles, et ce n’est pas innocent. Alors que l’Amérique se déchire encore sur les violences policières envers la communauté afro-américaine, et que Los Angeles est tristement célèbre pour son passé là-dessus, on sent que l’auteur veut en remettre une couche et alerter les lecteurs au travers de son histoire. Mais ici, pas (encore) de gros clichés. La police ne se montre pas ouvertement raciste, mais, et c’est tout aussi horrible, complètement indifférente du sort de Dorrie.

Malgré son introduction très vive, le reste du numéro est bien plus narratif. Avec le format de mini-série, Phillips n’a pas vraiment de temps à perdre et le défi de ce premier numéro est de réussir à poser toute l’introduction (les personnages, l’élément déclencheur, les premières avancées) en très peu de pages ; la difficulté me semble surtout de raconter le début d’une histoire qui manque sûrement un peu d’originalité, mais je me doute bien que les vrais rebondissements arriveront ensuite. C’est d’ailleurs un fait, Donny n’endosse pas le costume tout de suite, et il y aura forcément un cheminement à suivre – peut-être indiqué par le cliffhanger, qui ne nous fait pas s’inquiéter pour le personnage, mais plutôt sa réaction. L’ensemble est, je trouve, bien raconté, mais il faudra vraiment voir le mois suivant si Gary Phillips a réellement une bonne histoire à nous proposer, ou « simplement » un polar avec une touche de super-héroïsme, et un discours social sous-jacent (qui est important, je ne dis pas le contraire, mais on peut le trouver dans d’autres formats).


Concernant les dessins, c’est l’artiste italienne Elena Casagrande qui est au crayon et à l’encre, et le résultat est assez brut. Le ton sérieux de l’histoire est dans un premier temps renforcé par l’encrage omniprésent des inter-cases, et il est également très présent dans le trait de l’artiste. Les visages sont par ailleurs expressifs et on sent une certaine idée de la mise en scène (par exemple, lors de « l’accident ») chez l’artiste, qui reste très proche de ses personnages. Pour le reste, il n’y a pas grand chose à redire. Casagrande possède un style bien à elle, le côté très urbain et l’aspect social (comprendre : les quartiers pauvres de LA) se ressentent également avec le jeu des couleurs. Ce sera surtout une affaire de goût, pour moi l’ensemble est assez agréable à regarder, même si ce n’est pas forcément une claque graphique. J’ai un peu du mal aussi sur le design du costume, bien que l’action au départ soit vraiment bien dessinée. Correct donc, sachant que j’estime que l’enjeu de cette mini-série ne se fera pas sur la partie graphique.

Donnerez-vous sa chance à Vigilante ? Je me doute que peu d’entre vous le feront, mais il sera difficile de leur donner tort, ou raison. Le problème de cette mini-série est que le réel potentiel ne pourra se développer qu’au second numéro. Ici l’introduction est rondement menée, avec des personnages qui sont correctement dépeints, et un contexte social fortement appuyé. Mais il manque un petit quelque chose pour être véritablement conquis. Je ne souhaite que donner ma chance à ce titre (qui ne vous en coûtera pas beaucoup de toute façon) et y retourner voir ce que Phillips aura à nous proposer le mois prochain. Pas vous ?


1 Commentaire »

  1. Kani 29/10/2016 à 13:25 -

    j'ai bien aimé, ça fait du bien de lire quelque chose de plus terre à terre chez DC, chose qui manques de plus en plus dans les séries Batman depuis longtemps


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