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[Review TV] Batman : The Dark Knight Returns Partie 2

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[Review TV] Batman : The Dark Knight Returns Partie 2
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  • Animation
  • Son
  • Scénario
Batman : The Dark Knight Returns Partie 2
Les points positifs :
  • Techniquement superbe (encore !)
  • Fidélité à l’œuvre d’origine (encore !)
  • L’intelligence de l’ensemble (encore !)
Les points négatifs :
  • Les messages sous-jacents pas pour tous
  • Une caractérisation qui fera grincer des dents

« I think so. I Honestly couldn’t say. » - Clark

  • Batman : The Dark Knigt Returns Partie 2 - 2013
  • DVD/Blu-Ray – 1h16 – Réalisation : Jay Oliva - Scénario : Bob Goodman - ProductionBenjamin MelnikerMichael Uslan, Alan Burnett, Bruce Timm

Comme je l’avais annoncé dans la review de Batman : The Dark Knight Returns Partie 1, voici celle de la suite et fin de l’adaptation de l’œuvre de Frank Miller. Ces deux films ont été conçus de manière à être relativement indépendants, même si cette suite fait quelques références à la première partie. La question étant si la qualité de cette seconde itération est au moins aussi bonne que la première.

D’abord techniquement, on ne peut pas dire que les choses aient changé et c’est tant mieux. L’animation est toujours au top. L’action est ultra dynamique, les effets de vitesses très bien rendus tout comme la puissance des explosions et des coups. Cela est renforcé par l’excellente qualité des différents bruitages présents lors de ces scènes. Pour rester dans la partie audio, les doublages sont de nouveau de très bonne facture, et les voix choisies semblent aller naturellement aux personnages incarnés. Peut-être que celle du Joker pourra en gêner quelques-un, mais il s’agira d’une inconvenance mineure. Mais si la plastique de cette seconde partie est restée digne des meilleures productions du studio d’animation de la Warner, le monde, lui, a bien changé.

Gordon n’est plus celui en charges des affaires de Gotham et sa remplaçante lance un mandat d’arrêt contre la Chauve-Souris pour marquer sa nomination. L’intrigue dépasse maintenant les petites frontières de la ville de Gotham et la géopolitique internationale fait son entrée tout comme l’incursion de Superman en tant que chien du gouvernement. Teasé tout au long de Batman : The Dark Knight Returns Partie 1, le Joker fait aussi son retour. Ce cocktail assez riche ne fait que remuer le couteau dans une plaie qui n’a malheureusement pas encore cicatrisé. En effet, bien avant les évènements de The Dark Knight, les héros de la Terre se sont vus devoir prendre une décision importante suite aux agissements de certains d’entre eux. Il leur a simplement fallu arrêter toute activité pour ceux qui le pouvaient, ou alors quitter la planète et ne plus s’immiscer dans la vie de ses habitants. Superman travaille donc pour le gouvernement américain alors que Batman avait décidé d’arrêter. Les évènements de la première partie l’on poussé à revenir et cela met en colère un paquet de monde.

C’est sans surprise, que le président des U.S demande à Superman de s’occuper du cas de son pote. Au-delà des images et du premier niveau de lecture, il s’agit aussi et surtout de remettre en lumière des thématiques importantes de cette œuvre. Quelle est la place des héros dans notre société ? Leur présence est-elle réellement bénéfique ? Qu’est-ce que cela veut dire « faire ce qui est bien » ? D’autres thèmes généraux comme ceux-ci s’appliquent directement à Batman. Logique lorsqu’on est un œuvre Batmano-centrée. Ainsi, des questions comme : la présence de Batman n’est-elle pas la cause de super vilains ? Ses méthodes ne sont-elles pas responsables d’une escalade de la violence ?, fusent. Et si les héros en prennent pour leur grade, la politique et le peuple se fait sévèrement tailler le portait aussi puisque les politiciens sont toujours représentés comme des hommes qui ne peuvent et ne savent pas prendre de décisions complexes qui pourraient froisser les électeurs. Un monde politique où la non-action est monnaie courante puisque décidée par des individus sans courage, sans convictions et surtout sans valeurs. Il serait facile de tout énumérer et cela pourrait faire une belle liste. Le mieux, c’est quand même que vous y preniez ce que vous voulez y prendre et comprendre, c’est cela même, le principe d’interprétation. Ce sont d’ailleurs ces messages, qu’ils soient politiques, critiques sociales ou idéologiques, qui pourront faire que vous accrocherez ou pas du tout à ces films. Bien que ces derniers soient moins « forts » de ce côté-là, il est clair que certains n’en voudront pas. Et même si cette deuxième partie est plus axée action que la précédente, il est impossible de nier le discours antiautoritaire et surtout la notion de déconstruction du mythe du super-héros.

L’action, ou plutôt la violence, la brutalité et la cruauté quasi-gratuite de cette partie est complètement (ou presque) incarnée par la présence du Joker qui signe un retour cauchemardesque. Il est le parfait miroir de ce que Batman est devenu, comme un mime qui calquerait ses mouvements sur l’amour de sa vie. Cette chute vertigineuse de la moralité du personnage de Batman en choquera surement tout au long de la route et certains n’accepteront d’ailleurs pas cette interprétation du Chevalier Noir.

Mais limiter tout cela à un affrontement Batman/Joker serait enlever toute la puissance de celui entre Batman et Superman. Tout le monde sait que je suis un vendu à la cause Superman. Mais je dois avouer que ce Superman-là mérite sa correction. Monsieur a choisi une direction qui est tout aussi discutable que celle qu’a choisie Batman. Pourtant, les deux ne semblent pas être traités avec le même égard. Là aussi le but est de soulever certaines questions, surtout celle de la perspective. Après nous pourrions débattre sur l’issu du combat qui oppose les deux personnages mais cela serait perdre du temps, et surtout beaucoup de lignes pour finalement pas grande chose. Oui Superman a perdu, mais il s’agissait d’un combat d’égal à égal, chacun ayant des avantages et des inconvénients. Le vrai combat était surtout idéologique, qu’elle soit la « meilleure » ou pas, la question n’est pas là. À ce moment-là, Batman croyait simplement plus en ce qu’il fait que Superman. J’ai même envie de vous poser la question : est-ce qu’ici, c’est vraiment Superman qui perd ?

Batman : The Dark Knight Returns Partie 2 est un film tout aussi puissant que le premier, montrant les mêmes qualités et les mêmes défauts à peu de choses près. Que vous soyez fans ou non de l’œuvre originale papier, vous vous devez de donner une chance à cette duologie qui pourrait très facilement faire partie de votre top 3. A contrario, il en rebutera d’autres par la caractérisation couillue de son casting, des messages qu’il tente de faire passer et du fait qu’il s’agisse d’une presque transposition. Que vous soyez le premier ou le second, vous pouvez être certains que ces deux films ne vous laisseront pas de marbre !




6 Commentaires »

  1. Image avatar
    BobCanne 31/05/2014 à 22:38 -

    Les messages sous jascent pas pour tous ? Pour un public adulte ? Si c’est ça je trouve que ça serai beaucoup plus un point positif car ça prouve que DC fait passer des messages matures à l’instar d’autres animes.

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      Ryez 31/05/2014 à 22:55 -

      Je crois qu’il fait allusion aux sous discours politique de Miller (dont certains sont critiquables).

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    BRISAK 01/06/2014 à 23:30 -

    Très bonne deuxième partie.
    Je l’a préfère à la première.
    Anime fidèle à l’oeuvre de base.
    Un plaisir à regarder!

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      Ryez 03/06/2014 à 14:49 -

      Pareil, je préfère largement la seconde partie, c’est la plus intéressante et la meilleure. Je l’ai revu la semaine dernière c’était top. C’est en plus une oeuvre qui est tout sauf conventionnelle (ou commerciale), et ce serait top que WBAnimation nous pondent d’autres oeuvres dans le même registre (hein Red Son!).

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    Septon 02/06/2014 à 13:11 -

    « il est impossible de nier le discours antiautoritaire »

    Je préciserais quand même que le discours n’est pas du tout contre l’autorité dans l’absolu, mais contre une autorité contraire aux intérêts du peuple. Miller critique aussi d’une manière extrêmement virulente le rôle des médias, justes bons à relayer la propagande du système et à abrutir les masses. Batman est traité de fasciste (terme depuis longtemps vidé de son sens, utilisé dans l’unique but de diaboliser l’adversaire) et le Joker est invité sur les plateaux TV comme une star: l’inversion des valeurs est totale. Miller n’est pas contre l’autorité, au contraire à travers Batman il érige l’autorité comme une valeur noble. La petite Carrie Kelley/Robin (qui symbolise la jeunesse), élevée par des parents gauchistes 68ards fumeurs de joints, est en perte totale de repères et n’attend qu’une chose: une figure paternelle d’autorité! Et quand Batman lui explique le règlement et lui dit que si elle n’obtempère pas elle virée sur le champ, elle sourit: elle a enfin comblé son besoin d’autorité et on lui offre des valeurs non-négociables à défendre. Face à la racaille des Mutants, l’apologie de la Force et de l’autorité est aussi véhiculée comme une solution à la délinquance et un moteur pour l’intégration (voir la démonstration de force de Batman face au leader des Mutants et la réaction de ses troupes). Comprendre: soyez laxistes, toujours dans l’excuse, dans la repentance permanente, ayez honte de vous-mêmes, et vous serez toujours perçus comme des faibles, personne ne vous respectera et donc personne n’aura envie de s’assimiler à vous. Soyez forts, fiers de ce que vous êtes et de vos valeurs, prêts à les défendre par la force si il le faut, et alors là non seulement on vous respectera, mais on aura envie de vous rejoindre et de devenir comme vous.

  4. Encore un animé de haute qualité pour Batman, les deux parties se valent, le chef d’oeuvre de Frank Miller est superbement adapté, le combat final entre batman et superman est plein de symboles.
    Le doublage français est excellent.


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