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Petit avertissement de routine : cette rubrique n’a aucun autre but que d’être aussi méchante que stupide, et n’engage en rien l’avis du reste de la rédaction de DCPlanet (qui ne m’a toujours pas viré, mais que fait le rédac’ chef ?) . Je me permettrai donc d’être odieux, d’abuser de vannes de mauvais goût et je serai évidemment d’un cynisme appliqué et enjoué. Vous voilà prévenus.

Le logo. Si vous regardez bien en haut, vous remarquerez qu’ils nous laissaient un indice pour montrer qu’ils voulaient nous enfumer. Sûrement un coup du Riddler.

Le week-end dernier, comme cela ne vous a probablement pas échappé (même la fameuse ménagère de moins de 50 ans était au courant, grâce aux incessants spots publicitaires sur la première chaîne, celle qui sert à abrutir en masse le peuple pour lui vendre des saloperies sur le télé-achat et le faire voter pour … Euh promis, je m’arrête là) a eu lieu la première édition du Comic Con de Paris. Le fameux « Quidam Lambda, » dont on parle souvent sur DCPlanet, pourrait croire qu’il s’agissait là d’un salon où l’on pourrait croiser Bigard et Enjoy Phoenix (Arizona) essayant de trouver un exemple pour chacun des mots composant le nom de l’event, mais il n’en fut rien (cela dit, il n’était pas si loin d’avoir raison, pour une fois). En effet, comme chacun sait, c’est le plus grand festival de Comics de France autoproclamé qui a eu lieu, celui-là même qui nous promettait Squeezie et Renan Luce sur son programme ! J’imagine à peine les séances de brainstorming entre les organisateurs … « Oh les mecs, vous savez à qui je pense pour le Comic Con ? Ah, comment ça Philippe Risoli n’est pas libre ? J’étais certain que les geeks voulaient se faire dédicacer leurs 33 tours de Cuitas les Bananas… »

C’est donc avec entrain que je me suis décidé, quelques jours à l’avance, à me procurer des places pour cette convention qui m’intéressait au plus au point ( vous imaginez, j’ai espéré pouvoir rencontrer un vieux réac’ islamophobe dont je suis malgré tout fan depuis des années (et non, je vous rassure, il n’est ni politicien, ni borgne). Je me suis donc rendu sur le site pour acquérir le précieux pass, mais c’était déjà mort pour le samedi, parce que hey, c’était limité. MAIS OUI bordel ! Il faut quand même lire la FAQ, paragraphe 8, alinéa 4, ligne 12, écrite en police Windings, taille 4. Après un travail archéologique digne de Champollion (j’avais pris quelques tranches de rosette avec moi pour l’occasion, mais elles ne m’ont étrangement pas beaucoup servi, j’ai sûrement mal compris le principe) j’ai pu déchiffrer le message suivant « Le Comic Con se réserve le droit de se foutre de votre gueule et de limiter les places pour favoriser leur revente illégale, un peu comme les tickets pour les concerts de Johnny au stade de France, de toute façon c’est à peu près du même niveau. Tant pis pour vos gueules, on vous avait prévenus »PS : le tube de Vaseline n’est inclus qu’avec les billets VIP, au délicat tarif de 20000000€, uniquement en prévente). Fort heureusement, je suis plein de ressources et j’ai réussi à obtenir un pass pour les trois jours. Et je ne savais pas à quel point j’allais être heureux de passer mon week-end dans cette sublime Halle de la Villette. Hell Yeah !

Pour la suite de cet article, j’adopterai un style différent par jour de présence, histoire de ne pas être trop ennuyeux en vous parlant d’un vide intersidéral l’espace de quelques pages virtuelles.

La file d’attente des détenteurs de billets « 1 jour », ou l’un des cercles de l’enfer selon Dante, à vous de choisir.

Jour 1, celui qu’on retient (désolé).

(Imaginez un peu une voix rauque, histoire que ce soit plus crédible)

Journal de Zeppeli, 23 octobre 2015.

Ce midi, tas de crétins costumés dans le métro. Maquillage coulant sur leurs visages marqués par l’acné juvénile. Cet endroit me répugne. La fange grouille sous terre, un jour elle débordera et noiera toute la vermine. Entré dans la convention. Trente minutes d’attente pour cette crasse. Devant moi, deux gars parlent de Star Wars. Le premier prétend que la saga est tirée d’un roman. La crasse humaine est partout. Attendu vingt minutes pour une dédicace. Un individu vient nous dire « pour Frank Millère, c’est complet ». Accent terrible, sûrement un campagnard. Passé le reste de la journée à observer les commerces. La capitalisme phagocyte la convention. Aucun comic book VO en vue. Quelques éditeurs tentent vainement de vendre des livres aux ignares venus acclamer leurs idoles 2.0. Entendu un gars dire à sa compagne « oh t’as vu, y’a même des BD ici ». Croisé des gens en costumes bariolés. Des gamines dénudées prêtes à s’offrir à l’œil pervers de photographes quarantenaires en rut. Des personnages de jeux vidéos et autres japoniaiseries envahissent la salle. Vu des pauvres types se frapper dessus à coups de sabres laser en plastique. Ils prétendent que c’est un art martial. Suis-je enfermé dans un asile psychiatrique ? Ce qu’ils ignorent, c’est que ce n’est pas moi qui suis enfermé avec eux, ce sont eux qui sont enfermés avec moi. Ils le sauront bientôt.

Pensé à fuir. Finalement resté. Jamais de compromis, même face à l’Apocalypse. Assisté à une masterclass. Présentation correcte. Traduction minable.  Aujourd’hui une convention est morte.

Reçu un message du rédac chef « alors, c’est bien le Comic Con ? » Bonne blague, tout le monde rigole, roulements de tambour, rideau.

Jour 2

Penny One ? Me voilà au cœur du problème. Je me dirige vers le point d’entrée le plus proche. Toujours aucune possibilité d’atteindre Miller (est-il vraiment ici ? Dois-je interroger le premier organisateur croisé en lui vociférant de ma voix suave un délicat « Où est-il ? », véritable secret de mon titre de « meilleur détective du monde ? ». L’atmosphère me répugne. Penny One ? Je crois remarquer le Joker et Harley. Ils préparent un mauvais coup. Ils semblent avoir changé de sexe. Fausse piste. Foutus cosplayers. Le même traitement a été infligé à Dark Vador, qui a bien gagné cinquante kilos au passage. Plusieurs ersatz de moi-même sont présents. Bande d’amateurs. Je ne porte pas de protèges-tibias. Encore moins d’armures d’ailleurs, enfoiré de Nolan. Alfred ? L’atmosphère est étouffante, mais aucune trace de gaz hilarant du joker. C’est sûrement un traquenard du Riddler. Je m’attends à avoir une question du type « qu’est-ce qu’un Comic Con sans Comics ? » mais j’ai la réponse devant les yeux. J’interroge quelques personnes déguisées en figures familières. Pas foutues de me donner des précisions sur leurs modèles, la réponse universelle semble être « j’aime bien la dimension visuelle du personnage » ces gens seraient incroyablement doués en politique. Les jokers sont de fausses pistes Alfred, je coupe le contact radio, j’ai de quoi m’occuper avec toutes les Catwomen du coin. Je vous recontacte.

Penny One ? Apparemment courir derrière la femme chat était la seule chose à faire ici. J’en ai profité pour me faire dédicacer quelques albums sous un nom d’emprunt. Uniquement du Comic-book indépendant, après tout, les super-héros ne semblaient pas les bienvenus ici.

Jour 3

Par Spider Zeppelusalem

Deux jours. Deux jours que je sillonne le Comic Con. Quitter mes montagnes pour rejoindre la Ville n’a pas été une bonne idée. Mais voyez-vous, je dois un papier à mon ordure de rédac’ chef. Dans la convention, une religion naît toutes les trente-cinq minutes. Le peuple est influençable, ils adulent d’abord une horde de connards en rouge et noir. Pas un hommage à Stendhal, croyez-moi. Toute rumeur prétendant que je suis à l’origine de la diarrhée spontanée d’une quinzaine de Deadpool est strictement infondée, vous savez bien que les agitateurs d’intestin sont illégaux et qu’un journaliste aussi intègre que moi ne peut en posséder. Et j’y serai plutôt allé au lance-flammes. Après ce malheureux événement, c’est un certain Squeezie qui a fait son entrée. Une horde d’adolescent criait beaucoup, comme ma première copine. Ce type au sourire carnassier ne m’inspire pas confiance, et je m’y connais en Sourire. Je lui ferai bouffer ses couilles un jour. Les vraies, par cette saloperie clonée de chez Long Pig, ce fast-food distributeur de viande humaine. On nous promettait une célébration de la culture comics, mais ce n’étaient que des mots. La rumeur veut qu’un organisateur ait déclaré « de toute façon, les gens ne viennent pas pour les comics ». J’emmerde ce type, mais le fait est qu’il semble avoir raison, c’est ce que je lui ai dit après lui avoir enfoncé un barreau de chaise dans l’un de ses orifices. Les panels de présentation de la nouvelle série Thierry la Fronde sont remplis, jouant sur la nostalgie d’une époque que les jeunes n’ont pas connue. Ils espèrent encore un retour à l’âge d’or. Celui où le pays était à la botte d’un chef d’état militaire et autoritaire. Je vomis cette jeunesse.

Nombreux sont ceux qui viennent vénérer la monoculture. Retrouver partout les mêmes logos, partager un avis consensuel sur des programmes télévisés calibrés pour cette horde de pseudo-geeks. Le Comic Con prend toutes les cultures de niche, fantasy, comics indépendants, science-fiction et j’en passe. Il les mastique et les déforme à grands coups de molaires jusqu’à les réduire à l’état d’infâme bouillie. Il les digère et les chie pour en faire des produits calibrés, prêts à être consommés par la masse. Vous comprendrez aisément pourquoi j’ai passé la fin de journée en hauteur, à pisser sur la foule.

En exclusivité au Comic Con : l’expo des masques Arkham Knight vus partout, fièrement décorés par des artistes et autres blogueurs à la mode (dont Cyprien et Squeezie, aka Charybde et Scylla).

Voilà donc un petit résumé tout à fait objectif de cette petite convention venue bouleverser la culture geek francophone. Je quitte la peau de mes personnages pour vous apporter quelques croustillantes informations supplémentaires : Maisie Williams, une pauvre gamine que tout le monde attendait pour espérer poser avec elle en photo pour trente balles (quand je vous dis que ce truc est un incroyable nid à pédophiles) a annulé sa présence alors que l’événement battait son plein. Dommage, j’espérais vraiment voir une masterclass où elle expliquerait que son métier, c’est d’agiter une épée quand le mec derrière la caméra lui dit de le faire, et de faire les gros yeux quand c’est cet ordre là qui est donné. Et je vous avoue que j’avais envie de lui demander ce que ça faisait d’être la seule femme du casting de la série à ne pas avoir tourné de scène de sexe, alors que tous les mecs portant un appareil réflex autour du cou dans la salle n’attendaient que ça. Mais ce n’est pas l’annulation la plus dérangeante : Renan Luce n’est pas venu non plus. Avait-il reçu une lettre ? A moins qu’il n’ai finalement eu un coup avec l’une de ses voisines, ce sale stalker… Le Comic Con est une déception sur toute la ligne (si je devais être honnête, je défendrais les artistes et certains éditeurs qui ont courageusement sauvé l’event de la déchéance totale mais vous savez bien que ce n’est pas le but de la chronique). Je vous avoue que je n’ai plus vraiment envie de remettre un pied à la Jap… Ah ouais, c’est vrai que ce n’est même pas cette convention.

La gagnante du concours de cosplay du Comic Con : Cendrillon. Non, ce n’est même pas la version de Fables. Apparemment toute l’organisation se battait les couilles de la thématique comics et « pop culture ». L’année prochaine je propose un groupe cosplay des personnages de Jean de La Fontaine.

J’imagine que les mecs de chez Reedpop se sont dit que les français étaient assez cons pour ne pas voir la différence entre cette version du CC et celles qui ont lieu aux USA, et que les grands auteurs comme Scott « mon Batman c’est Robocop » Snyder ou Grant « j’ai un accent écossais et je prends de la drogue » Morrison par ce grand réalisateur qu’est Louis « j’ai fait le Transporteur 2 et le seul film du Marvel Cinematic Universe a avoir été retconné en 20 secondes dans Avengers parce que c’était de la merde » Leterrier. Et tout le monde sait que Youtube et Canalsat, c’est ce qui intéresse le plus les geeks, qui ne sont de toute façon que des abrutis costumés consommateurs de conneries pour gamins, dont il faut impérativement s’assurer qu’ils dépensent leur fric pour engraisser l’actionnaire. Faut bien qu’ils servent à quelque chose, ces connards d’adulescents.

Et que dire des panels organisés par Melty ? Déjà vous remarquerez qu’ils sont chapeautés par des spécialistes, un site vraiment pointu en ce qui concerne toute la culture pop puisque sa page d’accueil affiche pêle-mêle Game of Thrones, Arrow, Secret Story, Teen Wolf, et un article au titre ravageur  » Sexe : la bière rend meilleur au lit, c’est scientifiquement prouvé » (mesdemoiselles, si tout cela est vrai, je ne saurais que vous conseiller de vous rapprocher des membres du Staff de DCPlanet…). C’est donc sans suprise qu’on a pu les voir poser des questions cinéma à Miller (qui ferait bien de ne plus toucher à une caméra, je suis encore traumatisé par the Spirit, qui fait pâlir les productions the Asylum). C’est tout juste s’ils n’ont pas demandé à Azzarello ce qu’il pensait de l’affaire des masques de beauté à la cannelle d’Enjoy Phoenix.

Si j’en avais encore l’énergie, je vous proposerais bien de parler encore de la convention, d’explorer ses tréfonds et de vous parler de ses toilettes pour malentendants (véridique !), du journaliste de BFM qui fait scandale parce qu’il a mis une main au cul d’un gros Firestorm qui ressemblait à une brosse à chiottes obèse, ou encore de la cosplayeuse en slave Leia qui faisait saliver certains de mes camarades tant elle semblait sortie de la troisième page d’un tabloïd londonien. Mais tout ce qui est à retenir, c’est que cette première édition du Paris Comic Con, c’était grave à chier. Heureusement, on avait des pizzas, des chips, et Danse avec les Stars. Quand je vous dis que je n’en suis pas sorti indemne…

zeppeli

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