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 [Review TV] Batman Gotham Knight
Les points positifs :
  • Un projet intéressant…
  • Certains courts très bon…
  • La continuité de l’histoire et des doublages…
Les points négatifs :
  • … mais sous exploité
  • … mais d’autres vraiment moins
  • … mais des styles qui ne plairont pas à tous

« Maybe Gotham’s all I deserve now. » – Jim Gordon


  • Batman Gotham Knight – 2008
  • DVD/Blu-Ray – 1h16 – Réalisation : Toshi Hiruma, Bruce Timm, Shojiro Nishimi, Futoshi Higashide, Hiroshi Morioka, Yasuhiro Aoki, Toshiyuki Kubooka, Jong-Sik Nam – Scénario :  Josh OlsonDavid S. GoyerBrian AzzarelloGreg RuckaJordan GoldbergAlan Burnett Production : Toshi Hiruma, Eiko Tanaka, Bruce Timm, Emma Thomas, Benjamin Melniker, Michael Uslan


En me lançant dans le visionnage de ce Batman Gotham Knight je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert qu’il s’agissait en fait d’une sorte de recueil animé d’histoires autour du Chevalier Noir. Elle fut encore plus grande lorsque dès les premières scènes j’ai compris que l’on avait à faire à de l’animation japonaise, surtout que certains styles sont très identifiables. Le principe de ce Batman Gotham Knight m’est apparu étrangement familier à celui d’Animatrix, qui date de 2003. En fait, dans ces 6 histoires courtes, Batman est interprété par 4 grands studios de l’animation pour nous raconter des instants se passant entre les deux premiers films de la trilogie Nolan, soit entre Batman Begins et The Dark Knight.

Have I Got a Story for You (Studio 4°C)

À travers les yeux de quatre gamins, Batman prend la forme que ces derniers ont imprimé de lui. Evidemment chacun d’eux a sa propre version, qui colle à un des traits du personnage. Ainsi pour l’un c’est un monstre fait d’ombre, qui apparait et disparait de la vue pour mieux s’occuper de sa proie alors que pour un autre Batman est un robot qui saute d’immeuble en immeuble et tire des lasers avec ses bras. Ici la narration est faite à l’envers. On commence alors par la fin pour revenir, au fur et à mesure de l’histoire racontée par les gosses, au début. Seul trois d’entre eux racontent leur histoire, le quatrième étant jaloux de toujours rater l’action. La fin n’étonnera personne mais se révèle d’une logique imparable et d’une grande efficacité. Pour ceux qui connaissent, l’inspiration vient très clairement de The Batman Nobody Knows. L’animation ainsi que le dessin des personnages et très particulier mais redoutable de dynamisme. Les décors sont très inspirés et donnent une très belle ambiance aux différentes scènes et à la ville.

Crossfire (Production I.G)

Crossfire nous présente  Crispus Allen et  Anna Ramirez. Ils sont partenaires et sont membres de la MCU, non pas Marvel Cinematic Universe mais Major Crimes Unit. Ces derniers sont l’unité spéciale sous les ordres du lieutenant Jim Gordon. Leur mission est d’emmener The Man in Black capturé dans le premier film à l’Asile d’Arkham. Ils vont alors se retrouver au milieu d’un règlement de compte entre deux bandes rivales. Allen est convaincu qu’accepter l’aide de Batman n’est pas une bonne chose et le considère comme un hors la loi alors que Ramirez est du bord inverse. Une conversation entre les deux flics entre ce qui est acceptable pour des gens de leur profession est plutôt bien écrite et intéressante, quoiqu’un peu courte. Techniquement c’est du mauvais Production I.G puisque l’animation fait plutôt peine à voir et les décors sont littéralement sans âme. Grosse déception de ce coté-là. Un travail indigne pour ce genre de production, qui en plus n’a pas de personnalité réelle, surtout quand quelques mois avant ils pondent l’excellent Seirei no Moribito. On dirait presque un vieil épisode de l’animé Street Fighter 2V de 1995.

Field Test (Bee Train)

Comme le nom de ce short l’indique, il s’agit pour Batman de tester une nouvelle invention de Lucius Fox. C’est par la destruction d’un des satellites de Wayne que l’idée germe dans la tête de l’inventeur. Bruce Wayne trouve tout de suite qu’il s’agit d’une bonne idée et il va aller le tester sur le terrain. Malheureusement tout n’est pas parfait et cette invention, bien que très utile, comporte un défaut majeur. Rien de plus dans cette histoire qui finalement ne fait que renforcer les convictions d’un jeune Batman. Field Test se trouve entre les deux premiers visuellement parlant. Plus réussi que Crossfire, l’ensemble bouge effectivement plutôt bien. Les personnages sont bien intégrés aux décors variés mais j’avoue que la tronche de Bruce Wayne me dérange, et surtout, je ne l’avais pas reconnu au tout début.

In Darkness Dwells (Madhouse)

Gordon, Ramirez et Allen enquête sur le kidnapping du Cardinal O’Fallon. Lors d’une discussion avec Batman, Gordon et lui tombent d’accord sur le fait que Scarcrow est derrière tout cela. En effet, un monstre aux airs de lézard est nommé plusieurs fois. C’est d’ailleurs dans ce court métrage là que nous avons pour la première fois une référence directe à certains évènements de Batman Begins. L’histoire n’a rien d’exceptionnel à  part de le fait d’introduire un personnage clairement non humain (en tout cas dans la forme) dans le Nolanverse en la personne de Killer Croc, même si des explications « plausibles » à sa condition particulière nous sont données en tant que justifications. Madhouse fait un travail remarquable sur l’ambiance du dessin animé puisque celui-ci est clairement le plus malsain, le plus sale de tous. Le traitement visuel des personnages n’y est pas non plus pour rien et cela ne plaira pas du tout à certains alors que d’autre trouveront cela excellent. L’animation, par contre, souffre pas mal puisque très simpliste. Beaucoup de mouvement sont aussi très stylisés.

Working Through Pain (Studio 4°C)

Second court métrage par le Studio 4°C qui nous prouve encore leur excellence dans un style très différent du premier, mais à l’animation impeccable. Alors que Batman est très sérieusement blessé, chaque moment de profonde douleur lui rappelle un moment précis de son long périple d’entrainement, lorsque celui-ci avait quitté Gotham. On y apprend donc par quels moyens il est en partie devenu celui qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas n’importe quelle partie de sa vie qui nous est raconté, mais la période ou Bruce Wayne essaye de gérer la douleur, aussi bien intérieure qu’extérieure. Il rencontre alors Cassandra qui va lui enseigner comment faire. Je ne vais pas refaire mon petit paragraphe sur l’aspect technique du short puisque de toute façon c’est encore du très bon pour le Studio 4°C.

Deadshot (Madhouse)

Si vous pensiez que le titre du dernier animé faisait référence au vilain du même nom, vous avez raison. Mais Deadshot n’est pas seulement le nom d’un personnage, c’est aussi une référence à ce fameux coup de feu qui a changé la vie de Bruce Wayne pour toujours. Ici rien de bien extravagant. L’intrigue, si on peut l’appeler comme ça, n’est autre que la présentation de Deadshot, son affrontement avec Batman et enfin une conclusion globale. Ah si, on pourra sans doute y trouver un peu plus en grattant, sur le pouvoir des armes et leurs conséquences mais rien de transcendant. Là où le court métrage détonne c’est du côté artistique. L’animation est franchement bonne, les dessins aussi. On pourra pester contre le « style » très prononcé, une nouvelle fois et c’est tant mieux. La fin est satisfaisante à défaut d’être époustouflante.

Bien que les différents courts métrages soient assez inégaux autant en termes d’histoire que techniquement, Batman Gotham Knight reste une belle curiosité en tant qu’exercice de style. Le fil rouge évolutif présent est plutôt bien vu donnant une certaine cohérence à l’ensemble, sans nécessairement passer du coq à l’âne trop violemment. Chaque épisode est donc lié au précédent par certains éléments vus ou énoncés dans le précédent. Cela renforce la cohésion du projet. Heureusement que ces histoires ne sont pas considérées comme étant canonique au Nolanverse parce que sinon on aurait eu de belles incohérences. Le doublage est continu d’épisode en épisode avec un casting, comme souvent, quatre étoiles.

Si vous êtes allergiques à l’animation japonaise, passez votre chemin, ce n’est pas vraiment pas pour vous. Si en revanche vous êtes tout de même prêt à faire un effort et que vous appréciez Batman, alors vous pouvez donner à ce Batman Gotham Knight une chance. Ceux qui n’ont rien contre ce type d’animation, faites-vous plaisir, ce n’est certes pas exceptionnel, mais c’est une œuvre intéressante.

Nathko

Nathko