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[Review VF] Justice League L’autre Terre

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[Review VF] Justice League L’autre Terre
  • Scénario
  • Dessin
  • Colorisation
Justice League L'autre Terre
Les points positifs :
  • Caractérisation des personnages
  • Dessins

Les points négatifs :
  • Trop court
  • Pas énormément d’action

« …Et préparez-vous à l’abordage. » – Ultraman

  • Scénario : Grant MorrisonDessins : Frank Quitetly - Couleur : Laura Martin , Wildstorm FX

Surement pour nous éclairer sur le Syndicat du Crime et ses origines, Urban choisit opportunément de sortir Justice League : l’autre Terre (vilaine traduction de JLA Earth 2), le mois où parait en kiosque le premier numéro de Forever Evil, dans lequel cette dernière se distingue particulièrement. Le souci c’est que l’on ne peut que comparer ces deux œuvres dont l’époque et le contexte sont éminemment différents.

Écrite en 2000, cette histoire commence par le crash d’un vaisseau dans un champ de blé en pleine Amérique profonde. Un couple de jeune gens s’en approche avec prudence et découvre… Lex Luthor ! Qui demande après les Super-Héros de surcroît ! On marche sur la tête ! Hé bien, vous ne croyez pas si bien dire ma bonne dame, puisque ce Lex Luthor est issu d’un monde en tout point contraire au notre. La preuve, à peine dans son bureau, celui-ci fait des dons à des œuvres caritatives, augmente ses employés et donne des vacances à sa secrétaire ! Finalement, il entre en contact avec la Justice League et leurs demande de sauver son monde des mains du Syndicat du Crime, une version dévoyée de notre Ligue de Justice. Seulement son arrivée et le départ de nos héros sur la planète de cette version de Luthor va avoir un effet curieux et provoquer l’arrivée du Syndicat du Crime d’Amerike sur notre planète. Il semble alors que la volonté seule de nos héros ne suffise pas, des règles étranges régissant nos deux mondes.

Justice League L'autre Terre

La grande qualité de cette histoire c’est la personnalité des membres du Syndicat du Crime, en effet Morrison n’y est pas allé par quatre chemins, Ultraman (double de Superman) est un parano, macho et violent, Owlman (version locale de Batman) est un manipulateur, Johnny Quick (leur Flash) un junkie, Power Ring (sosie de Green Lantern) est un looser, extrêmement peureux et SuperWoman (double maléfique de Wonder Woman) est dépeinte comme, je cite :  « la reine des salopes », un poil perverse… Au moins le ton est donné et je ne suis pas sûr que quiconque puisse se permettre une telle liberté dans cela aujourd’hui… Sinon le scénario est un peu décevant, le dénouement se résumant à un tour de passe-passe sans réellement de confrontation entre la JLA et le CSA (rien à voir avec les vieillards qui régissent le bon goût à la télévision Française, hein !)… De plus l’histoire parait un peut courte, j’ai été un peu déçu. Ceci dit Morrison s’amuse réellement a inventer des règles « inverses » à celle qui régissent notre monde et c’est réellement un régal de découvrir ce monde, d’où le fait de regretter le fait que ce livre soit si court, on voudrait en savoir plus !

Justice League L'autre Terre

Les dessins de Frank Quitely sont réellement beaux, à une exception près: Les visages ont des lèvres exagérément grosses ! Bon je doit vous avouer que c’est vraiment un détail qui ne gène en rien la lecture de l’ouvrage !

A noter que si le DVD-Blu-Ray avec la version animé promis au départ est absent, de nombreux bonus reprenant notamment les story-boards du comics sont présent sur une quarantaine de pages, donc même s’ils sont moins nombreux que prévus initialement, les bonus sont plutôt pas mal fourni !

Ce livre aurait vraiment pu être un énorme chef d’oeuvre, mais il accumule les petits détails gênants qui en font plutôt juste une lecture sympathique, ce qui en soi est déjà bien. C’est dommage car le potentiel dégagé par le Crime Syndicate et son monde est réellement énorme… Alors peut être que Forever Evil va faire mieux en exploitant bien plus tout ça même si je doute que l’on permette aux auteurs d’aller aussi loin que Grant Morrison dans la perversion des personnages… En bref un livre sympathique sans plus mais qui peut servir de bonne introduction à Forever Evil actuellement dans toutes les bonnes crèmeries !


UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

Il est vrai qu’Urban a très bien choisi son moment pour publier ce récit de Grant Morrison. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le seul point commun entre Forever Evil et ce récit est la présence du Syndicat du Crime. Et si j’ai aimé Forever Evil, j’ai adoré Justice League : l’autre Terre. La découverte de cette Terre bien différente et la description de ses « justiciers » est savoureuse en tout point, car la plume et la caractérisation de Morrison ne faillissent pas. Mais plus que cet aspect, c’est le récit qui m’a réellement séduit. Alors qu’on pourrait s’attendre à un banal affrontement entre deux Justice Leagues, Morrison nous prend au contrepied et propose une résolution de son intrigue très intelligente. On en voit les prémisses lorsqu’on se rend compte à quel point la Ligue des Justiciers a du mal à faire « le bien » sur la Terre 2, et quand l’explication nous vient, on se dit que oui, on aurait pu y penser – mais on ne l’a pas fait. Et au final c’est d’une justesse et d’une logique à toute épreuve. Je n’ai pas la place pour vraiment développer ni l’envie de vous gâcher la surprise, disons simplement qu’on tient ici encore la preuve que Morrison est un (très) grand scénariste – et ici le récit est accessible à n’importe qui, si jamais ça vous inquiétait. Ajoutez à cela les dessins quasi irréprochables de Quitely, et vous avez assurément l’un des meilleurs récits mettant en scène des terres alternatives. Jetez-vous dessus !

 - ArnoKikoo




14 Commentaires »

  1. Image avatar
    CaptainMasked 20/06/2014 à 13:55 -

    C’est drôle que dans les dessins figurent dans les points positifs. Car je trouve que c’est justement ce qui rabaisse le comics. Alors certes c’est le style de Franck Quitetly mais je trouve les personnages et les environnements très moches et trop déformés. Il n’y a qu’à regarder la couverture… C’est laid. Après je pense que c’est juste une question de goûts, d’où ce point positif de ta part. Bonne review à part ça ! :)

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      darthfry 20/06/2014 à 16:00 -

      Franchement la couverture m’avait donné un a priori négatif sur les dessins, mais une fois le livre ouvert cela m’a moins choqué

  2. Image avatar
    Vittorini 20/06/2014 à 14:44 -

    La note me paraît un peu basse et la critique du scénario est un peu légère (3 lignes). D’ailleurs, le qualifier de décevant me paraît un peu fort (il faut parfois différencier notre horizon d’attente et la qualité réelle du récit), de même que pour l’affrontement, bien au contraire, nous voyons deux modèles totalement irréconciliables qui s’opposent du début à la fin et qui ne font que s’annuler sans réelle progression des deux camps. De même pour la caractérisation des personnages, on va bien au-delà du « c’est ce symbole-ci, mais avec ses valeurs inversées » et cela pourra autant faire sourire qu’estomaquer le lecteur. La conclusion non plus ne se résume pas à un simple « tour de passe-passe », au contraire, la morale en est effrayante et renversante. Bref, le scénar’ est LE point fort de cette oeuvre et s’il y a bien un auteur pour nous livrer quelque chose qui va bien au-delà du sympathique, c’est bien Momo. Tout ce qu’il y avait à dire a été dit, de la meilleure façon possible et sans fioritures, en soi, c’est une véritable oeuvre à part dont la brièveté (144 pages tout de même ou alors il faut aussi faire ce reproche à Killing Joke) révèle plutôt l’efficacité de l’auteur.

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      BOOYAH!! 20/06/2014 à 14:52 -

      Tu a tout à fait raison, mais je suis aussi d’accord avec CaptainMasked pour les dessins.

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        Crane 20/06/2014 à 15:28 -

        Hey les gars, je fais partie de ceux qui n’accroche pas trop à Quitely mais franchement on peu pas dire sans mauvaise fois que c’est moche^^

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          BOOYAH!! 20/06/2014 à 15:45 -

          Dacc c’est pas moche, mais y’a du beaucoup mieux ^^
          Mais encore une fois, comme la dit CaptainMasked, c’est une question de goûts.

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      darthfry 20/06/2014 à 15:59 -

      Encore une fois, cette review ne reflète que MON avis, et ne soit pas de mauvaise foi je parle du scénario sur 10 ligne où je parle aussi de ce qui m’a plut.
      Que mes arguments ne te convainquent pas, c’est autre chose…

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        Vittorini 20/06/2014 à 17:28 -

        Je m’excuse d’avance si ça paraît irrespectueux ou dédaigneux, ce n’est vraiment pas le but recherché mais force est de constater que tu portes un jugement assez simpliste sur cette oeuvre (de même que pour avoir une argumentation convaincante, étayer serait un minimum). Bien-sûr que tu as droit d’exprimer un avis, de dire que tu as aimé ou pas, mais reconnaître les qualités de l’oeuvre (qui sont légion) ne serait pas du luxe. On peut ne pas aimer un travail tout en mettant en avant ce qu’il a de bon, ses particularités, etc… A nouveau, je m’excuse, mais le travail de Morrison mérite un poil plus que « c’est sympa mais sans plus ». A ce titre, l’avis de Kikoo est bien plus honnête et bien plus nuancé/travaillé. Je pense que tu devrais revoir ton style d’écriture, car à certains moments, tu imputes à l’oeuvre des éléments négatifs qui proviennent probablement d’un soucis de ta lecture de l’oeuvre (ce qui arrive souvent quand on est confronté à un style d’écriture différent de la norme).

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          Edge 20/06/2014 à 18:35 -

          Ne t’excuse pas Vitto ! Toute critique est bonne à prendre. Darthfry n’en pense certainement pas moins sur ce point !

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          Ryez 20/06/2014 à 18:57 -

          @Vittorini à la décharge de darthfry faut aussi quand même prendre en compte que Morrison a un style d’écriture (et de narration) bien propre à lui qui est parfois difficile d’accès, faut parfois plusieurs lectures pour comprendre ou mesurer la richesse de son travail, sans compter parfois des doubles voir triples lectures dans ses écrits et sa manière de développer des thématiques.

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            Vittorini 20/06/2014 à 19:41 -

            Je suis entièrement d’accord avec toi et bien conscient qu’une première lecture est toujours délicate. Je suis souvent confronté à ce problème quand je fais découvrir une oeuvre littéraire. Quand on me dit que « c’est nul à chier », je saute pas à la gorge du malheureux, mais je demande de regarder l’oeuvre sous un regard différent, de creuser un peu plus et, généralement, l’avis change du tout au tout. Ici, c’est la même chose, je respecte tout à fait un ressenti, mais je pense que l’oeuvre de Momo mérite tout de même un regard plus juste, de s’y frotter d’avantage afin que le jugement rende vraiment justice à un travail admirable, ne serait-ce que pour pousser des lecteurs un peu récalcitrants (je suis assez étonné de voir que les dessins peuvent poser problème ^^) à se jeter dans l’aventure. Bon, y a pas mort d’homme, le résumé de Kikoo est là pour rétablir l’équilibre, mais c’est dommage que la première chose que les lecteurs auront sous les yeux, c’est le 3/5 bien voyant pour cet excellent récit. Voilà, désolé, je vais ranger la casquette du fan de Momo et de littéraire pour la soirée ^^

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      T]osh`iki 23/06/2014 à 23:33 -

      100 + 40 ^^

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    darthfry 20/06/2014 à 20:57 -

    C’est justement parce que je suis fan de Morrison et de sa complexité que j’ai trouvé la fin un peu facile….

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      Vittorini 21/06/2014 à 00:12 -

      La fin n’est aucunement facile. Elle peut te paraître simple, mais elle est si simple que personne ne l’a vu venir, elle est d’une logique implacable (les planches signifient beaucoup dans ce sens également et la réaction d’Owlman ne pouvait pas mieux l’illustrer) et dresse un parallèle inquiétant avec quelque chose que l’on ne connait que trop bien. C’est en cela que c’est complexe et incroyablement bien joué/travaillé de la part de Morrison, c’est que personne n’aurait pensé à le faire ou n’aurait su aussi bien le faire. Bref, je sens qu’on pourrait en débattre pendant des heures, alors il ne me reste plus qu’à te souhaiter une relecture qui soit un peu plus riche que celle que tu sembles avoir expérimenté ^^


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